Le fondement de la critique anti politique est : c'est l'homme qui fait la politique, ce n'est pas la politique qui fait l'homme.
Certes, la politique est la conscience de soi et le sentiment de soi qu'a l'homme qui ne s'est pas encore trouvé lui-même, ou bien s'est déjà reperdu. Mais l'homme, ce n'est pas un être abstrait blotti quelque part hors du monde. L'homme, c'est le monde de l'homme, l'Etat, la société. Cet Etat, cette société produisent la politique, conscience inversée du monde, parce qu'ils sont eux-mêmes un monde à l'envers. La politique est la théorie générale de ce monde, sa somme encyclopédique, sa logique sous forme populaire, son point d'honneur spiritualiste, son enthousiasme, sa sanction morale, son complément solennel, sa consolation et sa justification universelles. Elle est la réalisation fantastique de l'être humain, parce que l'être humain ne possède pas de vraie réalité.Lutter contre la politique c'est donc indirectement lutter contre ce monde-là, dont la politique est l'arôme spirituel.
La détresse politique est, pour une part, l'expression de la détresse réelle et, pour une autre, la protestation contre la détresse réelle. La politique est le soupir de la créature opprimée, l'âme d'un monde sans coeur, comme elle est l'esprit de conditions sociales d'où l'esprit est exclu. Elle est l'opium du peuple. L'abolition de la politique en tant que bonheur illusoire du peuple est l'exigence que formule son bonheur réel. Exiger qu'il renonce aux illusions sur sa situation c'est exiger qu'il renonce à une situation qui a besoin d'illusions. La critique de la politique est donc en germe la critique de cette vallée de larmes dont la politique est l'auréole.
Ca marche aussi super bien avec «l’économie».
Billet de blog 8 mai 2017
La politique est l'opium du peuple
Ca marche aussi super bien avec «l’économie».
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