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Billet de blog 7 octobre 2010

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Le syndrome du biscuit apéritif

Vous connaissez tous le syndrome du biscuit apéritif : une bonne chips saturée d'huile et de sel en appelle automatiquement une deuxième. Du coup ça donne soif, alors on reprend un verre, et ainsi de suite…

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Vous connaissez tous le syndrome du biscuit apéritif : une bonne chips saturée d'huile et de sel en appelle automatiquement une deuxième. Du coup ça donne soif, alors on reprend un verre, et ainsi de suite…

C'est infaillible, le sel (chlorure de sodium) donne soif. C'est aussi un exhausteur de goût pas cher qui masque la fadeur d'un certain nombre d'aliments industriels bas de gamme. Et puis, il y a l'effet d'accoutumance qui nous pousse à reprendre une chips, obligatoirement.

Son autre effet moins connu, mais bien plus dangereux, est qu'il augmente de manière significative la tension artérielle, première cause des accidents vasculaires, cérébraux ou cardiaques.

L'industrie pharmaceutique se sucre avec du sel.

Certains chercheurs ont constaté des liens entre les producteurs de sel et l'industrie pharmaceutique (Solvay est en effet un des 6 membres du Comité des salines de France). Ils soulignent que Solvay possède également une branche pharmaceutique qui aligne pas moins de cinq médicaments anti-hypertenseurs. Même si le sel est surtout un ingrédient nécessaire aux nombreuses transformations opérées par ce grand groupe de chimie, cette proximité est mal vue par certains, c'est une manière de vendre le poison d'une main et le contre-poison de l'autre (j'en parlais au sujet des statines il y a peu).

Un deuxième exemple est frappant, celui du Pansalt, un intéressant sel de substitution finlandais (comme le français Ksalt, une sorte de sel "light" dans la composition duquel d'utiles sels organiques de potassium remplacent le néfaste excès de chlorure de sodium). Racheté par Monsanto, son lancement est bloqué à la demande de Searle, la branche pharmaceutique du groupe (qui commercialise le Practon, agissant sur la tension artérielle). On notera que le marché des antihypertenseurs dépasse les 2 milliards d'euros par an en France.

Bien assoiffer pour mieux désaltérer

Autre liaison dangereuse, l'industrie alimentaire (dont la production représente 80 % de notre consommation de sel) contrôle aussi les boissons. Ainsi, Selon Pierre Méneton (Inserm),réduire la consommation de sel de moitié se traduirait par une diminution de consommation de l'ordre d'une cannette par personne et par jour.

D'où un manque à gagner certain pour les fabricants de boissons et d'eau en bouteille ! « Dans un pays comme la France, une réduction de 30 % des apports en sel entraînerait un manque à gagner de plus de 6 milliards d'euros par an pour l'agroalimentaire », souligne Pierre Méneton.

De plus, grâce à sa faculté de rétention d'eau, le chlorure de sodium augmente artificiellement le poids d'un certain nombre de produits, et en conséquence leur prix de vente au kilo.

Notre consommation de sel est ainsi le double de celle recommandée par l'OMS, et on estime à 5 milliards d'euros en France le coût de la prise en charge médicale des effets secondaires qu'elle induit.

Un lobby puissant qui préserve ses intérêts

Réunis dans une puissante association, Salt Institute, les géants de l'agroalimentaire et les industriels du sel organisent une contre propagande, en insistant sur les prédispositions génétiques des maladies vasculaires, et en déclarant que pour la moitié de la population la diminution du sel n'a pas d'influence.

Comme le souligne le professeur Graham MacGregor (London Saint George's Hospital Medical School), « il y a des intérêts industriels immenses à maintenir l'ajout de chlorure de sodium à un niveau élevé dans l'alimentation préparée (…) La stratégie déployée est en fait la même que celle utilisée dans les années 70 par les grandes firmes du tabac, qui niaient alors la relation entre la consommation de tabac et le cancer du poumon.»

Sources : Cité des Sciences, Le Point

Un article du Rimbusblog

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