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Billet de blog 21 avril 2018

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à propos des modalité d'examen des candidatures sur Parcours Sup dans une licence

Ce billet rend publiques les modalités d'examen des candidatures retenues par la commission constituée à cet effet pour une licence située à Paris. Petit à petit, je mets à jour les éléments qui me parviennent sur cette situation aberrante où nous nous trouvons par la faute de ce ministère et de ce gouvernement.

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Message initial

Ce billet rend publiques les modalités d'examen des candidatures retenues par la commission constituée à cet effet au sein de l'équipe pédagogique de la licence de sciences sociales de l'université Paris1-Panthéon Sorbonne et transmise à notre présidence ce jour. Les dites modalités sont de fait tributaires de la position prise par la présidence de l'université ainsi que des moyens qui lui seront accordés à la rentrée. Or, les textes de loi à présent adoptés disposent que les commissions en question sont souveraines. Du fait de cette situation profondément contradictoire, ce billet ne rend pas publique une quelconque méthode de classement de futures étudiantes mais propose des pistes pour un traitement équitable des voeux en questions.

"La commission d'examen des voeux pour la licence de sciences sociales de Paris1 a été installée et travaille.

Son objectif est de s'assurer que tout.e bachelier.e désireuse/x de rejoindre une formation supérieure en sciences sociales puisse le faire. Il s'agit là de la vocation d'une licence non sélective comme la nôtre. Or, depuis sa création, la licence de sciences sociales de Paris1 est engagée dans la réussite de tou.te.s les étudiant.e.s choisissant de la rejoindre, y compris quand cette réussite passe par l'obtention d'un concours, une réorientation vers un autre cursus ou un redoublement d'année. D'une manière générale, la réussite des étudiants, ainsi caractérisée, ne peut pas d'une manière acceptable ni légitime et encore moins opposable aux candidat.e.s être considérée comme suffisamment prévisible à partir des éléments fournis par la plate-forme Parcoursup pour justifier de rendre impossible, en particulier, les surprises heureuses que nous avons eues sous nos yeux années après années.

Ce constat est informé par nos échanges nourris et par les éléments qui ont été mis à notre disposition et que nous continuons d'évaluer.

À cet égard, comme l'ont souligné de nombreuses commissions, la nôtre ne peut que confirmer que le seul élément acceptable pour juger de l'aptitude d'un lycéen à réussir une licence est l'obtention du baccalauréat, premier grade universitaire et seul dispositif à même de garantir une égalité de traitement sur ce point. Cette égalité de traitement fonde la valeur de nos formations et ne saurait être abandonnée sans les mettre gravement en péril, comme vous le savez bien. De même, le seul élément acceptable pour juger de la motivation des  candidat.e.s vis à vis de nos formations est le fait qu'elles/ils manifestent une volonté de s'y inscrire et la seule manière efficace de les affecter dans les différentes formations correspondant à leurs voeux consiste ou aurait consisté à leur demander de les hiérarchiser, cela sans faire peser sur elles/eux de pressions visant à réduire drastiquement les coûts des premières années en poussant les futur.e.s bachelier.e.s à demander des formations qui leur paraissent accessibles plutôt que désirables, ce qui était et reste en contradiction avec la volonté que nous partageons d'améliorer la réussite des étudiant.e.s dès la première année.

Pour toutes ces raisons nous nous déclarons extrêmement intéressé.e.s par la possibilité de mettre tou.te.s  les candidates ex aequo ou d'augmenter significativement la donnée d'appel afin de restaurer ne serait-ce qu'en partie l'égalité de traitement des futur.e.s bachelier.e.s et d'éviter l'arbitraire et l'inefficacité d'un traitement tel que celui qui est en place du fait de l'abandon de la hiérarchisation des voeux par les candidat.e.s, de la décentralisation d'un processus confié à des équipes débordées, et de l'absence de garantie de l'anonymat des futur.e.s bachelier.e.s qui permet toutes les dérives et enfin avant cela du fait des conditions très problématiques de mise en place de cette plate-forme dans les lycées.

Nous invitons la présidence à reconsidérer le refus apparemment catégorique qui a été apporté à ces demandes, en prenant en considération ce qui les a motivées mais aussi la contradiction qu'il y a entre l'absence définitive de moyens qui nous a été signifiée en interne et la communication ministérielle qui affirme publiquement que les moyens nécessaires seront débloqués pour accueillir les étudiant.e.s non affecté.e.s en septembre. Nous remercions notamment les collègues de la commission d'AES d'avoir initié des échanges à ce sujet à Paris 1.  S'il devait se confirmer que la présidence de Paris 1 s'oppose à  toute solution de ce type, cependant, et qu'elle entend classer les voeux des candida.te.s des commissions réclamant une telle solution en se substituant à elles, nous vous informons que notre commission n'entend pas se désaisir ou se déjuger. Elle agira alors pour tenter de minimiser par tout moyen à sa disposition l'arbitraire et les multiples effets pervers de sélection sociale et de concentration des premières réponses positives sur quelques candidat.e.s particulièrement bien doté.e.s ainsi que sur un fonctionnement des désistements qui pourrait aboutir à laisser sans réponse positive des candidat.e.s pour lesquels la dite formation est prioritaire et non un choix par défaut.

Dans l'attente de la réponse de la vice-présidence, la commission a pris toutes dispositions pour faire face à cette situation extrêmement problématique et à accueillir au mieux nos futur.e.s étudiant.e.s.

Bien cordialement,

Renaud Orain

PS : Au delà du travail de cette commission, nous sommes plus d'un.e à souhaiter ardemment que notre présidence d'université renoue un dialogue fécond avec les universités qui ont adopté des solutions rétablissant une égalité de traitement de manière globale, ainsi qu'avec tou.te.s les collègues de Paris1 qui portent ces préoccupations que nous vous avons exprimées y compris dans les syndicats et dans les mobilisations en cours, afin de participer à la création d'une dynamique collective plus favorable aux futur.e.s bachelier.e.s, qui les accueillerait non pas en partant du principe qu'elles/ils sont trop nombreuses/x mais du principe opposé, qui est que nous avons collectivement les moyens et le devoir d'accueillir tou.te.s celles/ux qui choisissent l'université. Le gouvernement porte lui-même ce principe et toutes mesures qui lui sont contraires comme la tentative d'interdire ou décourager le rétablissement d'une égalité de traitement des candidates en nous avertissant que nous n'aurons pas les moyens nécessaires tout en garantissant dans la presse que les moyens seront là doivent être révélées publiquement pour placer ce gouvernement devant ses responsabilités. Les désaccords sur le blocage de l'université, son déroulement ou son coût ne doivent pas occulter cette responsabilité historique que nous partageons tou.te.s vis à vis d'une génération et de celles qui suivront."

Un premier bilan moins d'une semaine après la transmission des résultats

La suite des événements, ce fut :

- une demande satisfaite à 10% seulement de porter la donnée d'appel à 1600 pour ouvrir un nombre adéquat de feu vert aux candidat.e.s, parce que la présidence de Paris 1 avait été avertie (en fait menacée) qu'elle devrait supporter sans aucun moyen supplémentaire l'accueil de tout bachelier supplsémentaire par rapport aux capacités d'accueils initialement prévues. Là où l'ouverture de seulement 4 postes d'enseignants-chercheurs supplémentaires n'est clairement pas à la hauteur des enjeux

- une fin de non-recevoir à la plus raisonnable de nos demandes, qui était que le rectorat change notre classement en mettant en tête les candidats ayant indiqué une préférence pour la licence de sciences sociales. Cette préférence leur était demandée, mais était "confidentielle", "non transmise aux établissements" et devait servir pour la procédure complémentaire, c'est à dire quand il serait trop tard et qu'il aurait été constaté que les formations préférées en question n'avait pas ouvert assez de place pour les candidats qui les préféreraient. Nous demandions donc au rectorat d'en tenir compte tout de suite. Que nous fut-il répondu ? Que "Parcoursup ne hiérarchisait pas les voeux" : circulez, pendant que nous matraquons vos étudiants !

- le renoncement à la lecture détaillée des lettres et des dossiers faute de temps suffisant, une tentative avortée de créer un classement qui aurait été le plus neutre possible vis à vis des moyennes générales : j'ai passé mes journées à tenter de le mettre au point et je n'en étais pas très loin, mais il a fallu d'abord programmer quelque chose de plus simple et faisable, qui reposait sur les moyennes aux épreuves anticipées du bac et sur des catégories que nous avons décidé d'interclasser : boursiers, réorientés (étudiants, déjà bacheliers, repises d'études), filières L, ES, autres, personnes sans aucune notes comparables. Au final, nous n'aurons pas dérogé à la plupart des formations qui mettent toutes les mêmes candidats ou quasiment en début de classement et ouvrent une fenêtre minuscule qui oblige à attendre la plupart des candidats aux résultats juste moyens ou corrects

- la confirmation de tout ce que nous avions craint : moins d'un jour avant la fin de la première tranche de 7 jours, 266 candidats ont d'emblée renoncé à ce voeu, seulement 219 candidats ont reçu la proposition de rentrer dans la licence, 119 l'ont mise en attente, 73 l'ont refusée, seulement 14 l'ont acceptée tandis que 17 la mettent en réserve dans l'attente de recevoir d'autres réponses (c'est donc un choix par défaut). Demain dimanche, tant que nous restons à 160 ouvertures de feux verts pour nos 105 places, seules 119 et peut-être même moins encore

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