Encore une circulaire honteuse de Manuel Valls sur l'immigration.

Refusons cette politique. Dans sa circulaire du 11 mars 2014, Manuel Valls félicite les préfectures et en redemande : « Le niveau total des éloignements forcés atteint son plus haut niveau depuis 2006. Ces résultats, encourageants, sont la traduction de votre mobilisation qui devra se poursuivre tout au long de l'année 2014 ».

Refusons cette politique. Dans sa circulaire du 11 mars 2014, Manuel Valls félicite les préfectures et en redemande : « Le niveau total des éloignements forcés atteint son plus haut niveau depuis 2006. Ces résultats, encourageants, sont la traduction de votre mobilisation qui devra se poursuivre tout au long de l'année 2014 ».

 M. le ministre de l'intérieur est donc heureux que des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants soient traités comme du bétail. Ce n'est pas digne d'un homme politique de se réjouir de la souffrance de personnes humaines. S'en révolter est un devoir citoyen : il n'est pas acceptable qu'un homme tenant de tels propos occupe de telles fonctions.

 Nous avons ici la démonstration que M. Valls n'est pas seulement un ministre qui mène une politique d'immigration scandaleuse, si c'était le cas, il pourrait se contenter de restreindre encore l'accès à l'asile. C'est en plus un ministre à qui l'état actuel des choses ne pose aucun problème : la situation insupportable dans laquelle sont mises les personnes sans papiers, leur parcours du combattant, régi par des règles inhumaines.

 

La circulaire de 2012 donnait envie de crier. Celle de 2014 donne envie de hurler. Dernièrement, de jeunes gens défilaient dans les rues de Lyon sur l'air de « Maréchal nous voilà ». M. Valls, est-ce pour séduire ces jeunes gens que vous menez la vie dure aux personnes sans papiers ? Si c'est le cas, dites-le encore plus haut et encore plus fort, et alors nous saurons tous contre qui et pourquoi nous nous battons. La mobilisation doit maintenant se faire entendre pour dire non à cette politique. Trois adjectifs viennent à l'esprit pour la qualifier : inhumaine, inutile et infiniment triste.

Inhumaine parce qu'elle met des milliers de femmes, d'hommes et d'enfants dans une situation insupportable, parce qu'elle déchire des familles, parce qu'elle fait dormir des enfants, des malades et des personnes âgées sur le trottoir. Les citoyens qui les côtoient tous les jours dans les écoles, dans les rues, dans les squats, ne peuvent qu'en être scandalisés. A la sortie du plan froid et grâce à votre circulaire, nous nous attendons au pire dans les semaines qui viennent.

 Inutile parce qu'aucune étude économique sérieuse, aucune statistique, aucune démonstration quelle qu'elle soit n'est capable de prouver qu'accueillir l'immigration met en péril notre pays. Au contraire, elle le construit depuis des siècles.

 Infiniment triste parce nous voulons vivre dans une société faite de mélanges, d'ouverture et de rencontres, qui sont peut-être la définition du bonheur.

 Monsieur le ministre, merci de nous expliquer en quoi vous pensez que votre politique est au contraire humaine, utile et profondément joyeuse.

                                                       Martin Galmiche RESF Lyon
                                                                                19 mars 2014

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