Pourquoi repousser l'âge de la retraite ?

Le président du Sénat, Gérard Larcher, ce jour sur un média, déclare en substance qu'il faut repousser l'âge du départ à la retraite en raison, notamment, de l'entrée tardive de la jeunesse dans le monde du travail. Ceci dit, Il prend bien soin d'éluder la question relative à la retraite des sénateurs, régime singulier et particulier qui date de 1905.

Le régime des retraites par répartition est un acquis social qui repose sur les cotisations dites sociales.  Si l'on veut réformer ce système, il y a lieu de s’interroger sur les raisons qui conduisent au fond à remettre en question le régime général.

Au dire des experts, la dette s’élèverait entre 7,9 et 17,2 milliards en 2025. De mesurer cet écart important qui en fait n'est de l'ordre que d’hypothétiques prévisions et/ou supputations qui ne reposent sur rien de fiable.

Prenons un peu de recul. 24% des jeunes âgés entre 20 à 24 ans sont en recherche d'emploi. Les chiffres du chômage des séniors à partir de 55 ans explosent au point d'inquiéter la Cour des comptes. Pour d'aucuns, il faudra attendre 67 ans pour prétendre à une misérable retraite. Des retraités, pour survivre, occupent un emploi de fait précaire. Ce qui pose la question du minimum vieillesse et du montant des pensions dont celles de réversion.

Ainsi les jeunes,  souvent formés et parfois hautement diplômés, n'arrivent pas à accéder à un emploi durable.  La dématérialisation, la robotisation sont une des origines de la réduction d'effectifs, mais constitue une source à l'émancipation au travail, à la valeur travail salarié. En ce sens, c'est une avancée que si il y a évolution des conditions humaines et de vie.

Sans parler des métiers dits pénibles, au delà de 55 ans il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de retrouver un travail; d'autant et surtout quand des conditions physiques l'exigent. Que dire des personnes handicapées...

C'est tout le paradoxe, des jeunes qui ne trouvent pas un emploi et des "vieux" que l'on licencie, sans vergogne, à 50 ans et qui se retrouvent sur le carreau....

Une situation ubuesque et dramatique.

Pourtant les solutions sont devant nous. Le crédit d'impôts pour la compétitivité et l'emploi (C I C E: avantage fiscal et exonérations de charges) qui profite, pour la moitie de l'enveloppe, aux plus grandes entreprises qui licencient et délocalisent.

11,3 milliards en 2013, 19 milliards en 2015, 21 milliards en 2018, le tout cumulé en 2019 pour atteindre 100 milliards d'euros.

Cette niche doit être supprimée.  Que dire de ces robots et de toute logistique matérielle  sur lesquels l'on pourrait asseoir des cotisations qui serviraient l'assurance chômage et les retraites.

D'autres pistes sont envisageables comme les rétributions des actionnaires... Le retour à l'age de départ à la retraite à 60 ans. La réduction du temps de travail.

En fait l'usage de la dette, du déficit, bien faible ici, est le prétexte, comme pour les services hospitaliers,  à tendre vers la privatisation.

Macron est dans cette logique inconsciente et ultralibérale qui demain mettra des millions de citoyens dans la précarité et le plus profond dénuement.

Le 5 décembre faisons lui entendre raison.

 

 

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