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Billet de blog 28 janvier 2010

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Afghanistan : la défaite en chantant

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Le conflit afghan est actuellement en discussion à Londres. La demande du président Karzaï, c'est de négocier avec des "talibans modérés", expression qui est un parfait oxymore.

Pour résumer, Karzaï réclame des milliards pour graisser des pattes (affaires stratégique.info).

Hamid Karzaï demandera donc une somme considérable, de l’ordre de plusieurs milliards de dollars, pour insérer les talibans qui accepteraient de déposer les armes, dans la vie civile. Sur ce point, il n’aura pas de difficultés à convaincre les Américains et les Britanniques. Aussi bien Robert Gates que Hillary Clinton ont reconnu que les talibans font partie du « paysage politique » en Afghanistan et doivent être associés au pouvoir, s’ils abandonnent la lutte armée.

Hekmatyar, le chef du hezb-e-islami, est un de ceux qui est le plus en vue, d'une part à cause de ses liens avec l'ISI pakistanaise, d'autre part par son expérience (il a été premier ministre, renversé par le mollah Omar) :

Gulbuddin Hekmatyar, lui-même, a pris l’initiative de présenter un plan de paix. Contrairement aux talibans « historiques » sous l’ordre du mollah Omar, connu aussi sous le nom du « chourai Quetta » (Conseil de Quetta au nom de la ville pakistanaise au Baloutchistan) et les réseaux Haquani (la branche la plus radicale des talibans), Hekmatyar ne demande pas le retrait préalable des forces de l’OTAN pour négocier avec Kaboul. Il propose qu’une force de paix remplace l’OTAN et qu’un gouvernement de transition soit mis en place pour la durée d’un an. Ce gouvernement organisera des élections libres auxquelles les talibans participeront.

L'affaire n'est pas nouvelle, j'en parlais exactement de la même manière il y a un an déjà, ainsi que le mois dernier en montrant l'influence d'Hekmatyar dans l'entourage de Karzaï. Du reste, l'ambassadeur Afghan en France, Omar Samad, répond de façon toute diplomatique à la question de la négociation avec le seigneur de guerre : "Monsieur Hekmatyar a toujours répondu à nos démarches en donnant une liste de conditions. Aujourd'hui, nous ne ciblons pas un individu précis, nous cherchons plus à démarrer un processus..."

Ce qu'il faut savoir, c'est que le Hezb-e-islami contrôle la province de Kapisa, où les journalistes de France Télévision ont été enlevés (Le Parisien) :

La province de Kapisa, au nord-est de Kaboul, et le district de Surobi, plus au sud, où les Français de l’Isaf (Force internationale d’assistance à la stabilité) ont regroupé leurs troupes à l’automne dans le cadre de la Task Force Lafayette aux ordres du général Marcel Druart, reste en effet une région très dangereuse où sévissent plusieurs groupes d’insurgés. Les talibans, bien sûr, mais aussi les partisans du Hezb-e-islami de Gulbuddin Hekmatyar, qui avait revendiqué l’embuscade de la vallée d’Uzbin où dix soldats français trouvèrent la mort le 18 août 2008.

Ainsi, la victoire tant attendue par Nicolas Sarkozy serait d'offrir un part de pouvoir a ses ennemis en leur versant un tribut. Mais il n'y a pas d'autre solution pour se sortir de ce bourbier. 9 années d'occupation n'auront pas servi à grand chose, et c'était prévisible.

Comme le coq qui chante les pieds dans le fumier, Sarkozy va bientôt chanter sa défaite sur l'air de la victoire.

Nous en reparlerons.

Un article du Rimbusblog

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