ADOMA : insertion par le logement ou expulsion du logement ?

La chasse aux migrants conduite avec application par le gouvernement passe aussi par la mise à la rue. Un exemple à Beauvais, mais on pourrait, hélas, en citer tant d’autres…

La chasse aux migrants conduite avec application par le gouvernement passe aussi par la mise à la rue. Un exemple à Beauvais, mais on pourrait, hélas, en citer tant d’autres…

 

Monsieur le Directeur Général d’ADOMA,

L’association « Solidarité Migrants » de Beauvais et le Réseau Education sans frontières dont elle est membre du RESF (Réseau Education Sans Frontières) ont été stupéfaits de « la procédure » mise en œuvre par les responsables du foyer ADOMA situé 3 rue d’Anjou 60000 BEAUVAIS  pour déloger une mère de famille et son fils de 9,5 ans de la résidence.

Votre organisme, qui a pour devise "ADOMA, insertion par le logement" remplissait jusqu’à aujourd’hui une mission sociale en matière de logement. Nous souhaiterions savoir si la procédure mise en œuvre à Beauvais et décrite ci-dessous est une décision anormale des responsables locaux ou s’il s’agit de la procédure « normale » mise en place récemment par la nouvelle direction d’ADOMA. Il s’agirait dans ce cas du choix délibéré d’une politique sans humanité, non respectueuse  des droits des résidents et des droits des salariés.

Espérant des éclaircissements, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Directeur Général, l’expression de nos salutations militantes et citoyennes.

Beauvais, le 3 juillet 2015

Rose-Marie MONTEIL Présidente de l’association Solidarité Migrants Oise, 60000 BEAUVAIS

Richard MOYON et Francis DESCROIZETTE RESF.

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LES FAITS : Le mercredi 13 mai à 10h30, Cosette, une demandeuse d'asile congolaise (RDC), vivant avec son fils Samuel, 9 ans et demi, est convoquée par la direction du foyer ADOMA chargé de l'accueil des demandeurs d'asile. Elle a depuis peu reçu le rejet de son recours par la Commission Nationale du Droit d’Asile. Selon le contrat de prise en charge, c’est le jour de remettre les clés de la chambre qu'elle occupe avec son fils.

Pour les responsables d’ADOMA, la famille doit partir et respecter la procédure. Le contrat de prise en charge stipule que la famille doit quitter les lieux dans un délai d'un mois après que le refus d'asile ait été signifié. Ce mois de délai s'est écoulé.

Peu importe que les démarches entreprises par Mme Mabiala avec une responsable du foyer Madame Valérie Leroy n’aient pas abouti. Toutes les structures susceptibles de l'aider à trouver un hébergement – le SIAO  (Service Intégré d'Accueil et d’Orientation), le SAMU social, le DALO (dispositif du Droit au Logement auquel les déboutés n’ont pas droit dans l’Oise), le 115 -  ont en effet échoué.

Peu importe donc que cette mère de famille se retrouve à la rue avec son fils. Les procédures doivent être respectées confirmera le directeur territorial Nord-Pas de Calais-Picardie Abdelfetah Rachad.

Peu importe que la maman réclame un mois de délai supplémentaire pour se démener en pensant d'abord à son fils, en CM1 à l'école Jean Moulin où il est scolarisé depuis le CE1 (trois ans!).

Cosette ne voulant pas rendre les clés, ne se rend pas à la convocation de 10h30. Les responsables du foyer constatent son absence puis, en présence d’employés de la résidence et d’un résident, se font justice eux-mêmes. Ils pénètrent dans la chambre, retirent ses effets en effectuant un inventaire avant de les placer dans une cave (!!!...) puis procèdent à un changement de serrure. Madame Mabiala ne pourra d’ailleurs récupérer ses biens que le mardi 26 mai.

Texte validé par Francis Descroizette militant du collectif RESF-60.

Association SOLIDARITE MIGRANTS OISE Rose-Marie MONTEIL Présidente 60000 BEAUVAIS

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