HIER, AUJOURD'HUI, MALFAISANTS ET DANGEREUX

AVANT : NOBLES DEFENSEURS DE LA VEUVE ET DES ORPHELINS

Deux exemples. En décembre 2010 le député-maire d’Evry Manuel Valls parrainait des enfants dont le père avait été expulsé par Hortefeux. (Voir vidéo https://vimeo.com/124226174 ) « Etant moi-même particulièrement sensible à la détresse de cette famille, je souhaiterais que vos services puissent accorder une attention toute particulière à cette situation afin, notamment, d’accélérer la procédure de regroupement familial » écrivait-il alors à celui qu’on appelait le ministre de la Chasse à l’enfant et du démembrement familial.










            Manuel Valls à visage humain le 18 décembre 2010

Un cas parmi d’autres, en juin 2006, Bernard Cazeneuve, maire de Cherbourg parrainait une  famille angolaise de 4 enfants. « On se sent investis de la responsabilité de les accompagner dans leurs démarches et de les aider à rester ici sur le sol français dans ce pays où ils veulent rester, où ils veulent donner une éducation à leurs enfants, où ils veulent vivre en famille. Ce parrainage, c’est une manière de leur dire que dans des circonstances difficiles pour eux, on ne les abandonne pas ». déclarait-il au micro de France 3.

 http://boutique.ina.fr/video/3111519001004/parrainage-republicain.fr.html

Quelques années plus tard, ce sont les mêmes Manuel Valls, Bernard Cazeneuve et compagnie qui pratiquent, apparemment sans état d’âme, le démembrement des familles et la maltraitance des enfants.

Ils ne s’y prendraient pas autrement s’ils voulaient convaincre qu’en politique, retourner sa veste est une vertu et que si la droite et la gauche ont, parfois, des discours différents, une fois au pouvoir, il n’y a pas d’autre politique que celle-là.

La politique que mènent ces gens là est malfaisante et dangereuse pour les enfants et les parents sans papiers, naturellement, mais aussi pour toute la société. En donnant des hommes politiques une telle image, ils font le lit de l’abstention… ou pire ! 

APRES : UNE POLITIQUE DE BRUTES, COMME CELLE DES AUTRES !

AU TOTAL : MALFAISANTS ET DANGEREUX !

Trois situations parmi tant d’autres de pères d’enfants scolarisés persécutés par Manuel Valls, de familles menacées, d’enfants maltraités. Trois fautes morales et politiques.

Rassemblement devant l’école St-Exupéry (Juvisy) le 1er avril 2015 Rassemblement devant l’école St-Exupéry (Juvisy) le 1er avril 2015

 

Le premier de ces enfants est Zakaria, élève de l'école St Exupéry à Juvisy. Ses parents sont venus du Liban il y a sept ans. Zakaria est né en France il y a quatre ans. Son père travaille,  il est carrossier, son patron tient à le garder. Il est prêt à lui signer un CDI et il a transmis une promesse d’embauche en bonne et due forme à la préfecture de l’Essonne. Ni son employeur, ni l’école de son fils, ni la ville de Juvisy ne comprennent la volonté du préfet de l'Essonne de l'expulser en abandonnant sa compagne et son enfant. Méchanceté gratuite ou application bornée de la politique mise en place par Sarkozy ? Quoi qu'il en soit des enseignants, des parents, des élus se sont rassemblés le 1er avril devant l’école St-Exupéry pour dire leur solidarité à la famille et demander que le préfet abroge l’avis d’expulsion (Obligation de quitter le territoire français – OQTF) qu’il a adressé au père de Zakaria.

Sur la photo : des enseignants, des parents d'élèves, des élus, au centre, Sylvie Clerc, conseillère municipale d'opposition (PCF), Eva Sas députée (EELV), Chantal Pommereau (manteau rose), la maire adjointe à l'éducation et au scolaire et à droite (cravate rouge), Robin Reda maire UMP de Juvisy.Rassemblement devant l’école St-Exupéry (Juvisy) le 1er avril 2015

Manuel Valls demande l’unité ? A Juvisy, la chasse aux parents d’enfants scolarisés qu’il pratique fait l’unanimité… contre lui !

La deuxième enfant menacée de perdre son père banni à des milliers de kilomètres s'appelle Alexia, elle a 13 ans, elle est collégienne à Chatillon (92). Son père, que ses proches et ses nombreux amis appellent Johnny, est bolivien. Il vit en France depuis quinze ans, il travaille, a des feuilles de paye, des déclarations d'impôts. Il est emprisonné au CRA de Plaisir suite à un contrôle routier et une OQTF de la préfecture des Yvelines.

Les parents d'Alexia sont séparés, un fait assez banal dans la société française… une « preuve d’intégration » ? Mais il a un droit de visite de sa fille et verse une pension alimentaire. Sa nouvelle compagne attend un enfant. Rien ne justifierait qu'il soit expulsé après 15 ans passés en France en y laissant une enfant et un autre à naître.

 Pour Roméo, quatre ans et demi, et Shaliko deux ans et demi Valls et Hollande sont passés à l’acte : ils ont été rendus quasi-orphelins de père le 31 mars.

Anzor Gvinjilia a été expulsé après 17 jours en prison pour étrangers au Centre de rétention de Vincennes, molesté et mis de force dans un avion pour la Géorgie, un pays qu’il avait fui il y a presque cinq ans avec sa femme, jeune mère de Roméo, l’aîné de ses enfants. Cette dernière est originaire d’Abkhazie, une région dont la sécession n’est reconnue ni par la Géorgie, ni internationalement. Autrement dit un couple maudit aussi bien en Géorgie qu’en Abkhazie et qui ne pourrait vivre que dans un pays qui accepterait les mariages mixtes et reconnaîtrait les enfants nés de cette union. Ce n’est le cas ni de la Géorgie, ni de l’Abkhazie. Et, apparemment, pas non plus celui de la France  de Cazeneuve, Valls et Hollande.

 

Les autorités accusent le père de Roméo et Shaliko d’avoir commis des vols à l’étalage. L’allusion à des délits, le plus souvent ni poursuivis ni condamnés, est une pratique préfectorale courante : tentative de légitimer les expulsions aux yeux de l’opinion… et façon de soulager la conscience des préfets, du moins de ceux qui en ont une. En réalité, Anzor Gvinjilia a bien commis des larcins. Il a quelques fois volé de la nourriture et du lait pour ses enfants. Des faits considérés comme excusables, voire légitimes chez Hugo et comme des délits valant le bannissement et le démembrement d'une famille dans la société française du XXIe siècle, sous un gouvernement de gauche. Et quand bien même des délits plus graves auraient été commis, il serait normal que leurs auteurs soient jugés comme tout un chacun, ni plus, ni moins. L’expulsion, c’est la double peine. Pour eux, pour leurs enfants et leurs compagnes. Sarkozy se vantait mensongèrement de l’avoir abolie. Valls et Cazeneuve la pratiquent abondamment et parfois à titre préventif : avant même toute condamnation. On est de gauche ou on ne l’est pas !

L’expulsion du père de ces enfants apparaît d’autant plus injuste que la famille aurait été prochainement régularisable. Il y aura cinq ans qu’elle réside en France fin juillet 2015 et Roméo, l’aîné des enfants, entamera en septembre sa troisième année de scolarité à l’école Robespierre. Les parents satisferont dès lors aux critères de régularisation de la circulaire Valls.

A Villejuif aussi, les enseignants, les parents, les personnels de l’école maternelle Robespierre, des citoyens, des élus n’acceptent pas la politique de brute de Valls et Cazeneuve. Ils se sont rassemblés à deux reprises devant l’école, d’abord pour s’opposer à l’expulsion d’Anzor Gvinjilia puis pour exiger qu’il reçoive en urgence un visa de retour et que  les parents de Roméo et Shaliko soient régularisés.

                                                         Richard Moyon

 

 

 

 

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