2017, l'année du désastre

Le mot le plus écrit et prononcé par les médias et le monde politique en cette rentrée et même avant est sans conteste le mot "islam". C'est obsessionnel, un mantra, une formule magique peut-être destinée à faire de l'audience pour les uns et destinée à rapporter des suffrages pour les autres.

Islam est le mot clé de la campagne présidentielle qui commence ; tout comme le burkini qui sert à dissimuler davantage encore les piteux chiffres du chômage (malgré les bidouillages des pseudos stages et cie) que le corps de celles qui le portent, islam est l'autre mot magique qui devrait pouvoir cacher la misère des projets politiques qui règne dans le pays à quelques mois de l'élection majeure. En réalité qui est dupe ? La manœuvre est énorme et bien sûr les prétendants au titre des trois principaux partis s'emparent du sujet et ne le lâcheront  pas facilement, c'est l'os à ronger de la rentrée.

Pour le FN ce n'est pas nouveau, la stigmatisation est son fond de commerce depuis toujours donc rien de neuf de ce côté là ; itou pour Nicolas Sarkozy qui utilise le truc depuis la précédente campagne ; l'identité nationale est plus qu'à cette époque encore sa carte maîtresse, croit-il, pour siphonner les voix des électeurs de Marine Le Pen. En revanche c'est nouveau pour le PS qui d'habitude ne mangeait pas de ce pain là mais Valls est à la manoeuvre et il s'en donne à cœur joie depuis que le fameux burkini a fait son apparition sur quelques plages de ce torride été 2016.

Quel est le point commun entre les deux partis de gouvernement concernant cette hystérisation du débat autour de l'islam et du burkini ? C'est qu'ils ont le même intérêt à faire diversion car pendant qu'on scrute et que l'on comptabilise les burkinis sur les plages on oubli de comptabiliser le nombre de chômeurs et on oublie aussi de compter ce qu'il nous reste dans le porte-monnaie à la fin du mois et souvent ce n'est pas bésef. Le précédent président a le même intérêt que l'actuel car bien entendu il préfère qu'on l'interroge sur le burkini et l'islam plutôt que sur ses échecs de sa mandature ou sur les casseroles judiciaires qui tintinnabulent sur son passage.

Donc les "ténors" de la politique française affectionnent ce débat délétère à haut risque ce qui est de leur part totalement irresponsable car les citoyens qui pourraient souffrir d'un déficit d'esprit critique regarderont le doigt plutôt que la lune.

Les mots et les maux : Islam et burkini sont des mots et ils en font des maux. Il ne s'agit pas de nier le problème de l'islamisme radical mais faire du burkini l'ennemi public numéro un est stupide et contre productif comme heureusement certains esprits encore lucides à gauche le soulignent actuellement (Jack Lang et Anne Hidalgo aujourd'hui même). La fracture existe au sein même du gouvernement entre par exemple Marisol Touraine et Najat Vallaud Belkacem qui s'opposent à Manuel Valls sur ce sujet ; le président fera la synthèse !

Pourtant les vrais sujets ne manquent pas pour animer le débat de cette prochaine élection. Aux journalistes de faire le boulot ; le feront-ils ? Ils n'en prennent pas le chemin car les parts de marché à ne pas perdre leur indiquent un autre chemin, hélas pour la démocratie.

Quels sont les vrais sujets ? Vous les connaissez. La canicule nous met le nez sur le sujet peut-être essentiel qui est le climat et les choix politiques à faire en priorité. Une politique axée sur les urgences en matière d'écologie s'impose. Est-ce au cœur des programmes pour ce qu'on en connaît pour le moment ? Non. Les autres sujets dont ils ne parlent pas : La santé, sujet essentiel aussi et l'éducation ; N. Sarkozy va s'occuper de ces deux sujets en sabrant des postes dans la fonction publique ; n'a-t-il pas précisé lors de son intervention au JT de la première chaîne que l'ensemble des secteurs de la fonction publique serait impacté sauf la défense. On est prévenu, on ne pourra pas dire qu'on ne savait pas. Bien sûr l'emploi est un sujet essentiel mais que peuvent-ils promettre depuis que le président Hollande s'est ramassé avec son inversion de la courbe ?! Quel candidat osera promettre quoi que ce soit en matière d'emploi ? Aucun et en cela ils s'avouent perdants d'avance. Là aussi nous sommes fixés.

Le débat politique est au ras du sable des plages bientôt désertées et sur l'une d'entre-elle restera oublié un pauvre burkini qui aura été abandonné par une vacancière sur injonction policière.

Triste rentrée qui ressemble davantage à une sortie, la sortie d'un président qui n'a pas su être fidèle à ses intentions de campagne.

Quoi après ? Un retour de la droite en mai avec les trop vus et entendus Hortefeux, Fillon, Copé, Mariton, Estrosi, Dati, Morano,Goasguen et j'en passe. Ils seront ministres, secrétaires d'état.

Le président en charge actuellement  pourra se retirer sur l'île de Ré à moins qu'il ne souhaite prendre sa revanche sur Sarkozy en 2022 ; Un jour sans fin !

Bon courage !

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