Toujours Charlie

Nous sommes le 8 Janvier 2020 19h et hier, le 7, je n'avais pas accès à internet. Alors toute la journée une idée me trottait dans la tête : comment Médiapart allait-il marquer le cinquième anniversaire du massacre de la rédaction de l'hebdomadaire satirique, des policiers et des juifs de l'hyper Casher ?

 

 Allait-il, comme les années précédentes, ignorer cet événement majeur de l'histoire de la presse, dont on ne trouve l'équivalent dans aucun pays démocratique et dont les seuls assassinats qui pourraient s'en rapprocher, à ma connaissance, seraient ceux des journalistes à Alger pendant la décennie noire et par des tueurs de la même mouvance ? Donc j'étais inquiet. Ce soir je constate que Médiapart n'y a pas consacré un mot .

Comment est-il possible, pour des journalistes, soucieux de garder la liberté de penser, d'écrire de dessiner, d'oublier ses confrères morts ? Qui plus est, comment ignorer la situation des survivants et de ceux qui ont repris la flamme ? Comment les journalistes de Médiapart peuvent-ils ne pas savoir que pour s'exprimer ceux de Charlie Hebdo, aujourd'hui, doivent se terrer, protégés par des professionnels, que le moindre déplacement, le plus petit meeting, la signature d'un livre nécessitent des dispositifs policiers. Que des municipalités ou des universités,«  par peur des désordres » annulent toutes manifestations et même la représentation des derniers écrits de Charb « Lettre aux escrocs de l'islamophobie qui font le jeu des racistes ». Des associations qui se disent, antiracistes, défendre les droits de l'homme, démocratiques et de « gauche » participent à ces entreprises de censure, comme s'il fallait continuer le travail des tueurs. Là on atteint à l'obscénité.

Les lâches vivent souvent plus vieux que les hommes libres

Je serais journaliste à Médiapart je ne serais pas fier.

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