Les sanctions de l'ONU renforcent la position de l'Iran

L'Iran sort en fait renforcé de l'épreuve contre les Nations-Unies.

L'ONU a bien adopté mercredi une quatrième série de sanctions contre l'Iran, mais derrière l'acte formel, la réalité est tout autre :

L'Iran a renforcé sa position diplomatique en s'assurant du soutien de ses deux nouveaux alliés Turcs et Brésiliens et de la neutralité du Liban qui n'ont pas voté la résolution. D'autre part, si la Russie a bien voté contre l'Iran, en réalité elle discute avec Téhéran de la construction possible de , devant suivre la centrale "Bouchehr" en phase de test, et qui doit rentrer en service . Et rien n'empêche à la Russie d'armer l'Iran en efficace, les missiles sol-air S-300, très utiles pour se protéger d'éventuels raids aériens hostiles.

Enfin, les relations commerciales avec la Russie ne devraient pas être affectées, selon le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, et l'embargo ne s'étendra pas au secteur du pétrole. Par ailleurs, Téhéran et Moscou pourront coopérer dans les domaines du transport, de l'espace et de la production d'électricité.

 

Dans ces conditions, on comprend les propos de Mahmoud Ahmadinejad qui a prétendu que cette résolution "ne valait rien" et qu'elle "n'était bonne que pour la poubelle".

 

 

- Mise à jour 12 h30 -

 

S-300, livrera ? livrera pas ?

Confusion dans la presse ce matin à ce sujet :

 

La fourniture de systèmes antiaériens S-300 russes ne tombent pas sous le coup des sanctions de l'ONU, notamment de la nouvelle résolution 1929 du Conseil de sécurité, a déclaré le porte-parole officiel du département d'Etat américain Philip Crowley nous précise ce matin.

 

"Je suis contre l'exécution du contrat (de vente de missiles S-300 à l'Iran), d'autant plus que cette résolution appelle à faire preuve de vigilance et de retenue en ce qui concerne d'autres types d'armements", a écrit M. Kossatchev sur son blog hébergé par le site de la radio Echo de Moscou, selon une .

 

, puisque le Parti libéral démocrate russe (LDPR) estime que le soutien accordé par Moscou aux sanctions du Conseil de sécurité de l'ONU visant l'Iran est une erreur, a annoncé vendredi aux journalistes le leader d'extrême droite Vladimir Jirinovski.

 

La liste des armements interdits à la vente à l'Iran sera définie par le décret présidentiel en cours de préparation, aux journalistes le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov.

 

La diplomatie russe semble souffler le chaud et le froid, alors qu'a lieu une importante réunion de l' (organisation de coopération de Changaï) qui doit statuer sur l'adhésion de l'Iran à l'organisation (dont il n'est encore qu'observateur). La récente condamnation de l'Iran par l'ONU pourrait rendre cette , selon un article des nouvelles modalités d'admission de nouveaux membres,

 

en Ouzbékistan à la réunion de l'OCS, où se trouve Hu Jintao et Dmitri Medvedev, est un signe de ce rejet d'une adhésion de l'Iran. Le président Iranien, , a signé en farsi le livre d'or du pavillon iranien, écrivant notamment: "Paix entre les peuples".

 

Hier, le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique, Ali Akbar Salehi, avait critiqué la Chine sur un ton très inhabituel à l'égard de cet allié qui dispose d'un droit de veto à l'ONU. "Je suis surpris par la Chine qui (...) accepte la domination (des Etats-Unis, ndlr)", a déclaré M. Salehi, avertissant que cette "attitude aura certainement des conséquences dans le monde musulman".

 

Mise à jour samedi 12 : Le premier ministre russe, V. Poutine, a déclaré "geler" la livraison des S-300, suite à sa rencontre avec N. Sarkozy. Il a laissé entendre qu'il pourrait acheter un porte hélicoptère "Mistral" à la France. L'avenir dira si ces promesses seront tenues.


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