Initiative pour la propreté et la sécurité en ville

Chères concitoyennes, chers concitoyens,Nos centres-villes sont envahis de parasites! Ils grouillent, pullulent et se multiplient, occupant de plus en plus d’espace, gâchant la vue et le plaisir de flâner. Bien pire, ils sont responsables de l’insécurité galopante de nos espaces urbains: qui peut prétendre aujourd’hui être à l’abri de ces dangers? Nos aînés rechignent à sortir seuls dans la rue, bien peu de parents osent laisser leurs enfants gambader quand on les sait à proximité, et je connais même certains adultes qui ont été victimes de leur incivilité. Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, comme l’a dit le poète, il y a de quoi devenir fou.

Chères concitoyennes, chers concitoyens,

Nos centres-villes sont envahis de parasites! Ils grouillent, pullulent et se multiplient, occupant de plus en plus d’espace, gâchant la vue et le plaisir de flâner. Bien pire, ils sont responsables de l’insécurité galopante de nos espaces urbains: qui peut prétendre aujourd’hui être à l’abri de ces dangers? Nos aînés rechignent à sortir seuls dans la rue, bien peu de parents osent laisser leurs enfants gambader quand on les sait à proximité, et je connais même certains adultes qui ont été victimes de leur incivilité. Si vous ajoutez à cela le bruit et l’odeur, comme l’a dit le poète, il y a de quoi devenir fou.

L’heure est grave. Il faut agir. Je propose de lancer une initiative populaire pour l’interdiction totale du trafic motorisé en ville.

Oui, les voitures sont partout avec leur cortège de gaz d’échappement, de particules fines, de pollution sonore intolérable. Déjà l’espace public n’est plus qu’un lointain souvenir, occupé qu’il est par la présence incessante et débordante de la bagnole. Quiconque convoque à son esprit ce à quoi ressemblaient les rues de nos villes, il y a moins d’un siècle, ne peut qu’être terrorisé par la place qu’y ont prise ces monstrueux véhicules à quatre roues: non seulement il leur faut des rues pour circuler, mais aussi des espaces gigantesques pour stationner. Non contents de disposer d’au moins un tiers de la surface urbaine, les conducteurs considèrent évidemment que les pistes cyclables, et les trottoirs, constituent des places de parc supplémentaires.

L’insécurité est permanente et la circulation automobile est responsable de nombre d’accidents, blessures et décès, à la fois directement, mais aussi en polluant notre atmosphère et en empoisonnant l’air que nous respirons. Le véritable danger en ville, ce ne sont pas les misérables dealers ou les douze pauvres hères qui font la manche et que l’on va pourtant chasser à grands renforts de règlements municipaux, ce sont les bagnoles et leurs lobbys. Personnellement, je n’ai jamais été renversé par un mendiant; ce qui m’a valu un bras cassé, c’est un véhicule automobile qui a coupé ma route.

Mes chères concitoyennes, mes chers concitoyens, nous ne sommes pas des extrémistes! Notre initiative permettra des dérogations en cas de nécessité. Pour les services d’urgence, certaines livraisons, certains transports de personnes, des autorisations pourront être délivrées. A vrai dire, nous pourrions même tolérer l’utilisation de petits véhicules électriques à la vitesse et au bruit limités; ce que nous pourrions appeler le stade Zermatt de la circulation urbaine. Mais, pour l’essentiel, nous ne ferons pas de compromis. La sécurité et le bien-être en ville sont à ce prix. Ceux qui aujourd’hui nous appellent de dangereux utopistes sauront reconnaître demain les bienfaits d’une ville à la mesure de l’être humain, où les enfants peuvent courir en sécurité et où respirer l’air n’est plus un pas vers la tombe.

Je ne doute pas que cette proposition pleine de bon sens sera reprise par toutes celles et tous ceux qui cherchent sincèrement à accroître la sécurité et la qualité de vie en ville, en s’attaquant au vrai problème plutôt qu’en perdant du temps à stigmatiser quelques dizaines de miséreux.

Romain Felli

Chronique parue dans Le Courrier, 11 juillet 2013
 

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