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Billet de blog 1 mai 2021

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Nous ne voterons pas pour vous si....

Nous ne voterons pas pour vous si....Je viens de signer cette pétition. Elle marque le ras-le-bol de tout un électorat de la gauche sociale et écologiste C'est à se demander si une partie de leurs "leaders" sait encore compter. Le verdict est incontestable: tout candidat de gauche qui sera un candidat de parti et non un candidat porteur d'objectifs communs à la gauche est assuré de son échec

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Je viens de signer cette pétition : Nous ne voterons pas pour vous si...
https://www.change.org/p/partis-de-gauche-et-%C3%A9cologistes-nous-ne-voterons-pas-pour-vous-si .

Elle marque le ras-le-bol de tout un électorat de la gauche sociale et écologiste et de nombreux militants des organisations qui s'en réclament. C'est à se demander si une partie de leurs "leaders" sait encore compter. Le verdict de l’addition est incontestable: tout candidat de gauche qui sera un candidat de parti et non un candidat porteur d'objectifs communs à la gauche est assuré de son échec. Les pleurnicheries d'après le premier tour des élections présidentielles sur le manque de quelques dizaines de milliers ou de quelques millions de voix n'y changeront rien. Aucun des candidats écologistes, socialistes, insoumis ou autres ne sera présent au second tour s'ils sont tous candidats.

Cette division laisse un boulevard à la droite de Macron dans le "meilleur des cas", à l'extrême droite de Le Pen dans le pire... La tribune des militaires menaçant d'utiliser leur pouvoir pour installer une dictature à reçu le soutien implicite de Marine Le Pen.

Il est déjà bien tard pour ouvrir la possibilité de susciter un espoir en se mettant d'accord sur une dizaine d'objectifs essentiels. Il ne suffira pas d'un texte programmatique entre des dirigeants au sommet trois mois avant les élections pour l'emporter. L'accord doit s'appuyer sur une mobilisation des citoyens dans chaque ville, chaque quartier, pour briser l'esprit sectaire que ces "leaders" irresponsables distillent depuis des années et mettre à la première place les préoccupations sociales et écologiques. Sans cette dynamique unitaire, un accord de dernière minute entre appareils aurait peu de chance d'apparaitre comme crédible. Surtout, sans cette capacité d’œuvrer ensemble, il sera impossible d'instituer des mesures d'importance. Sans le Front populaire, pas de congés payés, sans le Conseil de la Résistance et l'écroulement des grands groupes industriels déconsidérés comme collabos, pas de mise en place par le ministre communiste Ambroise Croizat de la sécurité sociale.

Les quelques timides tentatives qui visent à rassembler plutôt que diviser sont rejetées au nom d'une radicalité. Pas assez ceci, trop cela. Tout est bon pour avancer que l'unité ne peut se faire que par ralliement derrière tel leader, prétendant être le seul à même de gagner. C'est demander aux autres formations de se saborder, de disparaitre et de considérer qu'on a seul la solution. Cette vision de détenir seul la Vérité est religieuse et est une impasse. La division des socialistes et des communistes dans l'Allemagne de 1930 aboutit à la victoire électorale du national-socialisme avec les conséquences que nous connaissons. L'unité qu'ils avaient refusée ils durent la faire dans les mêmes camps de concentration.

Ceux qui organisent cette désunion ne sont plus audibles lorsqu'ils prétendent s'inquiéter du sort des millions de personnes qui subissent les conséquences de la pandémie du Covid. A quoi bon manifester contre les mesures liberticides, le réchauffement climatique, le chômage et la destructions de l'assurance chômage, le blocage des salaires, l'état des hôpitaux publics, ou pour le rétablissement de l'ISF quand, au moment de se battre pour une alternative politique, on choisit délibérément une stratégie de défaite. C'est un aveu d'impuissance, une démonstration que l'objectif n'est pas d'offrir d'autres solutions mais seulement de rester spectateur d'une politique que l'on a désertée; privilégier sa petite boutique, mais que rien ne change. A quoi sert un bon programme si c'est pour qu'il reste dans les cartons ? Si c'est un leurre qu' il faudrait admirer en sachant qu'il ne subira jamais l'épreuve de sa mise en application ?

Dans la période actuelle un échec  de la gauche  annulerait pour des années toute perspective même de rupture avec le capitalisme productiviste, c'est-à-dire à la gauche d'exister comme alternative crédible.

P.S.

Il existe des associations nationales, "2022 ou jamais" et "Se fédérer" qui oeuvrent dans le sens de la pétition.

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