RESF
Récit des exploits honteux commis à l'encontre des familles sans papiers par la volonté de Nicolas Sarkozy, de Hollande et maintenant de Macron
Abonné·e de Mediapart

215 Billets

0 Édition

Billet de blog 8 sept. 2016

Mercredi 7 septembre : l'horreur des expulsions sur le vol AF386 Paris-Bamako !

Derrière une expulsion se cache une réalité. Voici un exemple qui montre de manière crue la violence physique et psychologique dont sont victimes ces personnes expulsées de gré ou de force du territoire français.

RESF
Récit des exploits honteux commis à l'encontre des familles sans papiers par la volonté de Nicolas Sarkozy, de Hollande et maintenant de Macron
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Il est 13h30 quand les policiers au Centre de Rétention Administrative de Vincennes viennent chercher Sékouba MAREGA à son 42e jour de rétention pour le conduire à l'aéroport et le mettre contre son gré dans un avion à destination de Bamako. Sékouba, très jeune père de famille, revoit défiler les moments de bonheur partagé avec sa compagne Aminata et leur fils Abdoulaye âgé de 3 mois, qu'il ne reverra plus. Dans le local d'éloignement de la PAF à l'aéroport de Roissy, les policiers le menacent de prison s'il s'oppose à son expulsion.

15h30 : la sale besogne commence. Les policiers le dépossèdent de son portable et sortent l'artillerie de déshumanisation : menottes aux poignets, sangles autour des chevilles et des genoux. L'avion doit décoller à 16h30. Ils le montent dans leur véhicule et le conduisent au pied de l'appareil. Les passagers sont en salle d'embarquement et ne se doutent pas encore de l’horreur qui va se dérouler sous leurs yeux. Sékouba ne manifeste dans la voiture aucune résistance car il sait qu'ils peuvent aller jusqu'à le droguer pour arriver à leurs fins. 16h00, les policiers le sortent du véhicule pour le faire monter dans l'avion avant l’arrivée des passagers. Ils sont une dizaine contre un seul homme dont le seul tort est de ne pas avoir les bons papiers. Sur les marches qui le mènent à la porte de l'avion, Sékouba résiste et les policiers le jettent à terre, l'un d'eux pose son pied sur la poitrine de Sékouba en pressant fortement, tandis qu'un autre lui met un casque de boxe. Entièrement entravé, il ne peut plus bouger et pourtant un des policiers porte un coup de pied à la poitrine de Sékouba avant de le monter dans l'avion. Ils le font asseoir à l'arrière de l'appareil. Dès que les passagers commencent à monter, un policier lui presse les parties génitales afin de le dissuader de toute résistance mais Sékouba ne pense qu'à son fils dont il ne veut pas être séparé. Alors il crie de toutes ses forces jusqu'à que des passagers remarquent sa présence. Quelques-uns s'approchent de lui, l'interrogent malgré les menaces des policiers et le fait qu'ils soient filmés. Sékouba explique en bambara et en français sa situation. Les passagers dans leur quasi-totalité se lèvent et s'opposent à son expulsion. Alerté par les cris des passagers, le commandant constate le désordre à bord de l'avion et demande aux policiers de débarquer Sékouba. Grâce à la mobilisation des passagers, ce jeune père de famille est retourné au CRA de Vincennes mais dans un état psychologique et physique inquiétant. Ce qui s'est passé à bord du vol ne peut que heurter les consciences et questionner sur les véritables raisons d'un tel acharnement du gouvernement de Monsieur Hollande, violant plusieurs principes en matière de droits humains. La fin légale de la rétention pour Sékouba MAREGA est prévue ce samedi (45ème jour de rétention) et ce serait faire preuve d'un minimum de bon sens que d'y mettre définitivement fin en procédant à sa libération.

Malika Chemmah

RESF 93

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal — Santé
Comment le CHU de Bordeaux a broyé ses urgentistes
Les urgences de l’hôpital Pellegrin régulent l’accès des patients en soirée et la nuit. Cela ne règle rien aux dysfonctionnements de l’établissement, mettent en garde les urgentistes bordelais. Épuisés par leur métier, ils sont nombreux à renoncer à leur vocation.
par Caroline Coq-Chodorge
Journal
Force ouvrière : les dessous d’une succession bien ficelée
À l’issue du congrès qui s’ouvre dimanche, Frédéric Souillot devrait largement l’emporter et prendre la suite d’Yves Veyrier à la tête du syndicat. Inconnu du grand public, l’homme incarne, jusqu’à la caricature, le savant équilibre qui prévaut entre les tendances concurrentes de FO.
par Dan Israel
Journal
« Travail dissimulé » : la lourde condamnation de Ryanair confirmée en appel
La compagnie aérienne a été condamnée, en appel, à verser 8,6 millions d’euros de dommages et intérêts pour « travail dissimulé ». La firme irlandaise avait employé 127 salariés à Marseille entre 2007 et 2010, sans verser de cotisations sociales en France. Elle va se pourvoir en cassation.
par Cécile Hautefeuille
Journal — Social
En Alsace, les nouveaux droits des travailleurs détenus repoussent les entreprises
Modèle français du travail en prison, le centre de détention d’Oermingen a inspiré une réforme du code pénitentiaire ainsi qu’un « contrat d’emploi pénitentiaire ». Mais entre manque de moyens et concessionnaires rétifs à tout effort supplémentaire, la direction bataille pour garder le même nombre de postes dans ses ateliers.
par Guillaume Krempp (Rue89 Strasbourg)

La sélection du Club

Billet de blog
Macron 1, le président aux poches percées
Par Luis Alquier, macroéconomiste, Boris Bilia, statisticien, Julie Gauthier, économiste dans un ministère économique et financier.
par Economistes Parlement Union Populaire
Billet de blog
Ce qu'on veut, c'est des moyens
Les salarié·es du médicosocial se mobilisent à nouveau les 31 mai et 1er juin. Iels réclament toujours des moyens supplémentaires pour redonner aux métiers du secteur une attractivité perdue depuis longtemps. Les syndicats employeurs, soutenus par le gouvernement, avancent leurs pions dans les négociations d'une nouvelle convention collective avec comme levier le Ségur de la santé.
par babalonis
Billet de blog
par Bésot
Billet de blog
Le service public d’éducation, enjeu des législatives
Il ne faudrait pas que l’avenir du service public d’éducation soit absent du débat politique à l’occasion des législatives de juin. Selon que les enjeux seront clairement posés ou non, en fonction aussi des expériences conduites dans divers pays, les cinq prochaines années se traduiront par moins ou mieux de service public d’éducation.
par Jean-Pierre Veran