L'état de guerre sans guerre entre les Etats

Après les grandes mutations, dues successivement au charbon, au pétrole, puis à l'électricité, qui ont chacune été suivies d'une mise à niveau sanglante des "forces productives", nous vivons celle, tout aussi importante, de l'automatisation du productif, et de la virtualisation totale du financier.

Petites définitions:
- Une Superstition, c'est la justification inexplicable, par ce que transcendante, qu'une Bureaucratie donne de la légitimité de sa domination.
Ca n'est différent d'une Idéologie séculière, que par le fait que contrairement à l'idéologie, une superstition, peut se passer d'explications douteuses, et se sert dignement d'un bourre et bourre et ratatam farfelu, dans les karaokés qu'elle interprête pour célébrer sa clairvoyance.
Faut-il vraiment prendre les économistes, clercs ou simple zélotes, au sérieux ?
Ils voient des crises partout.
Expliquer les cycles d'hystérisation de la prédation, par des contraintes imprévues fait partie intégrante de leur métier, mais quand même, l'absence totale de cynisme, n'est pas suffisant pour expliquer la cécité.
On peut toutefois les comprendre, si une crise existe, c'est bien une crise de l'Economie, du Principe Economique, devenu superstition, qu'il s'agit, et pas une crise économique.
La recette utilisée ici est assez banale, pour noyer le pécheur d'information, il suffit d'inverser la chronologie, de la "crise sanitaire", et de la "crise économique".
L'Industrie de fabrication de milliards imaginaires, à qui ont doit la "délocalisation", et n'a pas été démantelée depuis, et était en pleine crise de surproduction.
Il était impératif d'offrir une solvabilité aux océans de fric fictif, nés de l'échange copulatoire de valeurs imaginaires.
Et ce sont les Etats privatisés, présumés solvables, qui se sont chargés de la distribution.
Tout le monde sait bien que la "crise", c'est juste une phase obligée et périodique de la vie de l'Economie.
On appelle "crise", le moment ou l'économie a un besoin vital de récupérer de force, tout ce qu'elle a du concéder en salaires et en dividendes versés à son petit personnel, non indispensable.
C'est le cas lors de mutations technologiques majeures, et cette opération est nécessaire pour détruire l'obsolète et le non concurrentiel, humain et industriel, et mobiliser des capitaux suffisants pour reconstruire à neuf.
Avant la grande unification économique, la privatisation des Etats, et l'interdépendance économique totale des pays, ça prenait souvent la forme apparence de guerres de destruction, suivies de reconstructions.
Après les grandes mutations, dues successivement au charbon, au pétrole, puis à l'électricité, qui ont chacune été suivies d'une mise à niveau sanglante des "forces productives", nous vivons celle, tout aussi importante, de l'automatisation du productif, et de la virtualisation totale du financier.
Mais la guerre est devenue impossible entre complices, entre clients et fournisseurs.
Alors la nécessaire guerre aux obsolètes, humains et techniques, doit utiliser une autre forme.
Cette forme c'est l'Apocalypse, ça n'est pas très original, mais manifestement ça fonctionne toujours.
Remercions les écologistes, pour avoir renouvelé le concept inventé par les religieux, depuis 50 ans, sans leur patient travail de présentation de multiples apocalypses ratées, peut-être que cette série sur la fin du monde, n'aurait pas eu le succès qu'elle connaît aujourd'hui.

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