Quand Balladur nous bourre le mou…

En lisant ce qui est paru dans la presse on a envie de rire ! Balladur affirme "ne pas être au courant de commissions"… !

 

Mais alors, de quoi a-t-il parlé avec , le principal intermédiaire du contrat Sawari 2, dont on notera que les contrats de commissions vont s'avérer «hors normes» avec un pourcentage de 8 % au lieu d'1 ou 2 % (selon ce qu'en dit .

 

En effet, cet du 13 apût 2001 (à moins qu'il ne soit totalement fantaisiste) prétend que Balladur a rencontré personnellement 4 fois Ben Mussalam… étonnant, non ?

 

"Qu'on en juge par ce document inédit: «30.11.93: Rencontre Nicolas Bazire, Ali Ben Mussalam. 18.11.93: Rencontre Balladur, Ben Mussalam, en présence d'un fils du roi Fahd. 20.11.93: Rendez-vous Bazire, Balladur, Ali Ben Mussalam. 23.12.93: Rendez-vous Léotard, Ben Mussalam. 1.1.94: Nouvelle rencontre Bazire, Balladur, Ben Mussalam. 2.1.94: Bazire rencontre Ben Mussalam pour préparer le voyage de Balladur en Arabie Saoudite. 7.1.94: Voyage de Balladur en Arabie Saoudite».

(…) les 22 et 23 décembre 1994 a lieu une nouvelle rencontre Bazire, Balladur, Ben Mussalam et, le 10 mars 1995, un nouveau rendez-vous Donnedieu de Vabres, Ben Mussalam."

 

Et, bien, en voilà des réunions étranges, qu'avaient donc à discuter ces hommes d'état Français avec un intermédiaire dans les ventes d'armes ? Voila qui soulève de : Peut-être ont-ils parlé hôtellerie ?

Ben Mussalam, était il est vrai, propriétaire de l'hôtel Prince de Galles à Paris, principal actionnaire du Sheraton sur l'aéroport londonien d'Heathrow… Mais cela est-il crédible ?

 

Libération livrait le 3 août 2001 une étonnante version de cette histoire :

"Curieusement, les contacts entre les intermédiaires et «l'échelon politique» se poursuivent après la signature [du contrat Sawari 2]. En janvier 1995, Donnedieu de Vabres devient membre de la cellule politique du candidat Balladur à l'élection présidentielle. Les 10 mars et 13 avril 1995, en pleine campagne, Donnedieu de Vabres trouve le temps de rencontrer encore Ben Mussalam et Takkiedine, alors que le marché est signé.

Finalement, Jacques Chirac remporte la présidentielle. Des écoutes sont aussitôt ordonnées, histoire de vérifier si les intermédiaires qui ont frappé à la porte de Donnedieu de Vabres n'auraient pas participé au financement de la campagne de Balladur".

 

Une analyse dont il faut laisser la responsabilité au journal, mais qui contredit les récentes déclarations de l'ancien premier ministre. D'autant que le journal (1er juin 2010) va jusqu'à chiffrer des rétrocommissions empochées par les "politiques" Français : 2 % de ce marché évalué à 19 milliards de francs.

 

C'est un point que devrait éclaircir le juge Van Ruymbeke…

 

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