Blow Up, tous les jours sur tous les écrans.

En 1966 Antonioni signait le film d’une époque. En développant une image aussi anodine qu’archétypique, deux amoureux dans un parc,  un photographe distingue une autre scène cachée, un meurtre.

Blow Up, tous les jours sur tous les écrans.

En 1966 Antonioni signait le film d’une époque.
En développant une image aussi anodine qu’archétypique, deux amoureux dans un parc,  un photographe distingue une autre scène cachée, un meurtre.
Après avoir déroulé tous les conformismes, et toutes les transgressions conseillées de l’époque, le photographe fini par admettre le faux monde, renonce à se poser des questions, et participe au final à un simulacre: Une partie de tennis sans balle.
Un peu moins de deux ans plus tard, un simulacre de révolution, remplacera la partie de tennis finale, et relancera toutes les autres parties factices.
Aujourd’hui,  on trouvera ça probablement symboliquement lourdingue, et pourtant c’est ce que nous faisons toute la journée, en acceptant de discuter « technique »,  avec des bateleurs de foire.
Nous avons une telle peur panique de l’exclusion tribale, que nous avalons les montages  les plus mal  ficelés.
Et comme on voit quand même que rien de tout ça ne fonctionne vraiment, on adopte les contestations autorisées et conseillées, pour ne pas trop s’éloigner du monde, ou on accepte du farfelu connexe, croyant retrouver là dedans une autre socialité.
Etre contre un truc qui n’existe pas, c’est encore avoir le droit de suivre le troupeau.
Les animaux aussi ne laissent pas de vide, dans les files d'attente des abattoirs.

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