Une campagne de "recrutement" qui fait pitié

http://vidberg.blog.lemonde.fr/2011/06/09/education-nationale-engagez-vous/

Un des nombreux scandales qui émaillent cette année : ce n'est pas le moindre.


Les effectifs des enfants scolarisés ne sont pas en train de fondre. Les nouvelles générations ne représentent pas la moitié des anciennes, et les publics difficiles le sont de plus en plus, dans un climat (fréquent) de mise en accusation des fonctionnaires et de décrédibilisation des "profs", et de suppression ou de fragilisation des dispositifs les plus efficaces pour les élèves en difficulté (Rased, remise en question des RAR, etc.) . Malgré cela, le gouvernement français, qui consacre plus d'argent au remboursement de la dette qu'au budget de l'éducation nationale, refuse de consacrer l'argent qu'il n'a plus (notamment celui des remises d'impôts aux plus riches) à investir dans l'éducation publique et la formation des jeunes. C'est indigne d'un pays comme la France. Comment peut-on croire qu'on va enrayer la désindustrialisation, par exemple, sans former activement les jeunes, comment lutter contre l'abandon des banlieues si on asphyxie le dernier service public présent dans certains quartiers.

Il manque bien plus de 16000 enseignants au rendez-vous : ce seront peut-être les femmes "dynamiques" et les hommes "rêveurs" que la publicité du Ministère n'aura pas su attirer sur ces concours qui donnent le droit à aller sans année de transition devant une classe, de préférence en remplaçant un collègue malade, en dépression, ou en disponibilité.

Bon courage aux nouveaux candidats qui vont connaître ce nouveau système, et aux équipes qui devront peut-être jouer encore plus les pompiers en cas de difficulté devant les classes, à moins que la solidarité entre profs elle-aussi ne parvienne plus à résister à ces nouvelles conditions de travail.

 

Sans doute, la considération que tendent aujourd'hui à recevoir les enseignants des parents d'élèves est le reflet de celle que manifeste le gouvernement actuel.

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