10 juillet 1940, 22 janvier 2019.

Demain un traité franco-allemand. Que savons-nous de ce traité? Rien. Et s'il mettait en place "en même temps", comme en 1940, outre la coopération policière renforcée sous le seul contrôle des gouvernements, les conditions d'une nouvelle Constitution (qui renforcerait encore les pouvoirs de l'exécutif?) par un tour de passe-passe au nez et à la barbe des Gilets Jaunes?

Demain 22 janvier Macron et Merkel signeront ensemble un traité d’intégration entre la France et l’Allemagne.

 

Le tout dans une indifférence presque totale de l’opinion, qui n’est mise au courant de rien (il paraît que même les journalistes doivent s'inscrire pour avoir accès au texte on me signale aimablement htmlhttps://www.latribune.fr/economie/union-europeenne/le-nouveau-traite-franco-allemand-qui-sera-signe-le-22-janvier-804036.html).  Or les revendications, majoritaires en France, des Gilets Jaunes portant sur une nouvelle Constitution, ou encore la proposition des LREM de refonte du Parlement, pourraient se trouver non pas satisfaites, mais devancées et simultanément réduites à néant par ce traité qui doit au moins par acquit de conscience être mesuré à ce qui s’était passé sous l’autorité de Pétain et de Laval en juin et juillet 1940.

 

Je colle ici, en soulignant ce qui me semble devoir nous mettre la puce à l’oreille, bien tard hélas, un passage prélevé sur une page du « Réseau Canope » https://www.reseau-canope.fr/cndpfileadmin/pour-memoire/les-annees-noires-1940-1945/des-annees-noires-pour-la-iiie-republique/les-pleins-pouvoirs-a-petain/

"En 1940, n’importe quel Français – et pas seulement les fascistes – pense que la France est en décadence : la population est âgée car le vide causé par les morts pendant la Première Guerre mondiale n’est toujours pas comblé ; la France compte de moins en moins dans le monde et sa défaite corrobore cette idée. L’armistice marque un tournant politique, bien que, dans les clauses, rien n’exige un changement politique en France. Dans le discours du 20 juin, Pétain explique qu’il faut un « ordre nouveau » : la défaite est due à la victoire de « l’esprit de jouissance » sur « l’esprit de sacrifice ». Il envisage une paix prochaine avec l’Allemagne et dénonce les tares de la IIIe République – le Front populaire, les communistes, les Juifs et les francs-maçons – qui a perdu sa légitimité en perdant la guerre. Dans la foulée, une révision constitutionnelle est décidée. Pétain exprime le vœu d’avoir les mains libres et, donc, de se débarrasser du Parlement. Laval, ministre d’État dans le gouvernement Pétain, émet l’idée d’amener les Chambres à se saborder légalement. Le 8 juillet, le texte du projet de loi est arrêté en Conseil des ministres. Le 9, le Parlement vote à la quasi-unanimité la révision des lois constitutionnelles et le lendemain, dans la grande salle du casino de Vichy où le gouvernement et les parlementaires avaient déménagé le 29 juin, l’Assemblée nationale (députés et sénateurs) vote les pleins pouvoirs à Pétain pour qu’il promulgue une nouvelle constitution de l’État français. Sur 932 députés et sénateurs, 669 sont présents – Daladier et Mandel, par exemple, ainsi que 25 autres parlementaires, ont embarqué le 21 juin sur le Massilia pour rejoindre l’Afrique du Nord et continuer la lutte si l’armistice était refusé ; les communistes ne siègent plus depuis 1939. 569 votent pour (toutes sensibilités politiques), 80 contre (socialistes et radicaux surtout) et 20 s’abstiennent. Officiellement, la IIIe République disparaît dans une apparence de légalité le 10 juillet. Mais en réalité, dès le 16 juin, Pétain avait réduit le cabinet à 15 ministres et soumis la liste au président de la République, Albert Lebrun, sans qu’il y eût de ratification du Parlement. Si l’on s’en tient à la lettre, le 10 juillet, les parlementaires délèguent seulement leurs pouvoirs constituants. Mais en attendant la mise au point de la nouvelle constitution, le gouvernement reçoit les pleins pouvoirs exécutif et législatif, prouvant ainsi la perte de confiance dans les institutions de la IIIe République."

 Il est du coup permis de se demander :

- si la victoire de Macron sur Le Pen n’était pas en réalité une double victoire de Le Pen ? Par exemple (au hasard) : Marine cherchait des appuis en Russie, Benalla ou son complice du 1ermai, semble-t-il, fricotait avec la mafia russe, pour la Macronie sans doute, ou plutôt pour ce chaudron du « en même temps » où se retrouvent tous les intérêts d’une étroite mafia française… ? Et si demain l’extrême-droite parvient au pouvoir en Allemagne, que deviendra l’ « intégration » franco-allemande ?

- si les Gilets jaunes ne sont pas utilisés par le pouvoir comme une utile diversion, et « en même temps » abusés dans leurs revendications mêmes ?

- si les curieuses questions posées aujourd’hui et hier en chassé-croisé dans Médiapart et dans Libé, ne se rejoignent pas fondamentalement à la fois pour exprimer un doute, un malaise, peut-être  doublé d’une volonté de suggérer à toutes fins utiles, au cas où…, qu’on n’était pas dupe, et avec pour effet de brouiller totalement le paysage politique ? Médiapart plaçait en sa « une » plusieurs articles suggérant que les Gilets Jaunes pourraient bien effectivement faire le jeu de l’extrême droite. Dans Libé aujourd’hui, un article de D. Schneidermann suggère l’inverse, les Gilets jaunes seraient « un sas de délépénisation ». Mais la vérité ne serait-elle pas ailleurs ? On court après le furet Le Pen, mais il crève les yeux et les écrans: le Pen porte en vérité le masque de Macron –, celui de la capitulation dernière, sous la forme d'un déstockage massif du fonds de la Nation à partir de la vitrine versaillaise, devant les grands intérêts, financiers certes, mais aussi… allemands ? J'écris cela pleinement convaincue, qu'on se rassure, de la nécessité de bonnes relations et d'une paix véritable entre les Français et les Allemands! 

Pour employer maintenant une comparaison avec la Révolution française, à la mode avec les Gilets jaunes, est-il encore il n'est plus temps d’arrêter le carrosse du roi à Varennes, et la force de police européenne (Eurogenderfor ou EGF), directement aux ordres des gouvernements et sans contrôle des parlements (ni des tribunaux, du moins en France, puisqu'on sait que les procureurs désormais y sont parachutés par le Prince, et du reste l'EGF doit être pourvue même de compétences de police judiciaire), pourra venir à temps soulager les CRS, gendarmes mobiles, BAC et autres unités policière de France que l'on sait épuisées...

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