Au préfet d'Indre-et-Loire pour qu'il ne brise pas une famille

Courriel envoyé le 28-10-2014 au Préfet d’Indre-et-Loire et à la chaîne hiérarchique sous l’égide de laquelle se programment et se décident les expulsions d’étrangers.

 C’est aujourd’hui le 18ème jour de privation de liberté pour Monsieur Davit KANDELAKI, géorgien, retenu au centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot sur ordre du Préfet d’Indre-et-Loire.

Il a été arrêté par la police de Joué-lès-Tours le 10 octobre : un banal contrôle routier faisant apparaitre qu’il conduisait avec un permis géorgien. Après le rejet de sa demande d’asile, il était devenu depuis le début de l’année 2014 un « sans papiers ».

Vendredi dernier 24 octobre, après lui avoir fait croire pendant trois jours, et avoir fait croire à la Cimade, association intervenante au CRA, que la réservation le concernant sur le vol Paris-Tbilissi était annulée, Monsieur KANDELAKI a été emmené à l’aéroport de Roissy, pour être embarqué de force dans l’avion. Il n’a pas accepté d’être ainsi obligé de retourner dans un pays, la Géorgie, qu’il a fui en 2012 avec son épouse et son fils Irakli. Depuis son séjour en France, un second enfant est né à Tours, la petite Alekssandra, un an et demi.

Monsieur KANDELAKI et sa famille n’aspirent qu’à une chose : vivre ici en paix dans le respect des lois et des valeurs de notre pays, dont très vite ils ont appris la langue. C’est aux cours de français qu’ils ont rencontré leurs premiers amis tourangeaux  – sans compter les copains de classe d’Irakli, entré en CP en septembre, où il a retrouvé ses camarades de maternelle. Bien entouré, Irakli supporte mieux ses difficultés ophtalmologiques, pour lesquelles une seconde intervention chirurgicale est prévue.

Aujourd’hui peut-être, l’escorte policière mènera de nouveau Davit KANDELAKI à l’aéroport. Et de nouveau Monsieur KANDELAKI, sa femme, ses enfants, seront au désespoir.

J’avoue avoir du mal à comprendre où est l’intérêt supérieur de la France quand il s’agit de briser gratuitement une vie de famille. J’ai enseigné pendant une trentaine d’années à des élèves de collège et de lycée les principes de la République,. Jamais je n’y ai vu, et jamais mes élèves n’y ont compris, que ces principes faisaient fi du respect et de la protection de la vie familiale. J’ai enseigné pendant 8 ans à la Faculté de Droit de l’Université de Tours les Sciences politiques, la Constitution française, les lois et les Conventions européennes et internationales. Jamais je n’y ai lu que le pouvoir, au motif qu’il est le pouvoir, était légitime à décider du sort des personnes sans prendre en considération le sens de l’humain.

C’est donc en citoyenne respectueuse de nos valeurs, et qui attend de nos dirigeants qu’ils partagent et manifestent le même souci, que je vous demande d’ordonner dans les plus brefs délais la libération de Monsieur Davit KANDELAKI, qui doit retrouver les siens à Joué-lès-Tours au plus vite.

                                                          Chantal BEAUCHAMP, Enseignante retraitée

 

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