Au jeu du mikado

Un "grand débat" qui a coûté entre 12 et 15 millions d'euros et permis à Macron d'exercer ses talents de représentant au sens commercial du terme. Il a été loisible de le mesurer lors de sa conférence de presse hier, devant, comme à l'accoutumé, des journalistes bien dociles. Des discussions, des cahiers de doléances, une effervescence médiatique pour déboucher sur quoi? Une nébuleuse.

Macron, après les événements troublants , l'incendie de Notre dame, a changé de stratégie. Il s'est employé à défendre sa politique, en direct, avec un art consommé.

Alors que la majorité de la population attendait des mesures concrètes, il est resté sur un débat d'orientations jouant avec un vocabulaire parfois précieux.....voire pas toujours compréhensible.

Il a vendu sa soupe: travail, productivisme et même de surcroît avec famille, patrie. Et oui, selon lui la natalité est trop faible, quand, dans le même temps, des familles n'arrivent plus à nourrir leurs enfants. Un certain relent , mais il vrai qu'avec le passé de la tête de liste (LREM) aux élections européennes, l'usage de moyens répressifs et quasi militaires face aux manifestant(e)s, le tout est possible.

Il a même mis en cause, dans son introduction, les acquis du Conseil National de la Résistance (CNR) de 1946. Cela appartiendrait au passé, si l'on comprend le propos, faisons fi de la protection sociale. Se cache derrière cette généralité la réforme de la Constitution.

Fondamentalement, rien ne bouge, si ce n'est le curseur et des mesures en trompe l’œil. Il reste droit dans ses bottes comme Alain Juppé en 1995....

Le chef de l'état a fait un choix, un mauvais choix . A lui désormais d'en assumer les conséquences.

 

 

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