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Billet de blog 23 juin 2009

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Dictature républicaine

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Le discours du trône, nouveauté de ce bel été, est l'aboutissement d'un long processus de transformation de notre bonne vieille république en dictature.
Comme dans la Rome antique, un mandat est donné pour cinq ans a un consul et lui accorde tous les pouvoirs. Le Général de Gaulle avait commencé cette "présidentialisation" de la république, et on se souvient qu'on lui avait opposé l'accusation de "coup d'état permanent".

Le quinquennat n'est pas véritablement une idée neuve. Il a été introduit dans le débat constitutionnel en 1973, lorsque le Président Pompidou, à la suite des élections législatives, a proposé de réduire la durée du mandat présidentiel de sept ans à cinq ans. Cette réforme avait été approuvée par l'Assemblée nationale et le Sénat, mais à des majorités insuffisantes pour obtenir la majorité des 3/5èmes nécessaire pour l'adoption définitive lors d'une réunion du Congrès du Parlement à Versailles. Dans ces conditions, le Président Pompidou avait préféré suspendre la procédure pour ne pas risquer un échec.

Cette idée de faire coïncider le mandat du parlementaire avec celui du président de la République, et d'éviter ainsi la cohabitation éventuelle d'un pouvoir exécutif opposé au pouvoir législatif a agité tous les hommes de pouvoir, toujours avides de plus de pouvoir.

D'un commun accord, Chirac et Jospin ont façonné le quinquennat dans ce but, rendre impossible la cohabitation, alors que ces deux hommes en ont été les principaux bénéficiaires.
Les Français l'ont approuvé il y a neuf ans par un référendum sans se rendre compte de ses conséquences fondamentales sur la vie politique française.

En élisant un président, puis immédiatement un parlement à son service (et non l'inverse, ce qui changerait tout), les français ont validé la prépondérence du président, sur le parlement. Le premier ministre ne peut que s'effacer, et avec lui l'équilibre originel de la cinquième république qui voulait que celui qui gouvernait la nation, le premier ministre, devait rendre des comptes à ses représentants.

Le discours du trône présidentiel, est bien un signal protocolaire qui marque une évolution de cinquante ans, d'une république parlementaire à une dictature républicaine.

Un article du Rimbusblog

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