Immolation à Clichy : la précarité salariale tue

C’est en définitive un article du journal Le Parisien – dans son édition des Hauts-de-Seine du 22/08/13  – qui a confirmé les informations qui circulaient depuis plusieurs jours : une employée s’est immolée par le feu à Clichy. Les circonstances de ce suicide, dont la victime est restée non identifiée pendant quelques temps, sont désormais connues.

C’est en définitive un article du journal Le Parisien – dans son édition des Hauts-de-Seine du 22/08/13  – qui a confirmé les informations qui circulaient depuis plusieurs jours : une employée s’est immolée par le feu à Clichy. Les circonstances de ce suicide, dont la victime est restée non identifiée pendant quelques temps, sont désormais connues. La femme, dont seul le prénom, Dominique, a été rendu public, était âgée de 59 ans et elle a accompli son geste le jour même de la fin de son contrat en CDD, dans les parties communes du centre administratif de la mairie de Clichy, alors qu'elle savait que son contrat ne serait pas renouvelé.

Ce nouveau drame du chômage et de l’emploi précaire, intervient quelques mois après les immolations par le feu de chômeurs, à Mantes-la-Jolie et Nantes. Il faut rappeler aussi que la Mairie de Clichy avait été le théâtre d’un suicide par pendaison, un employé s'étant donné la mort sur son lieu de travail.

Une fois de plus il faut refaire le même constat : la précarité salariale et le chômage tuent. La précarité de l’emploi, qui n’est que la forme intermittente du chômage, a des effets particulièrement lourds à supporter pour les personnes touchées. Le Mouvement National des Chômeurs et Précaires (MNCP) a eu beau alerter les pouvoirs publics, le gouvernement et les institutions concernées, dont Pôle emploi et l’Unédic, ont fait le dos rond face à une situation pour laquelle ils ne proposent pas de solution. Sauf à répéter à chaque fois qu’il s’agissait d’une "personne fragile", bla bla bla…

 « Tout va bien à la ville ! »

 Il faut dire aussi que l’atmosphère politique délétère qui règne depuis de nombreux mois à la mairie de Clichy n’arrange pas les choses dans un contexte de peur du chômage. Après s’être séparé des adjoints non-PS (FDG, EELV, Lutte ouvrière) de la municipalité d’union pour les remplacer par des personnalités de droite, le maire PS Gilles Catoire, crée dans la ville un climat pesant qui se traduit dans ses services par des mutations et un turn-over importants. Lors du suicide de M. Fernando Lino, sur son lieu de travail en mairie, le 19 janvier 2012, les syndicats avaient déjà dénoncé la situation. Par exemple la CFDT qui écrivait dans un tract :

« Nous avions averti à maintes reprises l'autorité territoriale et ses services sur la souffrance et le mal-être qui règnent au sein de notre collectivité... Des alertes restées sans effet, et avec pour seule réponse : « Tout va bien à la ville » ! ».

Alors si tout va bien… Une rengaine que nous chante aussi le gouvernement, pour qui il est urgent d’attendre « l’inversion de la courbe du chômage » ou 2025, date à laquelle selon le ministre Sapin nous pourrons fêter le plein emploi ! (Déclaration faite le jour du séminaire gouvernemental de prospective réuni le lundi 19 août). Ce même ministre, qui face aux piteux résultats de son gouvernement a refusé de recevoir les associations de chômeurs, de même que le Premier ministre Ayrault, qui n’a pas daigné répondre à la demande des représentants de la Marche des chômeurs qui a sillonné la France du 10 juin au 6 juillet dernier. Dire que le chômage tue est un constat facile à faire. Encore faut-il ajouter que l’indifférence et l’inaction du gouvernement, en regard des propositions des associations de chômeurs et des syndicats, le rend coupable de non-assistance à chômeurs en danger.

 Robert Crémieux

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