Chronique de la guerre contre le projet Hadopi

Avant de commencer, voici une arme nécessaire à chaque cyberésistant, une manière très simple de brouiller son adresse IP pour garder son anonymat sur Internet:

Avant de commencer, voici une arme nécessaire à chaque cyberésistant, une manière très simple de brouiller son adresse IP pour garder son anonymat sur Internet: connectez vous sur un des sites ci-dessous, et rentrez l'adresse du site que vous voulez visiter anonymement.
anonymizer.nntime.com publicproxyserversxroxy.comproxywebsites.biznaviguer.cat.gif

 

D'autres services permettent de s'attribuer une adresse mail éphémère, ou de choisir le système TOR pour un brouillage permanent de l'adresse IP. Tous les détails sont expliqués sur le site Linux Manua.
On y trouve entre autres cette citation de Mike Godwin (l'inventeur du fameux "point Godwin") : « Je suis tout le temps soucieux au sujet de mon enfant et d'Internet, bien qu'elle soit encore trop jeune pour se connecter. Voilà ce qui m'inquiète. Je redoute que dans 10 ou 15 ans elle vienne me voir et me demande "Papa, où étais-tu quand ils ont supprimé la liberté de la presse sur Internet ?" », une variation de celle d'Albert Einstein : "Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire."


La censure du gouvernement dénoncée !

 

Le site @rrêt sur Images s'arrête sur la censure de l'interview de la secrétaire d'Etat à l'Economie numérique Nathalie Kosciusko-Morizet, parue sur lefigaro.fr vendredi 20 mars. Oui, nous révèle Sophie Gindensperger, Matignon a relu cette copie et l'a expurgée de tout ce qui peut gêner Christine Albanel dans son combat liberticide. Le rimbusblog se devait d'en faire profiter ses lecteurs (ceux qui ne sont pas encore abonnés à @si, les pauvres) :
• à propos de la plainte de N. Morano contre Dailymotion :
"Personnellement je n’aurais pas porté plainte. Ce qui m’embête c’est que lorsqu’on a que cela dans l’actualité, on ne parle que des risques ou des problèmes liés à Internet, pas de choses positives."
• Sa position sur le projet de loi :
"Cette loi a été préparée avant que j’arrive à ce poste. Mon ministère n’a à aucun moment été associé à sa conception. Depuis, on m’a dit de manière constante qu’elle relevait exclusivement du ministère de la Culture, qui peut avoir une très grande susceptibilité quant à son champ d’action. Il faut comprendre que les arbitrages de la loi ont lieu dans des réunions auxquelles je ne suis pas invitée. Ce qui ne veut pas dire que je me désintéresse du débat. Je passe beaucoup de temps à faire de la veille sur Internet.
La discussion à l’Assemblée ne se fait pas dans de bonnes conditions. (...)
Dès lors, on est dans la pire des situations, c’est pour cela que c’est difficile."
• Sur l'efficacité de la loi :
"Beaucoup de gens s’arrêteront de télécharger après avoir reçu un premier avertissement par mail. Cela étant, il y aura évidemment des gens assez forts pour masquer leur adresse IP et échapper aux contrôles. Moi-même je sais comment faire !"
(grâce au Rimbusblog et à Linux Manua, vous aussi).

 

Buvons un coup à la santé d'Albanel !

 

Afin de sensibiliser les internautes et les bons buveurs aux problèmes posés par la loi Création et Internet et la riposte graduée, un vigneron, qui s'offre au passage un coup de pub bien mérité, a lancé dimanche une "cuvée Hadopi". Issue du domaine Berenas (Languedoc Roussillon), la cuvée se décline en vin blanc (Chardonnay, Sauvignon) et en vin rouge (Cabernet Sauvignon, Carignan), avec une édition limitée à 1000 bouteilles vendues 8 euros chacune, dont l'ensemble des profits iront au collectif La Quadrature du Net, pour lui permettre de continuer à alerter et défendre les citoyens. "Chacun a une bonne raison de s'opposer à la loi Hadopi... et de le faire savoir autour de lui. Parlez-en autour de vous et trinquez à la liberté avant que la liberté ne trinque", explique le vigneron sur son site.

 

Les principes d'Hadopi reculent dans le monde :

 

La Nouvelle-Zélande, comme la Grande-Bretagne ou l'Allemagne il y a quelques semaines, recule dans le projet similaire à la loi Création et Internet, dite Hadopi, défendue par le gouvernement français. Keith Davidson, le directeur général d'InternetNZ , l'une des associations membres de l'ISOC (Internet Society) et militant pour la protection de l'Internet, a immédiatement salué cette décision :
"La Nouvelle-Zélande a échappé de peu au statut de souris de laboratoire pour cette approche et de précédent pour ceux qui la soutiennent, couper un accès à l'Internet a toujours été une réponse disproportionnée à une atteinte au droit d'auteur. Forcer les FAI et d'autres organisations à être à la fois les juges et les bourreaux dans les procédures d'infraction au droit d'auteur ne sera jamais une procédure acceptable".

 

François Bayrou est contre Hadopi :

 

"La loi qu'on est en train de voter est une loi régressive", a-t-il estimé. "Je ne la voterai pas parce que je pense qu'elle n'a pas répondu aux questions qui se posent et notamment aux questions de ce grand changement de modèle culturel qu'on est en train de vivre avec Internet".
Le leader centriste s'inquiète aussi
des dérives du pouvoir : "Je pense que les choses peuvent se dégrader profondément entre les citoyens français et le pouvoir", a-t-il ainsi prédit. "Je pense que la manière dont un certain nombre de décisions sont prises est une manière qui pour beaucoup de Français pose problème aujourd'hui. Je pense que tous les pouvoirs entre les mêmes mains sans aucune exception, et une entreprise continue, progressive de prise de contrôle de la société française pose problème à beaucoup de français de tous bords".
(source Numerama)

 

Les principaux* éditeurs du web contre Hadopi

 

Le syndicat des grands éditeurs du web dénoncent l’opacité de l’attribution du label « offre légale » et le déséquilibre qu’il va entraîner dans l’industrie des services en ligne. « inconstitutionnelle, opaque et anticoncurrentielle » : le moins qu’on puisse dire, c’est que les grands noms de l’édition et du commerce en ligne français ne mâchent pas leurs mots ! C’est ainsi qu’ils qualifient en effet la volonté du gouvernement de faire le tri, dans le cadre de la loi Hadopi, entre ce qui sera considéré comme une offre légale, et aura droit à un précieux macaron officiel, et ce qui sera considéré comme une offre illégale, et sera vouée à la suspicion.

* Google France, Dailymotion, Microsoft France, AOL France, Yahoo France, France Telecom/Orange, en passant par des plus discrets comme 20 minutes, Direct8, Auchan direct, PriceMinister, MySpace, Skyblog, Wikimedia France, Yahoo France, Bouygues Telecom, Chapitre.com, Grosbill, Jet Multimedia, Lemonde.fr, 01net, Paypal France, Maximiles, Prisma Presse, Bayard Presse, Libération, Les Échos, UFC-Que choisir…
(source SVM)

 

Un article publié sur le Rimbusblog.

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