Quand les salariés doivent se protéger d'une ministre du travail bornée

Certainement par mépris du salariat et de ce qui reste du Code du Travail, E Macron a nommé ministre du travail ( pour creuser encore le désastre Pénicaud), madame Borne. Dans sa dernière fulgurance celle ci trouve que le licenciement d'un salarié sans pass sanitaire est préférable à la suspension du contrat de travail ( formule votée au Sénat et reprise par l'Assemblée)....

Le démantèlement du Code du Travail mené à pas de charge par E Macron et sa factotum Pénicaud, pendant la première année du mandat présidentiel, l'abrogation du statut des cheminots, puis la réforme des retraites ont sidéré le monde du travail. Pendant toute cette séquence nous étions tenus d'écouter H 24, les thuriféraires de la République En Marche maniant la novlangue et labélisant grand progrès social, tous ces reculs sociaux concédés à l'idéologie libérale.

Mais il y a toujours pire dans le monde d'allumés de la Macronie, zélateurs de la dérégulation à tout va, tellement heureux de réussir encore et toujours à réduire la sphère des droits sociaux des salariés.

Madame Borne ne nous a pas déçus pour sa hâte - la pandémie encore très vivace- à exécuter, mettre en oeuvre et "panégyriser" si besoin, la réforme de l'assurance chômage. Retoquée par le Conseil d'Etat, concernant le calcul du salaire de référence, base de l'indemnisation du chômage, la ministre a couru les plateaux télé, raide comme un tuteur de plante verte, pour affirmer contre l'évidence, ses propres experts et madame Pénicaud ( mais si !) que non, sa réforme ne réduisait pas l'indemnisation des demandeurs d'emploi. Mieux elle remuerait ciel et terre pour que le décret modifié soit dûment représenté au Conseil d'Etat, et le contraindre à valider son texte scélérat.

La ministre du travail, qui dans une vie précédente, directrice de cabinet de Ségolène Royal a activement conforté la privatisation  des autoroutes françaises allait elle nous surprendre et prendre pour une fois une initiative progressiste, favorable au salariat ?

Et bien non ! Pas à considérer son dernier fait d'armes ! Le texte initial ( et voté tel quel à l'Assemblée) de la loi sur le pass sanitaire prévoyait le licenciement pour cause réelle et sérieuse des salariés qui refuseraient de produire le pass à leurs employeurs. Le texte final voté sous contrainte des sénateurs prévoit une suspension du contrat de travail, sans salaire.

Les deux solutions sont chacune à leur manière aussi répressives et privatrices de droits pour les citoyens salariés. Nous verrons bien ce qu'il en sera des recours à venir, puis de la jurisprudence qui s'établira. Or dans le projet de loi,  la ministre Borne appuyait fortement la solution du licenciement, selon elle une sauvegarde pour les salariés qui auraient perçu des indemnités.....

Le terrible de l'histoire c'est que madame Borne, suite au vote définitif d'une suspension du contrat de travail sans salaire, continue d'affirmer, -voire s'en glorifie dans les médias- qu'il y aura tout de même des licenciements pour défaut de présentation du pass sanitaire. Sans indemnités !!( "vous dis je, puisque vous ne votez pas mon projet initial !!")

Ne peut elle comprendre cette ministre que le droit du travail pour les salariés cela ne devrait jamais être une régression des droits, ni des  libertés individuelles ?  Agissant ainsi, elle avilit l'essence de son portefeuille ministériel.

Le cas est probablement désespéré et renvoie à l'adage où il convient de se garder de certains amis supposés pour se concentrer sur les vrais ennemis.....

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