Terreur à Donetsk

Ce matin, un message de mon contact à Donetsk m'a rassuré. Il a quitté la ville est s'est réfugié dans une petite ville voisine, hébergé chez un membre de sa famille.Alors que Donetsk est en train de tomber, que les républiques autonomes du Donbass on perdu leurs chefs, l'avenir est pour lui de plus en plus incertain. 

Ce matin, un message de mon contact à Donetsk m'a rassuré. Il a quitté la ville est s'est réfugié dans une petite ville voisine, hébergé chez un membre de sa famille.
Alors que Donetsk est en train de tomber, que les républiques autonomes du Donbass on perdu leurs chefs, l'avenir est pour lui de plus en plus incertain. 


L'armée Russe a-t-elle pénétré dans le Donbass, comme le signalaient cette nuit les reporters du Guardian , en profitant de la confusion autour du convoi humanitaire ? 
Il est trop tôt pour l'affirmer, mais les conséquences de cette action feraient franchir un terrible degré à cette crise. 

Pour les habitants de Donetsk, l'angoisse est permanente. Les obus s'abattent sur la ville depuis plus d'un mois, les victimes sont de plus en plus nombreuses. Si Donetsk tombe, quel sera l'attitude des vainqueurs ? Mettront-ils en prison les activistes coupables de russophilie ? Leur habitation sera-t-elle saisie ?
Voilà les angoissantes questions que se pose mon contact.

Les bataillons loyalistes qui les attaquent sont financées par des oligarques, comme Kolomoïsky, qui devient un véritable "warlord" contrôlant l'oblast central de Dnipropetrovsk, l'un des plus vastes du pays. 
L'argent de cet homme d'affaire richissime finance pravy sektor, et ce mouvement extrémiste et nationaliste, fort de ce soutien, lève des troupes de combat. Une dizaine de ces combattants ont été éliminés il y a 2 jours à Donetsk.

Kolomoïsky contrôle aussi le bataillon "Azov", qui a repris Mariupol, la grande ville portuaire au sud de Donetsk et qui participe au siège de la capitale du Donbass. Encadrée par des mercenaires (dont l'ancien légionnaire français Gaston Besson) grassement payés, l'armée qu'oppose Kiev aux insurgés de l'est s'apparente plus à une milice privée qu'à une armée nationale.

Mon contact est clairement pro-russe. Comme il me l'expliquait, il est né en URSS, le russe est sa langue naturelle… néanmoins, sa revendication n'est pas d'être intégré à la Russie, mais de vivre dans une fédération Ukrainienne rassemblant des états plus ou moins autonomes. La première décision du gouvernement autoproclamé d'Euromaïdan, qui voulait bannir le russe, a été ressenti comme une déclaration de guerre pour beaucoup d'habitants du Donbass, et a été un des éléments qui a motivé le mouvement autonomiste. Et après le bombardement subit depuis un mois, les centaines de victimes… comment le peuple du Donbass pourrait-il accepter, maintenant, la tutelle de Kiev et d'un état encore plus sous le joug des oligarques que jamais ?

La Rada de Kiev a, par ailleurs, voté jeudi une loi qui autorise des sanctions contre des entreprises et des citoyens russes accusés de soutenir les insurgés prorusses. La reprise en main du Donbass est en bonne voie.
Les différentes déclarations, que ce soit Timoshenko ou Poroshenko, peuvent faire craindre une véritable épuration ethnique des russophones. Quel sera l'attitude des milices de Pravy Sektor si le gouvernement de Kiev reprend la ville ?

Derrière les postures faciles, pro-poutine, pro-maïdan, des points de vue manichéens et sans nuance, il y a le devenir de civils qui ne peuvent que subir, qui n'ont aucun choix si ce n'est celui d'abandonner leurs convitions, leur culture, leur liberté… leur vie parfois.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.