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Le Club de Mediapart ven. 26 août 2016 26/8/2016 Édition de la mi-journée

Projet Macron: en route pour l'esclavage ?

Un tel projet ne doit pas seulement être analysé pour ce qu’il est, il faut aussi le traduire avec nos mots, tant depuis une trentaine d’années la syntaxe patronale a envahi lois, accords collectifs, médias et hélas de plus en plus souvent contaminé le discours des « partenaires sociaux ».

Un tel projet ne doit pas seulement être analysé pour ce qu’il est, il faut aussi le traduire avec nos mots, tant depuis une trentaine d’années la syntaxe patronale a envahi lois, accords collectifs, médias et hélas de plus en plus souvent contaminé le discours des « partenaires sociaux ». Des licenciements pour motif économique aux plans de « sauvegarde de l’emploi » en passant par les plans « sociaux », du chômage partiel à l’ « activité partielle », de l’exploitation des travailleurs à la « compétitivité », des qualifications collectives aux « compétences » individuelles, du droit à la formation à l’obligation de « formation tout au long de la vie », des contrats de merde aux « contrats courts » ou « aidés », du revolver sur la tempe au « dialogue social », il est difficile d’échapper complètement au lavage de cerveau quotidien qui leur permet d’affirmer sans honte et sans grand risque d’être vraiment contredit que ce qui est noir est blanc.

Reste enfin la tactique qui consiste à mettre en avant, pour cacher le reste, ce qui fera discussion, en boucle, dans les médias : le travail du dimanche. Qu’on limitera ensuite volontiers à la question du nombre à la discrétion du maire (5 ou 12), ce qui permettra ensuite, en fonction du rapport de forces à trouver un nombre (7, 9 ?, déjà le projet déposé est passé de 12 à 7) qui apparaîtra comme un compromis et pourra laisser l’impression qu’il y a eu finalement beaucoup d’agitation pour rien.

D’où l’urgente nécessité de détailler ce « rien » en mettant en lumière une des dispositions du projet MACRON qu’aucun média n’a relevé, bien que le bureau national du PS ait été dûment alerté par Gérard Filoche : le projet déposé à l’Assemblée nationale prévoit rien de moins que de supprimer le droit du travail : il s’agit de la modification discrète de l’article 2064 du CODE CIVIL et de l’abrogation de l’article 24 de la loi n° 95-125 du 8 février 1995 relative à l’organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et administrative. 

Au vu de la place de ces modifications dans le projet déposé à l’Assemblée nationale (Chapitre II DROIT DU TRAVAIL section I Justice prud'homale - article 83), l’interprétation de l’intention est peu douteuse : le « volontariat » des salariés pourrait désormais permettre à l’employeur de s'exonérer de la loi et des accords collectifs, du moment qu'avec le salarié ils règlent leurs litiges par convention entre eux !, les prud'hommes étant alors dessaisis.

C’est un retour à 1804.

Le droit du travail repose sur la réalité de l’exploitation des travailleurs qui, en langage juridique est nommée « subordination ». Le salarié est aux ordres, soumis à son employeur pour son embauche, son contrat, l’exécution de son contrat et son licenciement. L’exact contraire du droit civil dans lequel les deux parties sont à égalité. Il a donc été ajouté dans le code civil actuel que les contrats de travail étaient exclus de ce droit entre égaux, le code du travail servant précisément à limiter pour partie l’arbitraire patronal.

Le projet MACRON, sans qu’aucun média ne le soulève, abroge l’alinéa qui, dans le code civil, exclut les contrats de travail. Ce n’est ni plus ni moins que la suppression du droit du travail. Un retour au code Napoléon, et à la loi Le Chapelier : plus aucune entrave à la liberté d’exploiter. Il suffira au patron, pour chaque litige, d’obtenir « l’accord » du salarié et aucun juge, prud’homal ou non, ne pourra venir troubler cet « accord » au nom d’un quelconque droit du travail. Travailler le dimanche, la nuit, 12h par jour, 60h par semaine, pour un demi-SMIC…du moment que le salarié est « d’accord ».

A y regarder de près, cette incroyable tentative du gouvernement et du MEDEF n’est pas si nouvelle : elle est ici et là inscrite déjà dans de plus en plus nombreuses dispositions du droit du travail, qu’il s’agisse d’ « accords collectifs » signées par des organisations syndicales et/ou de lois : ainsi, dès décembre 1981, un accord collectif permettait de faire faire 12 h x 12 jours = 144 h à un salarié agricole avec son « accord », l’ANI du 11 janvier 2013 et la loi du 14 juin 2013 permettent de ne pas respecter le plancher de 24 h avec l’ « accord » du salarié. Et, pour le travail du dimanche, il serait, pour l’essentiel, réservé aux « volontaires ». Ce « volontariat », dont Gérard Filoche ne cesse de répéter qu’il n’existe pas en droit du travail, on en mesure toute l’irréalité quand l’ex présidente du MEDEF n’a pu trouver mieux que l’oxymore de « soumission volontaire ».

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Tous les commentaires

Allons bande d'ingrat ne voyez vous pas que notre président de la république Gattaz et son fidèle compagnon Macron ne font ce qu'il font que pour votre intéret (mdr). Ils pensent pour vous, ils travaillent pour vous, ils magouillent pour vous, et tous ça c'est dans votre intéret ;pour vous rendre une vie plus facile;STOP REVEILLEZ VOUS.Ils vous  font avaler des somnifères à haute dose avec l'aide des journalistes de la presse télévisée radiophonique et écrite ( TF1 FRANCE2 ect : RTL RMC ect: LE FIGARO LE MONDE LE POINT  ect:A l 'exception de MEDIAPART LE CANARD ENCHAINE CHARLIE HEBDO qui eux ne leur servent pas la soupe. Macron est le faire valoir du gouvernement qui a été mis là pour vous faire avaler cette soupe infecte  et ca marche ( même l'animal le plus débile n'en voudrait pas).Ou sont passées vos  valeurs celles qui vous faisaient  vous lever, qui vous révoltaient,  cette hargne qui à animée la révolte de 1789, cette volonté qui vous fit lever à l'unisson en mai 1968 pour ne plus connaitre ces injustices, pour que votre travail soit reconnu, pour une égalité entre femmes et  hommes .Si il est vrai que le monde avance que depuis 1968 les prérogatives ont changées ,les cerveaux qui nous gouvernent en sont restés avant 1936 ou le front populaire n'était qu'a l'état embrionnaire et en plus ca marche sur vos cerveaux embrumés par le dictat des politiques qui vous tiennent par une espèce de psychose de la crise qui ne touche que les pauvres les classes moyennes et les sans dents,et au contraire ne touche pas le monde de la finance ni celles des politiques qui se gardent bien de  réformer tous les avantages qu'il ce sont attribués, mais qui appauvrit de plus en plus son peuple pour qui soit disant c' est pour son bien.Malheureusement seul la révolution pourra tout changer et certainement pas les belles paroles de la famille le pen ainsi que celles de tout les politiques qui nous gouvernent et qui nous ont gouvernés depuis plus de 40 ans (Sarkosi juppé fillon hollande valls fabuis ect:ect:ect:)  Abon entendeur salut.

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