Le jour d'après?

Il se prépare un accélérateur vers l'effondrement au "jour d'après"? La résistance s'organise, il faut agir.

Nous sommes entrés dans un temps de répression totalement inédite. Comment expliquer par exemple que nous n'ayons plus accès aux distributeurs de graines et de plants, sauf peut-être par Amazon?

Comment expliquer que les fabricants nationaux soient boudés pour la fourniture de masques aux hôpitaux, au profit du marché gigantesque et souvent trompeur, les envois tardifs et toujours en attente de la Chine?

Comment expliquer que les promenades en montagne ou les sentiers de bord de mer soient interdits, que les marchés de plein air soient fermés, au profit des cohues dans des grands magasins à air conditionné et sur des quais de gares ou dans des hangars surpeuplés pour ceux qui travaillent?

Comment expliquer que tous les signaux concernant l' "après" confinement tendent vers une aggravation de la dépendance aux finances et aux grands groupes? Quelle absurdité que de prétendre accélérer un modèle de production qui mène à l’effondrement total ?

J'ai l'impression que ce qui se manigance, ou ce vers quoi on tend comme la résultante naturelle de 37 ans de destruction progressive de l'État social, c'est l'étranglement de toutes les formes subsistantes d'autonomie, et pas du tout l'inverse (voir avec quelle férocité l'État français a récemment détruit les débuts de réalisations alternatives, ZAD, cabanes et ronds-points).

6 mois de prison quand on enfreint trois fois de suite des règlements ubuesques auxquels le BTP et autres gros employeurs sont soustraits d'office, et l'on envisage de rectifier le droit quand des avocats trouvent une combine juridique pour ôter des victimes aux assommoirs de M. Castaner ou de Mme Belloubet...

L'État publie de petits dessins énumérant "mes droits": il n'y aurait donc plus qu'une dizaine de "droits" positifs, comme celui de sortir son chien une heure par jour, et tous les autres droits sont entre parenthèses en attendant leur liquidation? Ce langage n'est pas neutre. 

Orban ne serait-il que le visage avancé de l'Europe de demain? Travailler sans salaire et sans protection même vitale, comme nos soignants aujourd'hui...

Il y a heureusement des propositions alternatives foisonnantes, voir

https://lejourdapres.parlement-ouvert.fr/ ,

https://www.inventonslemondedapres.org

https://www.lafabriqueecologique.fr,

https://aoc.media,

https://www.acrimed.org, https://lan01.org,

et tant de livres, Védrine, La mondialisation à l’heure des comptes, Terra nova, 31 mars 2020, Bruno Latour, Où atterrir ? Comment s’orienter en politique, La Découverte, 2017, etc. Relire aussi d'urgence Marshall Sahlins, Âge pierre, âge d'abondance ! Il n'y a aucune utilité à rentabiliser notre activité : aujourd'hui même et dans nos sociétés, la moitié de la "production" quotidienne est tout simplement gratuite et bénévole (je sème et récolte, je soigne, élève, éduque, cuisine, entretiens ma maison, couds, bricole et répare, interviens dans la vie associative, gère, cultive la mémoire, les arts, la critique, reçois chez moi, distribue des cadeaux...)

Il faut agir, vite et fort, l’establishment n’a pas attendu pour se réjouir des morts de « rien »,  rallumer l’incendie et lancer son rouleau compresseur. Une tactique apparaît, celle de nous frustrer du "jour d'après" en égrenant dans la durée la sortie du confinement, si sortie il y a, surtout pour les populations cadenassées dans des zones de non-droit comme les Ehpad ("soignants" autorisés à euthanasier sans consulter les proches...), les centres de rétentions ou les hôpitaux psychiatriques.

La forêt pendant ce temps brûle à Tchernobyl. la mer monte, l'eau et l'oxygène manquent...

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