Covid-19: le bâton des tests

Un nouveau lièvre levé dans la duperie des lois du marché en Macronie: la validation officielle des tests en majorité les moins fiables contre la propagation du Covid-19

Denis Robert a l’autre jour soulevé un lièvre considérable (https://www.lemediatv.fr/emissions/tout-peut-arriver/tests-covid-19-revelations-sur-un-nouveau-scandale-sanitaire-dEdPMI_qTcuDGwxrmVU7Sw) : parmi les tests permettant de mesurer la présence ou non d’une infection par le Covid-19 chez les particuliers, les 23 méthodes qui ont été validées par les autorités sanitaires se trouvent être presque systématiquement les moins fiables parmi celles qui ont été contrôlées dans une étude récente destinée à en orienter la sélection officielle (c'est-à-dire que les tests proposés sur le marché ont été eux-mêmes testés dans un laboratoire de haute expertise, sous la signature de David Mendels). Certains tests officiellement retenus par les autorités sanitaires françaises, apprenons-nous, ont même été reconnus par le laboratoire de Mendels comme fiables à environ 75% seulement, c’est-à-dire que sur 100 personnes testées 25 pourraient être reconnues porteuses ou indemnes du virus par erreur ! Le plus étrange est le cas d’une entreprise chinoise qui a mis sur le marché deux tests dont l’un est estimé extrêmement fiable par l'étude en question, et l’autre hautement aléatoire : or, c’est le plus mal noté des deux tests qui a été validé par le gouvernement, et ce en connaissance de cause !

Comment expliquer cette bizarrerie ? Une bizarrerie qui confinerait au crime contre la santé publique ?

Sans doute on cherchera à trouver et à prouver les dessous de table et la corruption active ou passive liés à ce marché de dupes.

Mais la réponse pourrait être beaucoup plus simple : les marchés publics s’obtiennent, dans les bureaux de fonctionnaires zélés qui appliquent à la lettre les recommandations administratives, en fonction des fluctuations de l’offre et de la demande, et sont accordés systématiquement aux prestataires qui pratiquent les prix les plus bas (les « mieux-disants », dit-on par euphénisme). Si un prestataire chinois dont un produit au moins est reconnu comme de première qualité offre un second produit nettement moins cher mais portant son label de qualité, c’est évidemment ce second produit qui va être choisi par nos services publics. Et ce, d’autant plus volontiers que l’étude susdite, sortie d’un laboratoire à l’expertise reconnue, aura immédiatement conduit à en écraser le prix, tout en permettant que s’envole le prix du test le plus fiable !

C’est ainsi que se met en place à grande vitesse le rouleau compresseur qui va inonder le marché de gadgets a priori invendables, inutiles, voire nuisibles, à destination du grand public, tout en organisant la rareté des produits de qualité, ou simplement effectivement utiles, accessibles aux plus fortunés seulement. Il reste à rendre le public absolument dépendant de ce système en lui ôtant tout recours possible à des services ou à des produits adaptés aux besoins réels : c’est à cela que vont servir l’aléatoire et l’arbitraire dans l’organisation savamment (ou négligemment?) désorganisée des big data appliqués au contrôle sanitaire de la « révolution » en marche.

Il ne reste plus qu’à mieux assujettir la population à ce contrôle sanitaire en généralisant la malbouffe, la pollution et la pauvreté qui en justifient l’application (tout en soulageant la planète de la surpopulation actuelle??) : là aussi, il suffira de laisser agir les mécanismes aveugles du marché. Pas de coupable identifiable, mais des victimes en masse, privées de tout levier juridique pour réclamer justice?

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