Ode au mauvais temps

La chaleur en été est-ce le beau temps ?

Avant, au siècle dernier, lorsque l'on voulait avoir une idée du temps, on se mettait à sa fenêtre et on était fixé et lorsque l'on habitait à la campagne on regardait de surcroît la posture des vaches dans les près, étaient-elles couchées sous les arbres et puis il y avait les dictons qui se vérifiaient ou pas, il y avait Saint Médard et son faux ami Saint Barnabé.

Aujourd'hui, lorsque l'on désire connaître le temps du jour on commence par se connecter et consulter un site dédié à la météo afin de savoir comment s'habiller et si en sortant on constate que le temps ne correspond pas à celui prévu par météo France on est en colère et on pense que ce n'est pas très normal que le climat ne s'ajuste pas à la prévision, c'est vrai quoi, si météo France dit qu'il fait beau il doit forcément faire beau alors c'est quoi ce crachin !

Au fait c'est quoi le beau temps ? Est-ce lorsque le soleil tape si fort pendant des semaines au point de dessécher les olives pas encore à maturité ? Est-ce lorsque la canicule décime les personnes âgées ou fragiles ? Est-ce lorsque le thermomètre bat des records à tour de bras la nuit comme le jour ? Faut croire car lorsque les présentatrices et présentateurs météo  annoncent que l'anticyclone nous promet encore des jours et des jours de chaleur intense ils et elles arborent un immense sourire que l'on doit considérer comme rassurant, c'est une bonne nouvelle, il va faire très très chaud. Donc le beau temps c'est quand on crève de chaud au boulot, quand les paysans voient le blé se ratatiner et leurs revenus s'écrouler et lorsque les vieux cassent leur pipe pour cause de déshydratation.

Faut-il que nous soyons devenus totalement débiles pour croire que, comme dans la chanson,  la misère est moins pénible au soleil. Les sans-abri meurent aussi en été.

Lorsque l'anticyclone faiblira et cela va se produire, nous verrons alors le visage de nos présentateurs météo devenir tristes, tristes comme un jour sans soleil abattus devant la carte ennuagée, l'automne sera là, menaçant comme un gros cumulus tout gris, tout dégoulinant. Quelle horreur la pluie, le malheur liquide , le bronzage en berne, les flaques d'eau, ce salaud d'anticyclone qui est reparti là où il fait beau !

Je vous le dis franchement, j'en ai ma claque de l'été, du soleil, du barbecue, des marmots qui hurlent dans les piscines, des 35° à l'ombre et des nuits moites. Je rêve de fraicheur, de tapis de mousse, de salamandres qui traversent le chemin, je rêve de voitures qui ne circulent pas vitres ouvertes ou capotes baissées avec la musique à fond, j'ai hâte des petits bistrots aux terrasses soigneusement remisées pour 6 mois et je m'impatiente de pouvoir manger de la carbonnade

 © richard villoria © richard villoria
à la kriek. Vivement l'automne aux couleurs de feu puis l'hiver au coin du feu, j'ai hâte que l'on ne parle plus de birkini sur la plage, j'ai hâte de remettre mon imper et mes confortable chaussures aux semelles de crêpe car j'en ai ras le bol de mes tongs qui me blessent entre les doigts de pieds !

Quand le "mauvais temps" arrivera sachons l'accueillir avec bonheur et voir tout ce qu'il nous amène de bon. Et si le mauvais temps était en réalité le beau temps ?

 

 

 

 

 

Huile sur toile 1m x 0,80

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.