Clichy : alternative et rassemblement à gauche

Depuis plusieurs années, le maire de Clichy, Gilles Catoire (PS) a fait de sa ville un laboratoire du renversement d’alliance à droite. Dans la perspective des municipales de 2014, les écologistes (EELV) et le Front de gauche (PG) relèvent ensemble le défi en proposant l’expérimentation d’un rassemblement à gauche, sans le maire et le PS.

Depuis plusieurs années, le maire de Clichy, Gilles Catoire (PS) a fait de sa ville un laboratoire du renversement d’alliance à droite. Dans la perspective des municipales de 2014, les écologistes (EELV) et le Front de gauche (PG) relèvent ensemble le défi en proposant l’expérimentation d’un rassemblement à gauche, sans le maire et le PS.Dans un communiqué, publié lundi 23 septembre, ils annoncent en effet la présentation d’ « une liste commune qui défendra un projet municipal citoyen, social et écologiste ». Ils proposent une liste de large rassemblement de tous ceux qui à gauche ont été écartés de la municipalité (PCF, EELV, FDG-PG, LO), municipalité voulue et élue par les électeurs en 2008. Cette liste est bien sûr ouverte au NPA et aux citoyens clichois et militants PS qui ne se retrouvent plus dans la gestion de centre droit du maire.

La démarche n’est pas seulement électorale, elle est ancrée dans une pratique militante qui a vu de longue date les militants du Front de Gauche et les écologistes agir ensemble. Écologistes et Parti de gauche ont ainsi soutenu en commun les actions citoyennes des locataires, des chômeurs, des enseignants et parents d’élèves depuis la lutte contre la vidéosurveillance jusqu’à la lutte des locataires HLM et copropriétaires pour reprendre la maîtrise du chauffage urbain facturé à un prix exorbitant par GDF-Suez. Ils se retrouvent aussi avec d’autres dans les actions pour le soutien aux sans-papiers ou le cadre de vie.

       Un bon bilan

 

La Une du 4 pages distribuée en juillet La Une du 4 pages distribuée en juillet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les deux formations, EELV et PG, font partie d’un même groupe au conseil municipal et ont en commun un bon bilan (voir ci-dessous en pièce jointe téléchargeable) de défense des intérêts des Clichoises et Clichois. Ce sera un élément important de crédibilité de la liste municipale alternative : la connaissance des dossiers. La ville souffre en effet de tous les maux de la proche banlieue de Paris, emploi, logement, et des conséquences de la politique d’austérité du gouvernement. Sans compter qu’en matière de transport elle est desservie par la fameuse ligne 13 du métro, ce qui n’arrange rien. Leur bilan d’élus, soutien des combats citoyens, est sans contexte un atout.

 Bien sûr, dans ce département des Hauts-de-Seine, la droite, même divisée, reste en embuscade. Quand on sait que le député de la circonscription n’est autre que l’ultra-sarkozyste Balkany, on mesure le danger qu’elle représente. L’actuel maire PS, qui dirige la ville depuis près de trente ans, a largement contribué à remettre en selle une droite pourtant divisée, malgré le recul du FN local. En nouant des alliances à droite, avec le Modem et des divers droite, UMP camouflés, afin de faire passer ses politiques urbaines favorables aux promoteurs immobiliers, le maire a pris le risque de donner les clés de la ville au représentant de Balkany à Clichy, Rémi Muzeau. Celui-ci peut se féliciter aujourd’hui d’avoir soutenu le maire comme la corde soutient le pendu, en pratiquant une opposition de façade.

    Laboratoire ?

Dans le camp du maire, la confusion est aujourd’hui la plus totale. Avec la création récente d’un groupe socialiste dissident, le Parti socialiste renouvelé, le conseil municipal ne compte pas moins de onze groupes politiques ! Les derniers alliés pouvant se prévaloir d’une vague étiquette de gauche, le PRG, viennent de se faire débarquer après des propos aux allusions homophobes à l’encontre du Maire, propos repris par un journaliste du Point. Ce même groupe radical de gauche, hébergeait en son sein jusqu’à il y quelques semaines, un membre de l’UMP, se réclamant aujourd’hui de l’UMP et de l’UDI, et qui vient de déclarer sa flamme au candidat divers droite Didier Schuller, dont le triste parcours en cavale judiciaire en République dominicaine a défrayé la chronique ces dernières années.

Clichy est donc une fois de plus l’enjeu d’une bataille politique qui appelle non seulement un changement et une alternative à gauche, mais aussi un renouveau de l’action politique et du rassemblement citoyen. Des personnalités telles que Marie-Claude Fournier (EELV) et Aïssa Terchi (PG) peuvent aujourd’hui entrainer ce renouvellement nécessaire en s’appuyant sur le bilan passé de leur groupe commun au conseil municipal et leur volonté de construire un programme municipal avec les citoyennes et les citoyens. La ville pourrait ainsi, après avoir servi de cobaye à une dérive droitière social-démocrate devenir à son tour un laboratoire d’un nouveau rassemblement à vocation majoritaire à gauche.

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