EXPULSEZ CE COMMERCANT ET PERE DE FAMILLE QUE JE NE SAURAIS VOIR !

Père de famille, commerçant, créateur d'emplois... Expulsé ?

 

Expulsez ce commerçant et père de famille que je ne saurais voir, bis repetita !

 

Situation totalement ubuesque que celle de M. F. ATEK, père de famille et commerçant en France, situation qu'on croyait ne voir que sous Sarkozy mais détrompez-vous, Hollande et son ministre de l'Intérieur n'en sont pas à leur coup d'essai et rivalisent avec la droite en ce qui concerne le démembrement des familles.

 

Qui est ce monsieur tant indésirable aux yeux du préfet du Val-d'Oise, sous l'autorité directe du ministère de l'Intérieur ? Un délinquant constituant une menace pour l'ordre public ? Un commerçant atteint d'une phobie administrative qui aurait oublié de s’acquitter de ses cotisations ? Cet étranger, qui selon la vieille rengaine éculée, venu d'outre-Méditerranée pour voler et manger le pain des Français ? Que nenni ! Entre Monsieur ATEK et le pays de Rousseau, Diderot et Voltaire, c'est une histoire qui remonte à ses années estudiantines sur les bancs de l'université Panthéon-Assas.

 

En 2004, il rejoint en France sa famille (père, frères et sœurs), la plupart ont aujourd’hui la nationalité française. Il y poursuit ses études et est mis en possession par les services préfectoraux d’un titre de séjour portant la mention "étudiant" de 2004 à 2006.

 

En 2007, il retourne en Algérie pour y épouser sa fiancée qui avait tenté d’obtenir un visa pour le rejoindre en France mais en vain. De leur union, nait en Algérie une petite fille, aujourd’hui âgée de 9 ans.

 

Monsieur ATEK n'a jamais abandonné l'idée de revenir un jour en France pour s'y installer durablement auprès de ses proches et permettre un avenir meilleur à sa fille. Pour lui, il était inconcevable d'envisager un retour sans s'assurer d'un moyen de subsistance stable et suffisant. C'est ainsi qu'il décide d'acquérir une boucherie à Arnouville les Gonesse (95) et dans ce dessein, vend tous ses biens en Algérie. Il est associé gérant majoritaire de ce commerce, dans une ville où les commerces de proximité se font rares mais qui commençait à renaître avec l’ouverture de la boucherie. Par son activité, il a non seulement contribué à redynamiser un quartier mais a également créé de l’emploi pérenne en embauchant deux salariés en CDI, aujourd'hui menacés de licenciement du fait de cette situation.

 

A jour de toutes ses cotisations et appréciés de tous, il devrait pouvoir rester en France et se voir délivrer un titre de séjour. Si Monsieur ATEK est expulsé, son épouse et sa fille ne pourront pas le suivre car cette dernière serait contrainte d’interrompre sa scolarité en France et d’intégrer une école publique algérienne, donc un système éducatif en langue arabe qu’elle ne connaît pas. Une telle situation serait donc traumatisante pour cette enfant décrite comme une "élève investie dans les apprentissages", "un bon élément" par l’équipe éducative de son école drancéenne.

 

Dans la conjoncture économique actuelle, est-il raisonnable de mettre en péril un commerce de proximité qui participe au développement d’un quartier, pour un simple défaut de titre de séjour de son gérant ? De toute évidence, il serait beaucoup plus judicieux et responsable, notamment en terme de coût mais aussi d’éthique si le mot a un sens pour le gouvernement, de ne pas l’expulser et de le régulariser.

 

                                               Malika CHEMMAH

 

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