Saïd Djabelkir condamné pour "Offense aux préceptes de l'islam"

Je vous invite à signer et à faire circuler cette pétition internationale pour l'acquittement de Saïd Djabelkhir et des autres prisonniers d'opinion harcelés par l'inquisition islamiste en Algérie.

Je vous invite à signer et à faire circuler cette pétition internationale pour l'acquittement de Saïd Djabelkhir et des autres prisonniers d'opinion harcelés par l'inquisition islamiste en Algérie.djabelkir

Ci-dessous un extrait du journal "Le Monde" du 30 Avril qui donne le contexte dans lequel cette condamnation a été rendue.

https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/04/30/la-condamnation-de-l-islamologue-said-djabelkhir-marque-la-derive-rigoriste-de-la-justice-algerienne_6078637_3212.html

Pour l’islamologue et ses soutiens, c’est le procès de la liberté de conscience et d’expression. La condamnation de Saïd Djabelkhir en première instance à trois ans de prison par un tribunal d’Alger, le 22 avril, pour « offense aux préceptes de l’islam » symbolise les dérives de la justice algérienne, qui prend le parti de la vision la plus rigoriste de la religion musulmane.

« Le tribunal n’est pas le lieu où l’on débat des religions. Il y a des lieux pour cela : les universités, les médias, les espaces culturels. Je ne connais pas les raisons qui ont conduit le tribunal à me condamner, mais je constate que le but des plaignants est de museler l’expression libre, d’intimider et de faire un exemple, estime Saïd Djabelkhir, aujourd’hui ciblé par une campagne de menaces de mort. On me dit : “On vous attend en prison pour vous régler votre compte” et que je ne suis plus en sécurité dehors. On me menace même à visage découvert. » Le fond de l’air est vicié, ajoute-t-il : « Nous assistons à un retour en force du salafisme en Algérie, dont le discours se répand dans les médias, dans la rue, sur les réseaux sociaux… »

Roger Evano

https://www.change.org/p/haut-commissariat-des-nations-unies-aux-droits-de-l-homme-stop144-solidarite-avec-said-djabelkhir?recruiter=27501496&recruited_by_id=63ac0f00-d435-012f-6ad9-4040acce234c&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink&utm_campaign=petition_dashboard

Pétition



PROCES DE L'INQUISITION : LE NÉPOTISME ISLAMISTE

Le 22avril 2021, l’islamologue Saïd DJABELKHIR, est condamné par la justice algérienne à 3 ans de prison ferme, à la suite de la plainte déposée par Abderrazak BOUIDJRA, informaticien, soutenu par des éléments de la mouvance islamiste, en invoquant l’article 144 bis – atteinte aux préceptes de l’islam-en se disant affecté par les déclarations et les publications de Said DJABELKHIR.

Spécialiste de la jurisprudence de la charia, Said DJABELKHIR s’exprime souvent au sujet de la liberté de pensée, de conscience, des libertés individuelles et collectives en tant que droits fondamentaux inaliénables et préalables requis pour l’instauration d’une République démocratique.

L’acharnement judiciaire, les poursuites et le harcèlement contre Saïd DJABELKHIR, à l’instar des militant.e.s de la société civile, des journalistes, des bloggeurs sont utilisés par les Islamistes pour réduire au silence et empêcher tout débat philosophique, scientifique et imposer leur vision rétrograde à la société algérienne.

La liberté académique est le socle fondamental pour qu’une nation accède au développement, à plus forte raison, lorsque le travail scientifique est un enjeu stratégique pour les Etats, comme c’est le cas à notre époque.

Soumettre la liberté académique à l’inquisition est un danger pour toute nation et l’humanité entière. Chaque champ de savoir doit être libéré de toute manipulation politique et religieuse, et doit être soustraite à la contingence de la mascarade populiste islamiste. Alors qu’au 12ème siècle, Averroès dans son « Fasl el Makal»[1] affirmait la légitimité de la philosophie et de débat en matière d’exégèse, neuf siècles plus tard, la connivence entre « les bigots-conservateurs » (ou islamo-conservateurs) et le pouvoir signent et légalisent cette inquisition par le fait même de l’enregistrement de la plainte contre  Saïd DJABELKHIR.

Le caractère civil de l’Etat doit être effectif. Par cette condamnation, la justice algérienne et ses magistrats démontrent, à nouveau, que la liberté de conscience n’existe pas, dans les faits, en Algérie.

Après la condamnation de Yacine MEBARKI(2) à un an de prison, en novembre 2020, par le Tribunal correctionnel de Khenchela pour promotion de « l’athéisme » après avoir revendiqué la laïcité dans un article publié sur Facebook, nous assistons à la pénalisation des consciences, de l’activité intellectuelle et scientifique. Ceci constitue une menace majeure sur les libertés. Ce jugement est en violation des conventions internationales relatives aux droits humains ratifiées par l’Algérie qui garantissent la liberté de conscience. L’autre constat est celui de l’état de décomposition d’une justice soumise, répressive, désormais devenue instrument idéologique de l’obscurantisme et de l’intolérance.

Cet article de loi est conçu comme une épée de Damoclès suspendue au-dessus des têtes des Algériens, parait être un instrument politique contingent entre les mains des stratégies politiques du moment. L'Etat de droit se construit sur des principes et non des ambiguïtés. Les articles de loi 144 et 144 bis attentatoires à la liberté d’expression doivent être purement et simplement abrogée.

Aujourd’hui, les partisans de la démocratie, de la liberté de conscience, en Algérie, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient, en Europe, aux Amériques, l’Afrique en générale et en Asie doivent se manifester, sans aucune concession, face à l’idéologie Islamiste et à son népotisme. C’est la conception de nos sociétés qui est en jeu

Nous signataires,

Dénonçons cette condamnation et exigeons l’acquittement de Said DJABELKHIR, la libération immédiate et sans condition de tous les détenus d’opinion et l'arrêt des poursuites judiciaires invoquant l'article 144 bis et autre dispositions relevant du délit d’opinion.

Exigeons de l'Etat Algérien à se conformer à ses engagements internationaux en matière de respect des libertés fondamentales, de liberté d’expression, d'opinion et de conscience.

Nous appelons les instances internationales à condamner l'Etat algérien pour violation des traités internationaux garantissant le respect des droits humains,

Nous appelons la communauté internationale à apporter son soutien et à demander l’acquittement de Saïd DJABELKHIR lors du procès en appel et la libération des autres détenus d’opinion 

[1] Le Discours décisif (ou Livre du discours décisif où l’on établit la connexion existant entre la révélation et la philosophie) par Averroés (Ibn Rochd) en 1179.

(2) D’autres personnes sont détenues ou font l’objet de procédures en cours pour les mêmes motifs, sans être exhaustif on peut citer Djamal Azaim, Amira Bouraoui…

Portée par l’initiative : STOP 144

Premiers signataires :

Marieme HELIE LUCAS, sociologue, militante des droits des femmes
Nasr Edine GUENIFI, cinéaste
Nadia CHAABANE, ancienne députée constituante (Tunisie)
Mustapha MANGOUCHI, réalisateur et scénariste
Djemila BENHABIB, politologue, écrivain
Sabine PROKHORIS, philosophe et psychanalyste
Fatma Zohra ZAMOUM, auteur, realisatrice et productrice
Laliaa DUCOS militante feministe
Jean Paul DUCOS, professeur de mathématiques
Dominique LURCEL, metteur en scène
Jeanne FAVRET SAADA, Directrice d'etudes honoraire, EPHC
Michel WILSON, co-president Association Coup de Soleil Auvergne Rhône Alpes
Françoise KAYSER
Belkacem TATEM Président ACB
Cherif BENBOURICHE Membre fondateur de l'ACB
Soad BABA-AISSA, militante feministe
Karim OUACHEK Président de LDR.

Organisations signataires :

LDR – Association "Les Démocrates Républicains"
ACB – Association Culturelle Berbère.

Contact :
Karim OUACHEK :k.ouachek@yahoo.com
Soad BABA AISSA : sobab5661@gmail.com



Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.