Il n’y a pas de Grand Soir sans petit matin

Les « supporters » de la classe ouvrière, espèrent chaque grève générale, comme la finale du match, entre exploités et exploiteurs. Ca n’est pas le sens que lui donnaient, les anarchistes, anarcho-syndicalistes, et syndicalistes révolutionnaires  du début du siècle. Et cette vision, est encore moins fondée aujourd'hui.

Il n’y a pas de Grand Soir sans petit matin.

Les « supporters » de la classe ouvrière, espèrent chaque grève générale, comme la finale du match, entre exploités et exploiteurs.
Ca n’est pas le sens que lui donnaient, les anarchistes, anarcho-syndicalistes, et syndicalistes révolutionnaires  du début du siècle.
Alors même qu'ils représentaient une fraction très importante et parfois localement majoritaire du mouvement ouvrier.
Et cette vision, est encore moins fondée aujourd’hui.

Le Capitalisme a fabriqué, entre ses victimes, des différences de revenu, et de conditions d’accès à la culture telles, qu’un mouvement égalitariste, va se heurter directement aux intérêts de ceux, de ses salariés,  dont il a acheté la collaboration et l’indifférence.
Comme ils ont totalement intégré la notion de partage inégal, à somme constante, ceux qui s’imaginent faire partie des « classes moyennes », se retourneront toujours au final, contre les partageux.
Alors même que ce sont eux, qui forment les gros bataillons, de ceux qui contestent les formes les moins admissibles du capitalisme.
Comment ne pas voir dans l’écologisme bourgeois, une défense de la qualité de « son » alimentation, et de « ses » Week End à la campagne ?
Le Bio, pour quelques-uns, est la condition nécessaire, pour pouvoir tranquillement vendre de  la bouffe frelatée au le plus grand nombre, en restaurant les marges des super-marchés.

Dans ce paysage, comment imaginer qu’après un coup de barre de fer magique, le pays se retrouve majoritairement d’accord, pour en finir avec une société de classe, qui a su corrompre et associer une partie de ses victimes, et pousser à l’indifférence résignée le plus gros des autres ?

C’est dans le quotidien que se trouvent les vraies ruptures, pas dans les happenings, qui ne peuvent au mieux, que servir de catharsis pour les révoltés, et de tremplin pour les bureaucrates.
Ceux dont le métier est de discuter avec les pourris, et de négocier les armistices,  échangeront nos rêves contre 10%, et on se fera une raison, jusqu’à la prochaine.

La Grève Générale, est et doit rester, un moment festif collectivisé, le plus intense possible, dans des vies de lutte.
Ca n’est ni une fin, ni un commencement, c’est juste la vraie fête de l’humanité.

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