Le pays du mensonge déconcertant a résisté 45 ans, à l’aveu public du mensonge stalinien et à ses suites.
- 1956 Rapport Kroutchev, 1973 Soljenitsyne Archipel du Goulag,1978 Chalamov Récits de la Kolyma.
L’empire du mensonge concerté, aura lui tenu presque 60 ans, après à les dénonciation de Debord
- 1967 Société du Spectacle - 1975 Véridique Rapport sur les dernières chances de sauver le Capitalisme en Italie- 1988 Commentaires sur la société du spectacle.
L’URSS s’est effondrée, en surprenant la totalité des analystes occidentaux, par ce qu’ils imaginaient, que la caste dirigeante soviétique, était dotée du même instinct de survie bureaucratique, que celui qu’ils constataient chez eux, pour leur propre caste dirigeante.
Ce qu’ils sous estimaient, c’est le niveau de corruption déjà atteint en URSS en 1991, et notamment celui du Lobby militaro industriel et du KGB.
L’implosion de l’URSS, s’est passée «calmement », par ce qu’elle ouvrait des perspectives fabuleuses, aux corrompus d’URSS et d’ailleurs.
En quelques mois, la totalité du produit du travail de 4 générations d’exploités, a été distribué au nouveau Crime Economique Organisé Russe, devenu rapidement multinational.
Nous n’aurons pas cette « chance » une deuxième fois, si tant est que s’en est une, par ce que l’actuel effondrement des USA, intervient dans un pays totalement ruiné, et qui a toujours revendiqué comme moteur, la plus décomplexée des violences.
Le Crime Economique Organisé US, est déjà au bout de ce qu’il peut voler chez lui, et ne voit plus de solution, pour continuer l’accumulation, que le chaos interne et la guerre externe.
Les USA se sont construits, d’abord sur un génocide et son complément: l’esclavage, et ensuite sur l’exploitation sans limite d’une main d’œuvre émigrée, à qui on promettait la possibilité de passer un jour dans le camp des exploiteurs.
Le tout appuyé sur une industrie du mensonge, d’une puissance sans aucune comparaison, religieuse d'abord, du spectacle ensuite.
Avec la « mondialisation » les USA se sont débarrassés du plus gros de leur appareil de production.
Ils ont confié la production de valeur, au parasitisme sur les flux.
Ca n’était pas franchement une nouveauté, les plus grandes fortunes US, sont issues de ce mode de prédation.
Mais là, c’était à une autre échelle, et ça ne concernait plus seulement une autophagie, c’est le plus gros des besoins du pays, qui est devenu « importé ».
Les limites de cette évolution sont évidentes, l’équilibre du Capitalisme repose sur la capacité d’acheter avec son salaire, une fraction de ce qu’on produit.
Quand on ne produit plus rien, que des discours d’accompagnement, le carburant salarial, doit être collecté là ou il existe.
Ou alors il faut le fabriquer sous forme d’argent imaginaire, qu’on distribuera selon la criticité des revendications.
Et à la limite de ça, pour tenter de combler les gouffres, c’est un retour à une prédation externe tous azimuts, par une taxation des importations venant de ses colonies, ou même un retour à l’impérialisme de conquête du XIX siècle.
Le principal point commun, entre les deux effondrements, c’est la situation de déséquilibre entre la production idéologique, et la production de valeur.
L’URSS était le champion incontesté du mensonge « communiste », alors que les USA sont le champion incontesté du mensonge Libéral.
Dans les deux empires, l’industrie de production mensonge, est et était partie prenante de la direction du pays, tous les dirigeants soviétiques sortaient des écoles du parti, tous les dirigeants « Libéraux » ont été biberonnés par Hollywood.
Aux USA comme en URSS, cette industrie épuisée, ne peut plus proposer que des remakes.
Mais l’URSS hier, comme les USA aujourd’hui, ont perdu tout leadership économique, dans leur propre empire.
Leurs mensonges respectifs, ne peuvent plus s’appuyer que sur eux-mêmes, et l’appétit des prédateurs ne peut plus s’orienter que vers le cannibalisme.
Il y avait beaucoup à espérer du pillage de l’URSS, il n’y aura rien à retirer du pillage des USA.
Le butin possible est très disputé, c’est ce qui explique le niveau de violence inter-bureaucratique et sociale, aux USA.
Mais l’Histoire ne repasse pas les mêmes plats.
La solution de l’extension impérialiste du XIX et XX eme siècle, concernait des pays en pleine croissance industrielle, pas des pays ruinés, qui ne produisent plus que du discours et du fric imaginaire.
Les revenus tirés de la mondialisation vers l’orient, ont été utilisés pour fabriquer des monstruosités bureaucratiques, tant militaires que « civiles », et une gigantesque Classe bavarde, chargée de fabriquer et de faire circuler les fausses consciences de diversion.
Et ces appareils et ces castes, voient avec terreur leurs sources de revenus s’effondrer.
Même les flatulences sémantiques de l’IA, ne peuvent habiller cet effondrement d’un discours utilisable.
Des remèdes qui vont tuer le malade.
La seule explication possible du désastre, non culpabilisante, c’est qu’il est du à l’activité sournoises, d’ennemis, internes comme externes.
Et les bureaucraties, régnantes ou celles qui rêvent de les remplacer, n’ont pas d’autre solution que de rentrer dans ce jeu, pour le soutenir ou le critiquer.
Les deuxièmes ayant pour limites, que ce jeu doit continuer, pour que leurs revenus continuent aussi.
Pour pouvoir continuer à être gouverné par le Crime Economique Organisé, le pays doit être ingouvernable.
Pendant les interludes inter-électoraux, il devient impératif d'occuper les temps de cerveau disponible, en multipliant à l’infini, menaces imaginaires et indignations contrôlées.
Il n'y a pas de problème pour les trouver, c'est juste une question de sélection, il y a de la matière.
Il faut juste choisir un terrifique ou un abominable suffisamment concentré, pour éviter un élargissement du champ de la critique.
Quand c'est bien fait, et bien exploité, ça fournit de la posture et même du travail à des tas de gens.
Au bout de ce chaos, il y a bien sur la Guerre, mais seules ses victimes sont capables de la financer.
C'est là qu'est l'obstacle, c'est là, qu'il faut sauter.
Ou non.