La déshumanisation de L'Etàt

Dés la période coloniale, aux premiers génocides. De la révolution industrielle aux super industries et l'esclavage du travail, du capitalisme. En différentes époques, pour différents motifs, sans la déshumanisation toutes les brutalités de notre histoire mondiale ne serait pas achevées.

Gilet Jaune à Montpellier, acte XXI © Ricardo Parreira Gilet Jaune à Montpellier, acte XXI © Ricardo Parreira

 

Le monde agonise, les riches s'enrichissent et les pauvres s'appauvrissent.

Les derniers rapports montrent que la fortune des 26 plus riches, équivaut à celle des 50% les plus pauvres du monde, soit 1 400 000 000 de personnes. En France en 2016, environ 9 millions de Français vivaient en dessous du seuil de pauvreté, selon l'INSEE. Ce taux représente 14% de la population et atteint 19,8% pour les moins de 18 ans, soit un enfant sur cinq.

"Les gouvernements, selon Oxfam, exacerbent les inégalités "en ne fournissant pas les fonds nécessaires aux services publics tels que l'éducation et la santé. Accordant des avantages fiscaux aux grandes entreprises, aux riches et ne freinant pas l'évasion fiscale"."

Face aux difficultés de la vie, des révolutions sociales émergent, les gouvernements réagissent et les lois deviennent plus sévères. Depuis les années 2000 jusqu'à nous jours un énorme paquet de lois liberticides ont étaient mis en place : (entre elles) la loi sur la sécurité quotidienne, LSI de Sarkozy 2006 Loi n° 2006-64, relative à la lutte contre le terrorisme, décret anti-cagoules 2009, 2010 la loi « anti-bandes », les Loppsi I et II, la loi antiterroriste biais pour l'Etat d'urgence permanent et récemment la controversée loi anti-casseurs.

Ces dernières 20 ans, la haute classe politique française a mis à sa disposition une série de "boucliers de défense" de leurs pouvoirs et obstinations autoritaires. Le pire, c'est qu'au-delà du caractère liberticide et répressif de toutes ces lois, le grand problème, c'est leur application dans le terrain. Les dérives sont énormes. L’état possédé par une anxiété névrotique, utilise toutes ces lois et bien d’autres (plus anciennes), pour réprimer et détruire toutes les oppositions politiques, écologistes, activistes, médiatiques, etc.

La liste des exemples est déchirante : les émeutes de 2005 dans les banlieues françaises. 2005-2006, mouvement étudiant et lycéen contre la loi Fillon et contre le contrat première embauche (CPE). Manifestations contre la LRU. Émeutes de Villiers-le-Bel. Les indignés Parisiens en 2010. À partir de 2011 avec la crise syrienne, persécution des réfugiés et des activistes. Opérations à Notre Dame des Landes à partir de 2012, Bure, Sivens, Cop21, etc. En toutes ses mouvements et bien plus d'autres, les lois "antiterroristes", étaient adaptes pour réprimer les écologistes à Bure, pendant la Cop21, ou mettre en place des barrages policières "illégals" à la frontière franco-italienne pour filtrer des réfugiés.

La déshumanisation

Nous avons beaucoup entendu parler de déshumanisation au cours des dernières guerres, des crimes des colonisations, de l'assimilation qui a été mis en pratique jusqu’aux années 90, par exemple, au Canada et en Australie. Tous ces crimes, nourris par l’idée d'une suprématie raciale/xénophobe de caractère nationaliste ou pas, issues de l'abus de pouvoir politique ou pour conquérir des territoires et des ressources, ont massacrée des populations partout dans le monde.

Cependant, ce n’est que le brut, le grossier des événements, l'extrême délire de la violence des États, des dictatures, des milices, etc. La forme des événements est toujours généraliste et implique un état, une force politique, etc. Néanmoins, le plus interressant à explorer c'est le fond, il est toujours lié à une puissante classe sociale, dotée du pouvoir de modeler les lois et de maintenir sa légitimité par le biais d'un pouvoir politique, militaire, économique, financier et social.

Nous avons entendu parler, et même expérimenté la déshumanisation dans les bureaux publics, les hôpitaux ou dans le travail. Les êtres humains sont vus comme des chiffres, un code-barres, des machines à produire. Dans nos quartiers, nous avons été victimes d'un processus de gentrification implacable, nous n'étions pas expulsés, mais la bourgeoisie que tout acquiert impose un niveau économique que nous ne pouvons pas suivre. Alors nous partons...


Créée par des hautes classes sociales, la déshumanisation est un virus à plusieurs souches, inséré dans plusieurs domaines. Cependant, concentre-nous sur cette souche politique "super-puissante" qui touche et occupe toutes les structures de l'État. Cette haute classe a perdu, ou peut-être jamais eu, le respect et la considération pour les classes les plus défavorisées du système, en particulier la classe ouvrière, qui est devenue plus en plus jetable et inutile. Aux yeux de l'État et des entreprises ; ces personnes, ces fragiles familles, doivent s'adapter au nouveau monde technocratique, où la force robotique et numerique remplace le pouvoir humain. L’idée, dont les détenteurs du pouvoir sont responsables du bien-être social, des affamés, des discriminées et de ceux qui travaillent 50 heures par semaine pour nourrir leurs enfants, c’est désormais une question de chiffres. Si 14 % de la population française a la corde au cou, ce n'est pas vraiment un problème de l'Etat, vu qu'il y a 86 % qui vont très bien. Si 100 000 gilets jaunes se manifestent chaque week-end, nous devons les réprimander, stigmatiser, puisqu'ils représentent une petite partie de la population.

Le vrai visage de l'Etat, cynique et qui vis à travers des processus démocratiques corrompus, à titre d'exemple l'élection d'Emmanuel Macron. Est le visage d'une démocratie insensible et tyrannique, capable de tuer et de détruire des milliers de familles pour le bien-être d'une partie de la population (la classe moyenne) et le luxe d'une minorité de requins multimillionnaires. Ce type de pirouette démocratique révèle que ce n'est pas le people qui élit, mais plutôt une petite classe sociale qui fait pivoter ses éléments afin de toujours détenir le pouvoir.

La déshumanisation de l'État ne peut qu'être guérie par un système de choc psychologique et par un puissant antibiotique social visant à éliminer les ambitions mégalomanes de ceux et celles qui occupent ces postes et qui disposent de pouvoirs législatifs, exécutifs et judiciaires.
La déshumanisation de l'État est tangible lorsque des centaines de manifestants ont été victimes de violences policières et que l'Etat refuse de l'assumer. La déshumanisation de l'État se produit lorsque l'État prélève des taxes très élevées qui touchent principalement les pauvres et ouvrent les portes du ciel aux riches qui s'enrichissent encore davantage.

Beaucoup d'atrocités qui nous hantent du passé, sont aujourd'hui déguisées sous la couverture insidieuse de la démocratie néolibéraleLes grands maux ne sont pas ceux qui nous attaquent brutalement, mais ceux qui s'introduisent discrètement dans nos vies sans créer de résistance. Pendant de nombreuses années la société civile était aveugle à les lois liberticides, la destruction de l'état social etc., classe moyenne qui pense qu'elle est protégée, répond : ce n'est pas ma préoccupation, je ne suis pas touché par cela.

Le monde est au bord d'une crise économique mondiale, ce qui se passe aujourd'hui en France a commencé en 2008 pour de nombreux autres pays. Voir la "classe moyenne" discréditer les Gilets Jaunes qui se battent pour une justice sociale, car ils ont encore un peu de pouvoir d'achat, révèle non seulement un manque de tact et d'égoïsme, mais aussi une perte de sensibilité humaine.

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