Enfants perdus à Orléans

Le 11 mars 2015 deux jeunes angolais, frère et sœur, mineurs : l’un né en 2000 et l’autre en 1999, âgés respectivement de 16 et 15 ans, sont arrivés à Orléans partis de Luanda la veille au soir.

Le 11 mars 2015 deux jeunes angolais, frère et sœur, mineurs : l’un né en 2000 et l’autre en 1999, âgés respectivement de 16 et 15 ans, sont arrivés à Orléans partis de Luanda la veille au soir.

Les trouvant perdus, quelqu’un les a alors dirigés vers la Maison du Département d'Orléans nord, à Coligny,  siège de la cité administrative.

 Enfants mineurs,  vont-ils  être pris en charge et soutenus ?

Le frère et la sœur avaient chacun un document d'identité, qu'ils ont montré. Après en avoir pris connaissance,  la personne qui les a reçus  a téléphoné puis a donné aux enfants l’adresse du commissariat central et un plan pour s’y rendre seuls !

 La police dont c’est le rôle va-t-elle  les protéger ?

Au commissariat, il a été déclaré que leurs documents d’identité étaient faux.

Ces documents ont été définitivement saisis et les deux mineurs mis en garde à vue : ils y sont restés toute la nuit et le lendemain ils ont été interrogés, fouillés, photographiés, enfin menottés pour être conduits à l’hôpital : il s'agissait de démontrer sans attendre,  et sans qu’un avocat ne soit commis, que les deux mineurs ne l'étaient pas, et puisqu'on affirmait que leurs papiers étaient faux, qu'ils étaient forcément majeurs. 

 La justice et la préfecture vont-elles mettre fin à ce scandale et rétablir le droit ?

En fin d’après midi, suite aux résultats des tests osseux et uniquement sur ce critère, les deux jeunes ont été déclarés majeurs et accusés d’avoir menti sur leur âge.

Il leur a été remis une convocation au tribunal d’instance pour le mois d’avril pour faux et usage de faux, le garçon (et lui seul ?) s’est vu notifier un arrêté avec une OQTF (Obligation de quitter le territoire français) : il serait revenu sur ses premières affirmations et aurait avoué qu’il avait 18 ans. C'est ce qu'écrit la préfecture  et que réfute le jeune quand on lui fait comprendre le contenu de l'arrêté

Rappelons cependant que ces enfants, arrivés en France 48 heures plus tôt,  ne parlent que le portugais et que les renseignements obtenus dans le commissariat par les policiers, à la suite des fouilles , menottage et radio imposée,  l’ont été avec un interprète.

 L’hébergement d’urgence et ceux qui peuvent aider vont-ils atténuer la situation ?

Le frère et la sœur sont libérés le 12 au soir, et  remis dans la rue avec pour consigne de téléphoner au 115 … Ils ont dormi dehors. Sans papiers. Sans même une copie de leur pièce d’identité,  retenue par la police.

Et depuis c’est l’angoisse au quotidien.

Où aller ?  Où manger ? Où dormir ?

 Le SIAO (Service qui centralise les demandes d'hébergement) a été sollicité le vendredi 13 mars . Difficile d'être entendu.

Le récit  de la situation est mis en doute car  « la police n’est pas là pour arrêter les enfants qui lui sont confiés mais pour les protéger ».

Après avoir enquêté, le personnel doit bien reconnaître que dans le Loiret,  plus aucun mineur ne peut être dirigé vers l’Aide Sociale à l’Enfance et être mis à l’abri , ce que faisait la police avant....avant la politique de rejet des jeunes isolés étrangers menée par le précédent Président du Conseil général. Depuis 2014, des  arrêtés successifs ont mis fin à tout nouvel accueil de jeunes isolés étrangers par le service social à l'enfance de ce département. Des arrêtés renouvelés chaque mois  par le Conseil Général  depuis

 Le frère et la sœur ont été accueillis dans le dispositif de l’hébergement d’urgence St Joseph pour la fin de semaine.

C’est à recommencer chaque jour et parfois sans succès,  donc c’est la rue.

 Le Relais Orléanais a refusé de les inscrire, le Secours Catholique également :

ils n’ont pas de petit déjeuner, de déjeuner ni de dîner  possibles.

Si quelques citoyens et associations responsables n’avaient fait ce qu'il fallait pour pallier à ces refus, ils seraient sans manger la plupart du temps depuis le 12 mars.

 Morale de cette histoire :

Depuis le 11 mars 2015, c’est l’horreur totale pour les 2 jeunes

 Dans cette histoire chacun fait une partie du travail et refile le problème au suivant ou détourne la tête pour ne pas voir ou ne pas savoir.

Un peu d’histoire… ça ne vous rappelle rien ?

Continuer ainsi cela va nous mener où ?

 Pour le collectif MIE du Loiret

Janine Carrein (ASTI Orléans)

 

 

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