Créer, là, maintenant ! (AMACCA/ ALLER PLUS LOIN / Partie 5)

Repousser les barbaries, cinquième texte de cette série, toujours pour appréhender les fragilités culturelles de nos sociétés sous emprise. Les AMACCA sont là pour enclencher notre propre dégagement de ce système parasitaire et accélérer la métamorphose sur nos lieux de vie

 

 

La brèche est ouverte, depuis les gilets jaunes, pour combien de temps ? nous verrons !
L'étau, pas celui du confinement, celui qui suit, est déjà en train de vouloir se resserrer. Les forces contraires, elles aussi son décidées à poser leurs exigences, contexte général, climatique, social, écologique oblige. Les tièdes sont déjà hors jeu, la lutte qui se profile est ailleurs, à deux endroits.

Les luttes récentes étaient indispensables, elles sont vecteur d'information et de riches échanges interpersonnels, d'émulation collective, de solidarité, de cohésion, tout ce que craint le pouvoir. Toutefois, la créativité, les réalisations alternatives sont un complément tout aussi indispensable et il nous manque encore quelques éléments à inventer pour être en capacité de contrer ceux qui mènent la guerre contre les peuples tout en disant le contraire.
Sauver ce qui reste à sauver en investissant temporellement et psychologiquement autant « dans les luttes » que « dans les créations d'alternatives économiques », est crucial, Nous avons les tiroirs qui débordent d'idées, de savoirs, ne les contemplons plus, passons aux actes concrets, bâtissons nos propres organisations, devenons adultes économiquement, relions nous pour être collectivement entreprenants.
Une AMACCA est une entreprise économique et citoyenne, à l'endroit des besoins culturels et du respect des droits, comme une AMAP est une entreprise économique, portée par une réappropriation politique locale de l 'agriculture paysanne (l'AMAP pourrait maintenant se repenser stratégiquement pour changer d'échelle, pour basculer vers un outil territorial d'intérêt général, d'accès généralisé, toujours local).
D'ailleurs le réseau AMACCA pourrait bien faciliter le passage vers cette deuxième phase.

Nous voulons survivre ? Alors investissons-y nos vies ! Soyons un peu plus rationnels et un peu moins émotionnels. Nous pouvons partager la colère en deux, une moitié pour résister à travers les luttes, l'autre moitié pour créer des passerelles concrètes (économiques) pour un futur fertile : coopératives, communs, circuits courts divers et variés, micro industries etc . . . tissons nos indépendances sur nos terres.

 

Imaginer, aujourd'hui c'est rationnel.
Aller vers les utopies est bien plus rationnel que de se laisser submerger par ce système qui porte tant de souffrances et de dégâts. Il vaut mieux viser 100% de radicalisme et arriver à 60 (le principe de réalité peut facilement nous en faire perdre 40%), que de penser un pseudo-radicalisme à 60% au départ, qui après 40 % de perte, se retrouvera 36% (c'est toute la différence entre une gauche molle, une écologie molle, et une gauche ou une écologie véritablement .
Sachant que le principe de réalité peut toujours émousser l'intention « idéale » de départ, que cette part décéptive existe toujours, sachant aussi qu'aucun parti politique aujourd'hui n'est radical à 100%. (rappelons que radical vient de racine, radicalisme = recherche de solution à la racine). La mesure d'un programme politique en terme de radicalité se fait sujet par sujet (éducation, agriculture, finance/économie, santé, géopolitique, énergie, recherche, culture, etc ) puis on voit, si tout est à 100% ou presque. C'est difficile à concevoir avec le système économique actuel et ses interdépendances, pourtant il faudra bien aller dans cette direction si nous voulons anticiper un collapse, ou tout simplement réparer ce qui est réparable au plus vite.

 

Un troc de civilisation !


Les réalités humaines, utopiques ou catastrophiques sont toutes passées au départ par l 'imagination. L'incroyable utopique est sous notre nez et nous ne le voyons pas, il est masqué par un incroyable catastrophique (nous sommes nombreux mais pas assez encore, à comprendre que nous vivons véritablement une catastrophe, déjà amorcée, accrochée à sa seule solution possible).
C'est précisément ce que les AMACCA veulent rendre visible, les « incroyables utopiques » comme alternatives tout à fait croyables. Apprivoisons, créons et diffusons ces « incroyables », cette économie des communs culturels, imaginée localement, mais en lien avec les autres localités (mutualisations, coopérations, échanges, soutiens etc...), lesquels communs culturels seront des leviers créateurs de liens multiples entre les personnes, le contraire des politiques culturelles publiques clivantes, discriminantes et surtout insuffisantes à l'endroit des liens. Ces leviers serviront d'autres émergences, des coopérative de production, des associations solidaires etc qui viendront compléter tous le tissus d'alternatives existantes, pour « faire basculement » vers cet autre système de valeurs, cet autre paradigme.

Cela pour une consommation localisée et simplifiée, qui limite les nécessités industrielles pour satisfaire les besoins de bases, « classiques ». Par contre du côté de la culture et de l'immatériel, la croissance maximum est non seulement possible, mais doit être convoquée, pour un accompagnement optimal de cette résilience économique, de cette mutation, pour procurer un confort psychologique. Nous savons que tout changement, même positif, est une épreuve, cette croissance immatérielle est une promesse de bonheur de vivre. Parce qu'il s'agit d'un troc, d'abandonner un consumérisme débridé associé à des stress de production massive pour satisfaire cette obsession de toujours plus de productivité, contre plus de sens, plus de bonheur de vivre, probablement aussi de « slow life ».
Les paramètre sont trop nombreux pour savoir si nous pourrons « travailler » un peu moins ou beaucoup moins, (« slow life » ou very slow life »!) mais le sens sera au rendez vous et c'est déjà en soi une perspective énorme difficile à imaginer tant nous nous sommes habitués à courber la tête sous les absurdités de ce système aveugle.
Les temps contraints, transport pour le travail, transport pour les courses, formalités administratives abusivement chronophages, sont autant de charges devenues démesurées qui doivent absolument être réduites. Les salariés sont de plus en plus éloignés de leurs lieux de travail (tarifs de l'immobilier prohibitifs, pollutions, carence en logement sur le territoire etc) C'est un non dit de l'inefficacité de notre système, supporté par les salariés, les familles, qui se mesurent en milliards d'heures perdues chaque années par les usagers et dont une partie est gagnées par les entreprises - les actionnaire ne grignotent pas seulement les salaires mais aussi le temps libre des gens, ce temps qu'ils ne peuvent pas accorder à leurs enfants, au sport , donc à leur santé etc...L'autre partie des heures est gagnée par l'état, les institutions administratives, qui, pour gagner du temps, en font perdre aux usagers, la fracture numérique scandaleusement sous estimée par les institutions y est pour beaucoup.

 

Après avoir considéré autrement ces quelques réalités il devient plus facile de comprendre que décroissance matérielle et qualité de vie croissante forment une articulation vertueuse, un « buen vivir » protégée par l'exercice des droits culturels, pour plus de sens, plus de liens, plus de savoirs, plus de libertés, plus d'actions bienveillantes pour le vivant, plus de paix entre les peuples.


La combinaison entre courbe descendante de l'empreinte matérielle et courbe ascendante des biens immatériels qualitatifs accessibles à tous (convivialité, arts, recherche, reconnexion à une perception libre et heureuse, du temps qui passe) doit pouvoir permettre de vivre la bascule de la façon la plus agréable possible. Effectivement la formule « Moins de biens, plus de liens » mais aussi plus de libertés, de libertés instruites grâce à une richesse culturelle démarchandisée. C'est en tous cas le défi qui est devant l'humanité, aujourd'hui déboussolée et inquiète de son incapacité à réellement changer les habitudes non vertueuses, comprises comme suicidaires. Nos dirigeants peuvent exercer la force contre les mouvements de luttes, mais n'arriveront pas à contrer nos initiatives vertueuses .

Décroissance contrôlée, redéfinition des fléchages et manières de consommer et qualité de vie sont incontournables et souhaitables, ça tombe bien ! Sans cela nos vies et celle de nos enfants risquent d'être fort pénibles voire dramatiquement écourtées pour une multitudes de raisons qui seront les conséquences des mauvais choix d'aujourd'hui (qui sont réellement mauvais! Ou très insuffisants, ce qui est une autre façon d'être mauvais, sans doute la pire car de surcroît, elle trompe).

 

L'énergie humaine de transformation

 

Avec les millions de personnes qui sont allées dans la rue ces derniers temps, ces millions d'heures combatives passées dans la rue doivent trouver un équivalent créatif. Effectivement, la question du comment faire se pose car des millions d'heures il en faut aussi pour ces incroyables à réaliser nous mêmes. Nous trouvons le temps de manifester, il nous faut aussi trouver le temps pour bâtir, créer. (résister c'est créer !) Avec les AMACCA nous avons en tous cas de quoi apprendre ensemble, sortir ces trésors des tiroirs, réfléchir et commencer, modifier les chemins de circulation des ressources, développer bien plus encore les circuits courts, les productions locale etc reprendre en main notre civilisation, nos destins culturels, nos habitudes de vie. Il est de notre droit de le vouloir, il s'agit de nos droits culturels, sur nos lieux de vie.
Nous savons manifester à grande échelle en y déployant une superbe créativité collective, il nous faut aussi orienter cette grande force du côté de la construction démocratique et de sa traduction économique selon nos souhaits ; la possibilité de sauvetage se situe là, c'est une anticipation collective indispensable pour notre avenir. La lutte est réactive, c'est une réaction à court terme, mais si nous critiquons le court-termisme
de nos décideurs, nous aussi devons agir sur le long terme, bâtir pour l'après.
L'économie des communs permet de s'extirper de cette marchandisation délétère par ses excès, elle nous permet de nous maintenir au sein de la chose commune, avec une garantie de taille, elle l'est par nous même et pour nous même à travers un circuit court politique intrinsèque.
Une seule condition largement surmontable est toutefois nécessaire : en être capable, connaître ce paradigme économique, c'est un enjeu culturel majeur. Par la pratique, « sur le tas » nous pouvons apprendre à être commoners (porteurs et bénéficiaires de communs, ou encore producteurs et usagers de communs), C'est ce que propose bientôt j'espère le tour de France AMACCA, en commençant par les communs culturels.

Nous avons appris à acheter, même démesurément pour certains, sommes nous plus heureux ? Maintenant apprenons à contrôler la production pour nous même à partir de nos besoins réels. Ainsi nous libèrerons ce temps tellement compressé par les tenants du profit, des forces du capital.

Un bascule vers des économies administrées, c'est possible, mais il faudra attendre (Et même si Macron nous parle d'état providence, ça ne sera certainement pas un état providence ! Donc les vrais services publics ne sont pas pour demain). De toutes les façons un état providence ne se construit pas en un jour. Pour les communs c'est différent, il est possible de commencer tout de suite. Un commun est articulable avec tout (aussi bien un marché (à condition qu'il soit sain), qu'une politique économique administrée – si elle le souhaite aussi (et qu'elle est vraiment publique ! Ce qui localement est plus souvent le cas).
Le coronavirus nous enseigne que vivre avec les essentiels, réduire notre consommation n'est pas une calamité mais au contraire un début de bon sens ; la possibilité d'un retour à des fondamentaux négligés, voire oubliés.
Restons en contact avec cette expérience qui a bouleversé nos vie pendant quelques semaines, ne l'oublions pas.
De cette épreuve sanitaire nous allons sortir renforcés si nous en acceptons son enseignement., ou affaibli si nous en subissons les restrictions matérielles sans regarder ailleurs. (c'est ce que nous prépare « avec soin » ce gouvernement et d'autres, précisément pour affaiblir les peuples devenus trop insolents)

 

La force de cette économie dominante néo-libérale, c'est la « non vision publique », la non vision politique puisque entièrement dévouée à une minorité. Le « tous ensemble », l'union sacrée, n'est qu'un copié collé verbal de circonstance autrement dit un leurre : Pas de « vision publique », pas de valeurs commune, pas de scrupules, gaz de guerre, flash ball, drones peuvent être invités à danser jours et nuits, les esprits sombres sont toujours là, persistants.

D'ou la nécessité de repenser la taille du filet de capture (voir fin du billet précédent) ou peut-être plus surement de faire le pas de côté, pour sortir du champs d'action de la créature. L'économie des communs c'est ça.

 

Une ambition collective

Notre créativité doit se hisser à la hauteur de la puissance culturelle de la financiarisation de nos vie.
Les politiques publiques culturelles ont subies elles-mêmes cette financiarisation (leurs subordinations à Bercy est en soi un insensé civilisationnel) il est vrai aussi que réduites principalement aux beaux-arts et aux lettres, elles n'ont jamais eu, ou fait, ou voulu faire, ce qu'il eu pourtant fallu pour atteindre à minima cette hauteur. (avec les droits culturels par exemple, qui sont pourtant clairement et parfaitement identifiés depuis la Déclaration de Fribourg en 2007)

D'ailleurs,sont-ce des politiques culturelles publiques ? pas sûr, pas complètement . Là aussi le ministère est devenu « en même temps » le bras armé des industries culturelles, un « en même temps » qui ne date pas d'hier.

Nous sommes très loin de l'idée d'un ministère qui serait là pour questionner (démocratiquement cela va de soi!) l'ensemble de notre civilisation, doté de moyens d'action pour les transformations nécessaires, en particulier à l'endroit de la culture économique, c'est à dire de la démocratie économique (cf le principe de turbo-citoyenneté dans le billet N°1 de ce blog) (cf aussi le billet sur la triarchie économique, les trois paradigmes économiques et son arc en ciel des possibles à notre disposition, ce que l'humain en a fait, ou non, en laissant faire). Intéressons-nous, nous mêmes, à l'économie symbiotique par exemple, pour mieux comprendre la puissance du vivant et de ses insoupçonnés.

En quoi ces politiques culturelles ne le sont pas suffisamment ? (pas suffisamment publiques )

La libre participation pleine et entière de tout citoyen-nes (jusqu' à la délibération) est indispensable.
Comme l'air ou l'eau cette chose nommée culture vient des êtres eux même, ne pas les impliquer, ne pas les inviter à décider avec des outils adéquats, donc à les responsabiliser, est quasiment une usurpation, en tous cas une dissonance démocratique aigüe.

Attendre que des « politiques publiques culturelles » rattrapent un jour ce retard est maintenant hors de portée, seuls les citoyens organisés (société civile) devenus eux même des centaines de milliers d'opérateurs culturels en herbe sur leur lieux de vie pour y déceler les carences peuvent contribuer à changer le paysage. Voilà pourquoi prendre connaissance de nos droits culturels, les défendre pour les exercer, est un point décisif afin de reprendre en main ce destin culturel que nous avons délégué sans le savoir ou sans notre consentement éclairé, qui nous prive maintenant du droit à avoir les civilisations que nous voulons.

C'est notre présent. C'est un temps court, le temps d'une brèche. Vous avez là l'esprit du réseau AMACCA et l'essence de ce défi démocratique, de ce double défi culturel à l'endroit de la démocratie profonde (démocratie culturelle) et à l'endroit d'une démocratie économique directe (avec le rétablissement entier de l'économie des communs dans la triarchie – à minima)

 

 

AMACCA : Une perfusion démocratique pour un empowerment intégral

 

Petit rappel :Les AMACCA sont là pour catalyser autrement nos forces créatives avec un boite à outils qui est faite pour ça, démonter et reconstruire autrement. Il ne s'agit pas d'éradiquer d'emblée le principe du marché ou de l'institution publique à travers la création de communs (le collapse s'en chargera peut-être sans nous demander notre avis), mais de remettre collectivement de l'éthique, de l'équilibre , de la transparence, de la vision, de la réflexion, finalement de l'ordre démocratique en toute simplicité dans l'ensemble de cette triarchie économique. Ne plus oublier systématiquement les communs, c'est à dire faire croire eaux gens que l'alternative est entre le public et le privé, alors que les trois peuvent jouer un rôle (à condition de les remettre d'aplomb, ramener bienveillance et transparence dans les institutions, transformer les marchés. ,
Après avoir bien reconsidéré ce que sont en réalité les cultures (voir déclaration de Fribourg /Article 2, cité dans le premier billet) faisons d'elles et à partir d'elles la quintessence, le détonateur de notre mutation, c'est la raison d'être des AMACCA, et cela passe par cette symbiose entre l'économie des communs et l'exercice des 8 droits culturels tels qu'ils sont décrits dans la déclaration de Fribourg.
Peut-être que notre république sera enfin en mesure de regarder le multiculturalisme correctement, non pas comme un grand bazar fait d'amalgames faciles, de communautarismes caricaturés, d'atteinte à l'unité culturelle républicaine (alors que c'est justement cette chimère unitariste qui l'affaiblit) mais comme une ressources de paix qui réclame des conditions, une éthique de l'altérité et une instruction précise, donc un minimum de rigueur hors des méconnaissances et des raccourcis hasardeux.
Ces dernières années les droits culturels ont connus en France des commentaires particulièrement désinformés. Avant de lire sur les droits culturels, vérifier l'origine est important,
Aussi je vous invite à les découvrir à partir de la source, de l'original, La Déclaration de Fribourg sur les Droits Culturels, mais aussi des écrits des membres du groupe de Fribourg et de leurs partenaires directs.(voir à la fin de cet article)

 

Des milliers de personnes peuvent-elles s'emparer de l'outil AMACCA en réseau pour faire système?

Dans les départements à forte densité de population, quelques milliers de personnes en deux ou trois ans c'est certainement possible avec peu de moyens engagés (mais un peu tout de même), Les conditions à réunir sont identifiées, le besoin est identifié, la démocratie a besoin de ses fantassins pour actionner les leviers culturels de transformation, Nous sommes même beaucoup plus nombreux que cela à aimer pouvoir nous exprimer librement, être bien informé, pouvoir informer soi-même, être respecté dans sa dignité, à aimer l'art , le spectacle vivant, la science qui nous parle directement (sans lobby filtrant) etc...
Tous les réseaux locaux déjà existants, impliqués actuellement sur leurs thématiques respectives, s'imbriqueront plus étroitement encore, ils constituent cette « matière première active » pour constituer cette systèmie alternative, mais il manque seulement ce liant culturel, ces ponts, ces espaces, dédiés et communs, pour faire émerger un nouveau paradigme. Il manque encore précisément cette force multiculturelle que les AMACCA proposent de produire, une force faite de diversité avec ce point commun : une autre civilisation, d'autres valeurs, une rupture indispensable pour nous ramener à l'universel, celui que le néolibéralisme aurait bien voulu nous faire oublier. Le champs référentiel que nous offre la déclaration de Fribourg est très élaboré pour nous aider à construire cette société démocratique du futur, cette démocratie profonde. Notre capacité à nous coordonner est encore insuffisante justement car nos droits culturels sont insuffisamment exercés (quand ils ne sont pas littéralement saccagés – comme l'article 103 de la loi NOTRe qui s'y rapporte et qui 5 ans après ne trouve que très peu de transpositions concrètes dans la vie des personnes). Il n'est pas aisé de faire comprendre l'importance déterminante des enjeux culturels, c'est pourtant là que naissent nos comportements et notre époque interroge justement la nocivité de certains d'entre-eux.

Actuellement Macron « et son monde » perdent des batailles culturelles, l'opinion se ressaisit (gilets jaunes, retraites, coronavirus) c'est le moment d'accélérer vers cette systémie alternative, et cette accélération est effectivement en cours, c'est ce qu'il se passe, nous grandissons. Une partie de ces élites instrumentalise Macron (avec son consentement car il en fait partie) pour organiser et légaliser sa sécession. C'est à nous de faire sécession avec ces élites-toxiques là. Il ne s'agit pas de confondre et d'oublier une autre partie de ces élites qui ne souhaitent pas se désolidariser du corps social, la question est équivalente avec les entreprises qui subissent un système qu'elles déplorent, pendant que d'autres (souvent les plus grosses, mais pas seulement) se désolidarisent selon la même idéologie économique, du corps social. Un corps social bon pour bosser dans les pires conditions, avec trop de salaires sous évalués, et une politique fiscale carrément obscène à plusieurs égards. .
Le monde du vivant souffre trop, celui auquel nous appartenons sur cette planète ne peux plus attendre. Le coulage est immense, il est financier et culturel, il nous amène à l'engagement du pronostic vital de la vie terrestre telle que nous la connaissons, ou connaissions. Répétons le, nous produisons trop et mal, pour trop de mal, nous consommons trop et mal, pour trop de mal aussi !

Une gravité persiste. Ces élites immorales (et traîtres car nous somme au coeur d'une absence de patriotisme évident) jouent encore la montre épaulées par un lobbying privé intensif et bloquent encore les décisions majeures à prendre urgemment. Regardez comment ce Maire exemplaire dans ce village Breton vient de perdre les élections, la connaissance a encore perdu face à l'agnotologie, parce que les droits culturels des habitants de cette localité ont été bafoués, le glyphosate-menteur à encore gagné ! C'est inouïe mais instructif quant à la place de la connaissance dans notre société, qui aboutit à des élections citoyennes, contre les intérêts des interressé-e-s . Le glyphosates pourra fanfaronner encore juste sous leur fenêtres.

 

L'urgence des liens

Maintenant nous sommes des millions à vouloir autre chose. Le dispositif AMACCA, la turbo-citoyenneté, l'empowerment intégral propose une issue concrète à cette expression. Les AMACCA sont comme des sage-femmes prêtes pour aider à l'accouchement du paradigme à élaborer. Il suffit de les convoquer, d'en faire des terres d'accueil pour toutes les alternatives, de développer le réseau. (voir billet numéro 2). Aux citoyens de les créer car personne ne le fera à leurs place, nous ne pouvons que faciliter, accompagner, transmettre. Initier ; Contactez nous, et contactez vous pour en discuter entre vous aussi ! (voir billet N° 3 – comment se préparer, comment commencer)

 

Pour en savoir plus sur les AMACCA et les droits culturels :
Commencez en priorité par les trois premiers billets de ce blog. (ensuite les autres).
Le site AMACCA (www.amacca.org) et téléchargez les infos que vous trouverez dans le menu outils.
Pour un premier contact : amacca.reseau[a]gmail.com

 

Ci-après un petit memo-leitmotiv ultra simplifié, sur les droits culturels (le mieux est d'afficher chez vous la déclaration de Fribourg, sur une porte, en format A3 ou A2 (vous trouverez dans droitsculturels.org !)

Les 8 droits culturels déclinés par cette déclaration (en réalité 8 grandes thématiques, ici scandaleusement réduites, c'est juste pour aller devant la porte d'entrée de la salle au trésors !)

1/ Choisir et respecter son identité culturelle.

2/ Connaitre et voir respecté sa propre culture ainsi que d'autres cultures.

3/ Accéder aux patrimoines culturels.

4/ Se référer ou non, à une ou plusieurs communautés culturelles.

5/ participer à la vie culturelle.

6/ S'éduquer et se former, éduquer et former dans le respect des diversités culturelles.

7/ Participer à une information adéquate (s'informer et informer).

8/ Participer au développement de coopérations culturelles.

 

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