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Billet de blog 25 déc. 2009

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L'OMS brade ses stocks de Tamiflu

Alors que l'épidémie de grippe H1N1 semble assez peu dangereuse, l'OMS et le ministère de la Santé encouragent la prescription d'antiviraux comme le Tamiflu, dont l'efficacité est largement contestée par de nombreux médecins. Opération de destockage au profit des laboratoires pharmaceutiques ?

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Alors que l'épidémie de grippe H1N1 semble assez peu dangereuse, l'OMS et le ministère de la Santé encouragent la prescription d'antiviraux comme le Tamiflu, dont l'efficacité est largement contestée par de nombreux médecins. Opération de destockage au profit des laboratoires pharmaceutiques ?


Grippe H1N1 versus grippe saisonnière

L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a annoncé, mercredi 23 décembre, qu'à la date du 20 décembre courant, plus de 208 pays et territoires d'outre-mer ou communautés ont confirmé en laboratoire des cas de grippe AH1N1, dont au moins 11 516 morts, depuis l'apparition de la pandémie en mars dernier. (La Vie Eco)

Mais l'OMS dit aussi qu'au niveau mondial, la grippe saisonnière est responsables d’environ trois à cinq millions de cas de maladies graves, et 250 000 à 500 000 décès.

La confrontation de ces 2 chiffres laisse perplexe.

Une affaire de gros sous

"L'opération Bachelot coûte tout compris 1,7 milliard d'€, soit 2 à 3 fois le déficit des hôpitaux et 2 à 3 fois le budget de l'Inserm " constate le professeur Philippe Even sur Rue 89.

On est donc dans une affaire de gros sous, tout de même... Mais il semblerait que l'affaire la plus scandaleuse de toute cette histoire soit le Tamiflu.

Even, toujours sur Rue 89, donne son point de vue sur cet antiviral des Laboratoires Roche :

"Concernant le Tamiflu ou son équivalent le Relenza, ce sont des médicaments efficaces s'ils sont pris dans les 18 première heures de la contamination (pas des symptômes). Or ce n'est jamais le cas. Au-delà, l'efficacité est nulle. Le dossier Roche [du nom du groupe pharmaceutique suisse qui produit le Tamiflu] est masqué et trafiqué, et le médicament d'une haute toxicité s'il est pris plus de 3 jours (au point qu'un article du Lancet parle d'une urgence iatrogénique contre laquelle il faut réagir immédiatement)".

Contacté par mail sur cette question, notre honorable correspondant médical le Professeur Rimbus précise :

Le scandale actuel est de chercher à écouler dans les pharmacies des antiviraux (sans aucun intérêt thérapeutique), en disant publiquement qu'il faut en prendre systématiquement en cas de grippe (ce qui est une ânerie scientifique) et en incitant les médecins à en prescrire à tout va (ce qui représente une faute professionnelle grave)... sous prétexte que les stocks achetés naïvement, de longue date et à grand frais (auprès de laboratoires menteurs à la limite de l'escroquerie) parviennent le 10 mai à leur date de péremption !

Une position partagée par de nombreux médecins (AFP) :

Près de 800 professionnels de santé s'interrogent dans une pétition sur la recommandation de prescrire de manière "systématique" le Tamiflu en cas de grippe, qu'ils jugent "en contradiction" avec des "données scientifiques fiables", a indiqué mercredi l'un de initiateurs de ce texte. (…)

Cependant, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a maintenu le 11 décembre sa recommandation d'utiliser ce produit pour les patients à haut risque infectés par le virus de la grippe H1N1.

Roselyne Bachelot a toujours les reflexes du visiteur médical

Bien pire, le ministère de la Santé recommande depuis le 10 décembre, la prescription systématique d’un traitement antiviral curatif à tous les cas suspects de grippe type préemptif à doses curatives et pendant cinq jours.

L'OMS avait en effet un stock mondial d'environ cinq millions de cures d'oseltamivir (principe actif du Tamiflu) pour adulte, et expliquait sur son site au mois de mai qu'elle continuait d'évaluer les besoins et de collaborer avec les fabricants pour obtenir davantage de dons d'antiviraux. Dans sa mise à jour (en anglais) du 22 décembre, l'Organisation continue a préconiser l'administration systématique dès les premiers symptômes grippaux sans attendre de confirmation de grippe H1N1 (without waiting for laboratory results to confirm infection) ni être dans un groupe à risques (People who are not from a higher risk group but who have persistent or rapidly worsening symptoms should be treated with antivirals).

Une boîte de Tamiflu (10 gélules de 45 mg) est vendue près de 19 euros et la posologie recommandée par Roche pour la prophylaxie de la grippe après un contact étroit avec une personne infectée, est de 75 mg d'oseltamivir une fois par jour pendant 10 jours (autre chose que les 3 jours recommandés par le professeur Eden !). On notera l'astuce qui consiste à acheter en plus une boîte de gélule a 30 mg (près de 13 euros) pour obtenir le dosage journalier, soit un total d'un peu plus de 300 euros sur 10 jours !

On imagine facilement le pactole pour le laboratoire Roche, avec l'OMS comme chef des ventes mondial et Roselyne Bachelot en visiteur médical pour la France.

Le Tamiflu, peu efficace et dangereux

Pourtant, dès le mois d'août, le grand public était mis au courant des doutes concernant cet antiviral par le journal France Soir : le Tamiflu ne serait pas aussi bénéfique qu’on peut le dire. C’est ce qui ressort d’une étude de médecins britanniques (16 juin) qui avertissent les autorités des effets indésirables chez les enfants traités avec ce médicament.

Peu efficace, dangereux, le rapport bénéfice-risque semble en défaveur de ce blockbuster de Roche dans le cas de cette épidémie relativement légère. Dans ces conditions, on peut s'étonner de la recommendation du Pr Claude Hannoun pour des prescriptions plus systématiques des antiviraux. Selon lui, l'idéal serait même que la première gélule soit donnée par le médecin après la consultation. (Le Figaro, 4 décembre).

Claude Hannoun est pourtant un des fondateurs des GROG (Groupes Régionaux d'Observation de la Grippe)… un réseau de surveillance de la grippe financé par les laboratoires pharmaceutiques, dont Roche.

Un article du Rimbusblog

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