Le combat des mères de soldats russes contre le silence des autorités

Pour Vladimir Poutine le conflit en Ukraine est « une affaire interne ». Pourtant, les Comités des mères de soldats russes ne cessent de compter les morts et les disparus. Elles exigent la vérité. Le 4 octobre, à Paris, Ella Poliakova, présidente du Comité des mères de soldats de Saint-Pétersbourg, témoignera dans le cadre du forum-concert « Pour votre liberté et pour la nôtre » soutenu par Mediapart.

Ella Poliakova - Mères de soldats de Saint-Pétersbourg. © Ella Poliakova Ella Poliakova - Mères de soldats de Saint-Pétersbourg. © Ella Poliakova

Pour Vladimir Poutine le conflit en Ukraine est « une affaire interne ». Pourtant, les Comités des mères de soldats russes ne cessent de compter les morts et les disparus. Elles exigent la vérité. Le 4 octobre, à Paris, Ella Poliakova, présidente du Comité des mères de soldats de Saint-Pétersbourg, témoignera dans le cadre du forum-concert « Pour votre liberté et pour la nôtre » soutenu par Mediapart.


Le jeudi 17 avril 2014, lors de sa « Ligne directe » avec les téléspectateurs russes, Vladimir Poutine a reconnu pour la première fois, et de façon assez étonnante, le rôle des soldats russes dans l’annexion de la Crimée. D’après lui les militaires russes ont aidé « de façon concrète, résolue et professionnelle » les forces « d’autodéfense de la Crimée » à la rattacher à la Russie. Depuis cette déclaration inattendue le discours a changé. Selon le Kremlin il n’y aurait « aucun soldat russe le territoire ukrainien. »

Face à cette version officielle, le Comité des mères de soldats en Russie soulève une réalité très différente. L’une des plus anciennes ONGs russes, créée en 1989 pour défendre les droits humains au sein de l’armée, tire la sonnette d’alarme pour dénoncer le manque d’information officielle sur les soldats morts et disparus lors des combats en Ukraine. D’après le Comité des mères de soldats, très actif pendant les guerres en Tchétchénie, environ 15 000 militaires russes auraient été envoyés en Ukraine. Ella Poliakova, présidente du Comité des mères de soldats de Saint-Pétersbourg, parle « d’invasion » pour qualifier ce qui se passe sur le territoire du pays voisin.

Les mères de soldats recherchent avant tout la vérité. Elles aident les familles à trouver des informations sur les fils et les maris partis combattre en Ukraine sans que la Russie soit officiellement impliquée dans ces combats. Parfois ils reviennent dans des cercueils libellés « Grouz-200 », « colis 200 » - nom de code donné au transport des corps de soldats dont les autorités n’osent pas avouer la disparition.

Les autorités russes n’ont pas tardé à réagir aux exigences de vérité des Comités de mères de soldats. En août 2014 l’ONG a été déclarée « agent de l’étranger » par la Justice russe et subit depuis de nombreuses pressions.

Le 4 octobre, à Paris, Ella Poliakova, présidente du Comité des mères de soldats de Saint-Pétersbourg, témoignera dans le cadre du forum-concert « Pour votre liberté et pour la nôtre » soutenu par Mediapart, plus d’informations ici : http://blogs.mediapart.fr/blog/russie-libertes/220914/4-octobre-solidarite-avec-les-societes-civiles-de-russie-et-d-ukraine-un-forum-concert-exceptio

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