La France se confine et le Tarn… met des jeunes à la rue !

Dans le Tarn --ailleurs aussi sans doute !-- les institutions censées protéger les MIE les mettent gravement en danger : accusés de n'être pas mineurs, ils sont mis à la rue sans aucune protection ni abri ! Le sens de l'humanité selon Macron ?

La France se confine et le Tarn… met des jeunes à la rue !

Impensable, incompréhensible, irresponsable : ce mercredi 18 mars, vers 11h, 4 jeunes ont été mis à la rue par le DDAEOMI 81, dispositif chargé par les services du Conseil départemental du Tarn d’évaluer la minorité des jeunes étrangers qui demandent une protection.

 Déclarés majeurs, ces 4 jeunes ont été renvoyés du dispositif au mépris de toute règle sanitaire, dans la plus grande indifférence de leur santé et de celle du reste de la population. On savait le DDAEOMI inhumain (ce ne sont pas les premiers jeunes qu’ils mettent dehors dans le plus grand dénuement), on ne les pensait pas à ce point irresponsables ! Comble du cynisme, la seule chose dont ces jeunes ont été munis lors de leur expulsion est une attestation de déplacement qui indiquait qu’ils étaient dehors pour une « activité physique individuelle » ! Le DDAEOMI prendrait-il avec autant de légèreté la situation de ces jeunes que les consignes de sécurité qui nous ont été données pour endiguer la propagation du virus ?…

 Contacté.e.s, les bénévoles de RESF Albi ont tenté d’apporter leur aide à ces jeunes désemparés. Après avoir appelé le 115, comble et sans solution, nous avons alerté les pouvoirs publics et les instances chargés d’assurer une mise à l’abri : préfecture et conseil départemental n’assument pas leurs responsabilités et se renvoient la balle. Sauf qu’on ne joue pas au ping-pong, mais avec des vies humaines, celles de ces jeunes mais aussi les nôtres ! Peu importe à qui revient la responsabilité de la mise à l’abri de ces jeunes, ils n’auraient jamais dû être mis en dehors.

 Alors que nous sommes censé.e.s rester confiné.e.s pour enrayer le coronavirus, 4 jeunes et deux bénévoles ont ainsi été contraint.e.s de rester dehors pendant près de 4 heures, exposant leur santé et participant potentiellement à la propagation du virus. Avec de telles pratiques, contraires à toutes les recommandations des médecins et des scientifiques, nous ne sommes pas près de l’endiguer, et c’est dramatique ! Le chef de l’État taxait les Français.e.s d’indiscipline dans leur prise en compte des consignes données, il semble qu’il y ait aussi de graves défaillances du côté de certaines administrations…

 La solidarité à laquelle a appelé le président Macron, la solidarité à laquelle nous enjoint Christophe Ramond dans son dernier communiqué semblent laisser de côté les étrangers, plus largement les plus précaires et les plus démunis. Nous leur opposerons NOTRE solidarité, celle de militant.e.s de terrain, une solidarité inconditionnelle, qui s’exerce non pour servir des intérêts, non par patriotisme ou par calcul, mais par humanité.

 La préfecture finira par proposer des chambres d’hôtel à ces 4 jeunes, sans offrir de solution pour les repas et sans préciser de durée. Nous aurons agi avant pour leur trouver un hébergement solidaire offert par l’Antre-d’eux, une association gaillacoise, un hébergement où la chaleur humaine saura se mêler à l’attention dont ils ont besoin.

  Nous exprimons tout notre soutien aux mineur.e.s isolé.e.s étrangers-ères, du Tarn et d’ailleurs, à tou.te.s les oublié.e.s de cette crise sanitaire dont la gestion donne à penser qu’elle protège les riches et sacrifie les pauvres. Nous exprimons aussi notre soutien aux travailleurs-euses du social, qui prennent des risques pour leur santé dans un manque de moyens honteux.

Bérengère Gallet pour L'Antre-d'eux - RESF Albi - MRAP 81

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