Diplômés des quartiers : rencontre avec Jordan, 25 ans

Dans le cadre du dossier "Banlieues : 10 ans après les émeutes, un échec made in France", Respect mag dresse un bilan de l'état des banlieues, 10 ans après. Demain, tout pourrait-il re-péter ? Rencontre avec la jeunesse de ces banlieues et avec les diplômés ; rencontre avec Jordan, 25 ans.

Dans le cadre du dossier "Banlieues : 10 ans après les émeutes, un échec made in France", Respect mag dresse un bilan de l'état des banlieues, 10 ans après. Demain, tout pourrait-il re-péter ? Rencontre avec la jeunesse de ces banlieues et avec les diplômés ; rencontre avec Jordan, 25 ans.

Jordan vit et a grandi à Aulnay-sous-Bois. Tout juste diplômé d’un Master universitaire en gestion des risques financiers et d’une école de commerce, il ne veut pas brider ses ambitions à son code postal.

Quel souvenir gardez-vous des émeutes, il y a dix ans ? Elles ont influencé votre parcours ?

Elles ont marqué toute ma famille. J’étais en troisième et j’habitais dans l’une des villes les plus touchées par les violences : des sirènes hurlantes tout le temps, des voitures qui brûlent… Un jour, dans la rue, j’ai vu des pompiers qui essayaient d’éteindre un feu pendant que, d’un immeuble, des gens les visaient avec des bouteilles et des pétards. J’ai des amis au collège qui ont très mal fini. Ma mère a pris peur et elle a préféré m’inscrire, l’année suivante, dans un lycée privé à Paris, même si elle devait se priver.

Venir des « quartiers » vous a-t-il, ensuite, desservi ?
Forcément, habiter à Aulnay-sous-Bois me désavantage. Les deux dernières années de mon Master, j’ai vécu dans une résidence étudiante à Paris, grâce à une bourse. J’ai alors changé l’adresse sur mon CV, et en envoyant mes demandes de stage, j’ai tout de suite vu la différence. On a bien plus de retours lorsqu’on écrit Paris qu’Aulnay-sous-Bois. Je pense que c’est surtout le résultat d’une méconnaissance. L’entreprise doit se dire : ‘Il vient de la cité, il ne doit pas connaitre les codes de l’entreprise’. C’est pour cela que je dois faire deux fois plus d’efforts pour les acquérir car je vais, sans doute, avoir moins de réponses que d’autres à mes candidatures.

Vous visez quoi aujourd’hui ?
Je cherche un poste en finance de marché. J’ai un bon parcours ; j’ai fait une école de commerce ; je ne veux surtout pas me limiter sous prétexte que je ne viendrais pas d’un milieu aisé. Trop de gens autour de moi, bien qu’ils aient fait des études, ont renoncé par découragement. En Seine-Saint-Denis, j’ai des cousins qui enchaînent les contrats précaires. Ma seule limite sera mes capacités, mais en dehors de ça, je ne veux me limiter en rien. J’espère trouver du travail d’ici Noël.

Pour lire la suite de l'interview, c'est ici : "Banlieues, 10 ans après les émeutes : un échec made in France ?" par Respect mag

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