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Billet de blog 20 oct. 2012

Claude Guéant au pays de Téodorin Obiang

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C'est en lisant un article sur l'Express qu'un nom m'a attiré l'attention :  "A peine avocat, Claude Guéant est déjà à pied d'oeuvre. (…) l'ancien ministre de l'Intérieur s'envole mercredi pour la Guinée équatoriale où il accompagne le patron d'une entreprise industrielle française en difficulté- dont il ne souhaite pas donner le nom. " Cette société, placée en redressement judiciaire, est à la recherche d'un partenariat financier et industriel, explique-t-il. Elle a déjà eu des contacts encourageants avec la Guinée équatoriale et son président." Le gendre de Claude Guéant, le banquier d'affaires Jean-Claude Charki, sera lui aussi du voyage.

J'avais déjà entendu parler du gendre de M. Guéant dans un article de Capital consacré aux "éminences grises du pouvoir", dans le passage consacré à Alexandre Djouhri :

"Germain Djouhri, qui n’a pas 30 ans, sait y faire pour enrichir le carnet d’adresses de son papa : il a épousé la fille d’un proche de Poutine, Serguei Chemezov, récemment décoré de la Légion d’honneur à l’Elysée. Et à Londres, où il réside, il s’est rapproché d’un ancien associé de Messier Partners installé à son compte, Jean-Charles Charki. Un jeune homme brillant qui se trouve être le gendre de Claude Guéant. Comme quoi, on peut être éminence grise de père en fils".

Donc monsieur gendre accompagne beau-papa pour une visite en Guinée Equatoriale, ce petit territoire (800 000 ha) constitué de quelques îles et d'un peu de savane continentale. Mais aussi un gigantesque réservoir d'hydrocarbures Offshore, source d'une fortune colossale.

Le site France Diplomatie précise : Le pays souffre d’une image très négative en raison de progrès en matière de développement humain jugés insuffisants, de grandes lacunes dans le secteur sanitaire, d’une absence de libertés publiques (absence de presse d’information libre), d’un système judiciaire défectueux (cf. Rapport Nowak 2008) et d’une mauvaise gouvernance du pays (échec de la candidature au processus EITI en 2010, décision du FMI de ne pas renouveler son assistance technique fin juin 2011 en raison du manque de suivi de ses recommandations).

Et tout ce petit monde dont "un mystérieux homme d'affaire" (il s'agirait en réalité de Serge Bitboul, comme on le voit sur le site france-guineeequatoriale.org) , va rendre visite au papa de Téodorin Obiang, dont on voit le train de vie dans la vidéo ci-dessus.

Slate Afrique s'intéresse justement au train de vie de Téodorin Obiang :

Téodorin n’en fait qu’à sa tête. Le tout puissant fils du président de Guinée Equatoriale Téodoro Nguema Obiang est dans le collimateur de la justice, et pourtant rien ne l’arrête. Vice-président de la Guinée Equatoriale, poursuivi par la justice internationale dans le cadre des «biens mal acquis», Téodorin envisage d’acquérir l’un des plus gros yachts de luxe du monde.

Sur Médiapart, Fabrice Arfi nous en  apprend plus sur ce bateau appartenant à un saoudien qui pourrait s'en séparer pour seulement 200 millions de dollars (environ 130 millions d’euros), une somme qui fait passer le yacht de Tapie (40 petits millions d'euros) pour une coquille de noix. De fabrication allemande, ce super yacht peut accueillir jusqu’à 130 personnes.

Il s’agit d’un bateau baptisé Al Salamah, propriété du prince Sultan ben Abdul Aziz, le ministre de la défense d’Arabie saoudite décédé l'an passé. Ses héritiers veulent à tout prix vendre le yacht, un mastodonte de 140 mètres de long, haut de cinq étages, hérissé d’une piste d’atterrissage pour hélicoptère et doté d’une salle de cinéma et d’un hôpital… Entre autres.

(…)

D’après les éléments recueillis par Mediapart, une société commerciale a été créée le 23 juillet dernier en Guinée-Équatoriale pour se porter acquéreur du yacht convoité par Obiang junior (très friand en la matière). Elle se nomme Sociedad de transporte maritimo Guinea equatoriale, la Sotramar-GE, enregistrée sous le numéro 2 481 dans les registres officiels de Malabo, la capitale de Guinée-Équatoriale.

Fait intrigant : la Sotramar est déjà le nom d’une société de transport maritime parapublique guinéenne, créée en décembre 1971 et impliquée dans le commerce de la bauxite, le principal minerai permettant la production d’aluminium, dont les terres guinéennes sont très riches.

(…)

La confusion entre la Sotramar de 2012 (société privée) et son homonyme de 1971 (société parapublique) n’est-elle d’ailleurs pas entretenue pour mélanger argent public et intérêts privés ?

Fabrice Arfi nous donne de sérieux indices sur le fonctionnement de la Guinée Equatoriale.
Il est vraisemblable que si Claude Guéant, Jean-Charles Charki et Serge Bitboul sont à Malabo, la capitale Equato-Guinéenne, c'est pour récupérer de l'argent. Il faut dire que le président Obiang saurait se rendre généreux, comme l'indique Médiapart dans cet intéressant article, où il est mentionné une déclaration de Robert Bourgui : A ce moment-là, le président Obiang, qui parle français, a dit à M. de Villepin : "Je vous remets un million d'euros pour financer votre action politique."»… Tiens, tiens…

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