Pour financer les retraites, mettre fin au chômage

Demain mardi 10 septembre, je manifesterai contre la réforme Ayrault des retraites, en tant que retraité ; et en tant que solidaire des salariés et des chômeurs. Ceux-ci sont doublement pénalisés par le projet qui oublie une fois de plus qu’ils sont déjà « punis » par la privation d’emploi qui s’accompagne, même pour ceux qui sont indemnisés, par une décote sur leurs revenus et par voie de conséquence sur leurs futurs revenus de retraités.

Demain mardi 10 septembre, je manifesterai contre la réforme Ayrault des retraites, en tant que retraité ; et en tant que solidaire des salariés et des chômeurs. Ceux-ci sont doublement pénalisés par le projet qui oublie une fois de plus qu’ils sont déjà « punis » par la privation d’emploi qui s’accompagne, même pour ceux qui sont indemnisés, par une décote sur leurs revenus et par voie de conséquence sur leurs futurs revenus de retraités.

Demain donc, une partie des salariés manifestera pour une réforme plus juste à l’appel des syndicats CGT, FO, Solidaires, FSU. Ils sont rejoints dans cet appel à l’action par divers acteurs tels que l’UNEF, le MNCP… Il s’agit de prendre date, car beaucoup reste à faire pour convaincre nos concitoyens qu’une autre réforme, porteuse de progrès social, est possible. Une partie de la gauche politique soutient en effet le projet du gouvernement comme un moindre mal. Une partie des syndicats, à l’image de la CFDT, accepte la réforme au prétexte que des « compensations » on été négociées grâce à la concertation. C’est évidemment un marché de dupes.

Sur le fond, la bataille des idées est pour le moment gagnée par le camp du Medef et du gouvernement. Les faux arguments de l’allongement de la durée de vie,  de la réduction des déficits, des « efforts » éternellement réclamés pour sauver le système parviennent à faire illusion parce qu’une partie de la gauche et des syndicats adhère à cette propagande s’appuyant sur de fausses évidences. Mais une autre partie de la gauche et des syndicats n’est pas claire dans ses arguments. En particulier sur le lien entre chômage et difficultés à financer les retraites.

Le système actuel par répartition a pour problème majeur le niveau élevé du chômage. Il est totalement illusoire de croire que l’on peut s’attaquer aux déficits sociaux, dont celui des retraites, si le chômage se maintient. L’économiste Jean-Marie Harribey est l’un de ceux qui le souligne : « …répétons-le : l’aggravation des déficits des caisses de retraite (20 milliards d’euros prévus en 2020) n’est pas due à l’évolution démographique mais à la crise et au chômage. »  Or, c’est bien cette hypothèse de chômage élevé qui conduit les prévisionnistes du patronat et du gouvernement à brandir l’épouvantail des déficits présents et futurs. Le chômage est intégré comme une donnée permanente, tous les discours sur le retour attendu de la croissance n’y feront rien. Le rapport Moreau, qui indique comme une incidente que le déficit est le résultat de « la crise », ne fait qu’entériner sans remettre en cause cet état de fait pour proposer ses solutions.

La clé de la question du déficit et de la réforme des retraites ? Un changement de politique qui ferait de la fin du chômage une hypothèse pour le calcul de l’avenir des politiques sociales. C’est pas gagné ! Retenons que la journée de mardi 10 septembre sera un jalon qui permettra d’élever le niveau du débat et de ne pas laisser le champ libre à l’idéologie libérale et aux politiques du bouc émissaire, telles que celles du Medef et du FN. Les syndicats sont parfois justement critiqués pour leur inaction face à la situation. Quand certains prennent des initiatives justes, ce n’est pas le moment de faire la fine bouche.

**

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.