Jeunes diplômés des quartiers : un chemin semé d’embûches

A diplôme égal, les jeunes issus des quartiers difficiles ont 2,7 fois moins de chance d'accéder à un entretien. Un nom qui ne fait « pas assez breton », un code postal qui fait peur, une allure qui ne rentre pas parfaitement dans les clous… Les « bac +5 des banlieues » doivent affronter de nombreux clichés et obstacles, dans leur quête du graal : un premier emploi.

A diplôme égal, les jeunes issus des quartiers difficiles ont 2,7 fois moins de chance d'accéder à un entretien. Un nom qui ne fait « pas assez breton », un code postal qui fait peur, une allure qui ne rentre pas parfaitement dans les clous… Les « bac +5 des banlieues » doivent affronter de nombreux clichés et obstacles, dans leur quête du graal : un premier emploi.

« On n’est pas là pour rigoler. Je sais ce que les entreprises attendent, ce qu’il se fait et ce qu’il ne se fait pas. » Audrey Sciboz, chasseuse de têtes pour de grandes sociétés, affiche d’emblée la couleur. « Le plus important est de bien maitriser les codes professionnels. » Face à elle, dix jeunes diplômés issus de la diversité, des rêves pleins la tête et un obstacle à dépasser : le fameux premier entretien, celui qui détermine si on reste dans la course, ou si on est « out ».

Les participants ont été sélectionnés par le cabinet de recrutement, Mozaïk RH, fondé en 2007 par Saïd Hammouche, entrepreneur de Seine-Saint-Denis. Sa mission : placer les talents des quartiers populaires, y compris parmi les adresses les plus prestigieuses connues pour leur ‘entre-soi’. Depuis 2008, le cabinet a placé près de 3000 jeunes. Une insertion professionnelle qui aurait, selon une étude récente, fait économiser à l’Etat 4000 € par candidat, soit 12 millions d’euros. L’objectif est aujourd’hui de grimper à 5000 placements par an.


Javeleen, 27 ans, détentrice d’un Master économie et finance. Javeleen, 27 ans, détentrice d’un Master économie et finance.

 

L’analyse d’Audrey Sciboz : « Les diplômés, qui viennent des quartiers, maitrisent souvent moins bien les codes de l’entreprise car beaucoup ont fait un cursus universitaire et souvent dans une faculté proche de chez eux. On ne leur apprend pas forcément les usages et géographiquement, ils restent enclavés. Même ceux qui ont fait des écoles n’ont souvent pas le ‘réflexe-réseau’. Ils savent que cela existe mais ne le font pas, car ils ont la culture de ceux qui se font tout seul, celle de ne pas demander de l’aide.»

Nous avons assisté à une séance de coaching, à deux pas de la bibliothèque François Mitterrand. Concentration maximale chez les jeunes diplômés. Et passage sur le grill.
 

Pour voir la vidéo et lire la suite de l'article, c'est ici : "Banlieues, 10 ans après les émeutes : un échec made in France ?" par Respect mag

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.