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Billet de blog 24 févr. 2015

Euromaïdan, triste anniversaire

Un an après la révolution d’Euromaïdan en Ukraine, peut-on dresser un bilan objectif de la situation ? Une puissante guerre médiatique oppose deux visions de ces événements et un observateur qui voudrait s’informer objectivement et puiserait ses informations dans les deux camps qui s’affrontent se trouverait bien vite submergé de thèses contradictoires.

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Un an après la révolution d’Euromaïdan en Ukraine, peut-on dresser un bilan objectif de la situation ? Une puissante guerre médiatique oppose deux visions de ces événements et un observateur qui voudrait s’informer objectivement et puiserait ses informations dans les deux camps qui s’affrontent se trouverait bien vite submergé de thèses contradictoires.

Un événement bien réel peut avoir plusieurs réalités, tout dépend d’où on le regarde, et avec quelle idée préconçue on l’aborde. Vingt-cinq ans après l’effondrement de l’URSS, la crise ukrainienne réactive les vieux réflexes de la guerre froide et son manichéisme si confortable.

L’Ukraine doit-elle être sous influence des Etats-Unis ou de la Russie ? Toute la crise ukrainienne est dans cette simple question. Proie facile, ce pays n’a en réalité jamais été indépendant : à sa naissance en 1917, sur les ruines de l’Empire Russe, c’était un état satellite de l’Empire Allemand, puis une composante originelle de l’URSS en 1919, et enfin un état autonome depuis 1991, toujours sous influence russe. Depuis quelque mois, il s’est rangé dans le camp occidental, et plus particulièrement américain. C’était tout l’objet de cette révolution.

La décision du président Yanoukovitch de ne pas signer un accord d'association avec l'Union européenne, ajoutée a ses méthodes autoritaires, à la corruption du régime, met le feu aux poudres à Kiev et les premiers martyrs tombés sur les barricades transforment la contestation en révolution, provoquant la fuite en Russie du président contesté.
Il faut cependant reconnaitre que Yanoukovitch a été élu de façon démocratique, et que son électorat massif dans le Donbass et presque inexistant dans l’ouest reflète la division du peuple d’Ukraine. Pour certains nationalistes de l’ouest, à la pointe de la contestation d’Euromaïdan, les russophones et russophiles ukrainiens sont un peu des fils de colons imposés par Staline sur des terres qui ne sont pas les leurs. Cette vieille rancune est une des raisons qui peut expliquer la guerre civile actuelle, et le massacre d’Odessa de mai 2014.

La Russie, qui s’inquiète de cette main-mise sur ce territoire lié au sien depuis un millénaire intervient militairement en soutenant les contre-révolutionnaires du Donbass, à l’est du pays et en annexant la Crimée qui abrite une base navale russe d’un intérêt stratégique majeur.

L’Ukraine s’est donc offerte à l’occident.
Fin 2014, le ministère des finances est attribué à Natalia Iaresko, ressortissante américaine d'origine ukrainienne, qui a fait une partie de sa carrière au département d'Etat, le ministère des affaires étrangères américain, alors que le fils du vice-président des Etats-Unis Hunter Biden intégrait dès l’été 2014 la holding spécialisée dans les hydrocarbures Burisma, ainsi que Devon Archer, un proche du Secrétaire d’état John Kerry.

Le bilan de ce changement est particulièrement lourd : des milliers de morts, une guerre civile, un effondrement économique sans précédent (la monnaie a perdu presque trois quarts de sa valeur), une crise internationale majeure. Le régime des oligarques que voulait abattre le peuple d’Ukraine est toujours là, certains entretiennent même des milices armées, c’est une nouveauté.
Sous perfusion financière de ses nouveaux partenaires occidentaux, le pays n’a d’ors et déjà qu’une indépendance toute relative.

C’est un bien triste bilan

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