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Billet de blog 2 octobre 2018

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Etat-nation et protection sociale

Fait suite à l'article "Par quoi commencer ?" où j'écrivais : L’idée de « cotisation » est assez partagée, malgré les attaques des libéraux qui assimilent les cotisations sociales à des « charges ». Mais faites un sondage autour de vous pour expliquer qu’une personne n’ayant jamais cotisé bénéficie néanmoins d’avantages égaux, le résultat sera sans appel.

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Addendum : Etat-nation et protection sociale :

De l’Etat-Nation, nous pouvons avoir de nombreuses critiques : Etat répressif au service des intérêt de la bourgeoisie, Etat jacobin (vu de Bretagne, Corse, Pays Basque), Etat colonial, puis néo-colonial vu des départements d’outre-mer, d’Afrique du Nord ou subsaharienne, Etat guerrier, impérialiste, marchand d’armes, Etat-forteresse vis-à-vis de personnes étrangères non « choisies ».

Si on s’arrête à ces aspects, il suffirait d’en revendiquer la destruction, ainsi que de ses frontières. Or, l’Etat-Nation fut/est aussi le cadre où des revendications gagnantes ont modifié/modifient la donne. Le mouvement ouvrier, en moins de deux cents ans, a conquis de nombreux droits, ainsi que le mouvement féministe et bien d’autres mouvements sociaux. On parlera alors d’état social.

La sécurité sociale et ses branches (maladie, retraites, familles ainsi que chômage) sont une grande conquête du mouvement ouvrier. Ses ressources ne tombent pas d’une pochette surprise, mais sont une part socialisée de la richesse produite, par la cotisation universelle et obligatoire. La sécu semble faire l’unanimité, mais elle est en fait l’objet de nombreuses attaques. Son caractère universel est remis en cause (exemple de l’assurance-chômage qui indemnise moins de la moitié des demandeurs/euses d’emploi ou encore des travailleurs/euses sans papier qui ne peuvent en bénéficier). L’étatisation rampante, telle que la conçoit Macron (le remplacement de cotisations par l’impôt qu’est la CSG), loin de garantir sa pérennité, est une manière d’en prendre le contrôle, avec à la clé, la possibilité d’en remettre des pans entiers aux mains de compagnies privées assurantielles.

La revendication « no border » (abolition de frontières) est compréhensible dans le cadre d’une solidarité internationale avec les migrants. Mais elle peut être aussi celle d’un capitalisme transnational, qui se joue des frontières, met les pays en concurrence et cherche à privatiser tout ce qui peut l’être. Quand on revendique des libertés, il faut toujours se démarquer du libéralisme !

Alors que faire de l’Etat-nation ? Le défendre tel qu’il est, au nom des protections qu’il accorde ? Le dissoudre dans des entités plus larges, au risque certain de voir disparaître/privatiser ces protections ?

L’enjeu est sensible et même au centre des débats européens les plus foireux. Toujours le clivage « progressistes/populistes » qu’on voudrait nous faire avaler. Les libéraux veulent la peau de la protection sociale publique et solidaire pour lui substituer un système assurantiel. Mais les actuels « populistes » sont souvent sur la même longueur ou alors conditionnent l’accès à la protection sociale à des critères de nationalité ou d’ancienneté.

Une autre voie est de reprendre le contrôle des institutions sociales comme la « sécu », d’y remettre une vie démocratique (des élections d’administrateurs ont eu lieu jusqu’en 1962), un contrôle des élus autour de principes d’accès universel que ces élus devront absolument respecter. Les ressources reviendraient sous forme de cotisations salariales et patronales, avec un équilibre obtenu en remettant en cause les multiples « exonérations de charges » dont bénéficient les entreprises (200 milliards d’euros quand même), même celles qui affichent des profits record, exonérations en principe compensées par l’Etat, c'est-à-dire les contribuables, y compris les moins riches qui payent l’impôt principalement sous forme de TVA (la TVA rapporte deux fois plus d’argent à l’Etat que l’impôt sur le revenu et quatre fois plus que l’impôt sur les sociétés).

On nous dira encore « utopie », mais elle était bien devenue réalité après la seconde guerre mondiale, en application du programme du Conseil national de la résistance. Il faut dire qu’à l’époque, le patronat français était plutôt discrédité, certains grands patrons s’étant bien compromis dans la collaboration avec les nazis.

A l’époque, on sortait d’un séisme qui était la seconde guerre mondiale. Quel séisme (il ne s’agit pas de souhaiter un truc ultra-violent) faudra-t-il désormais pour assurer un avenir (peut-être pas radieux, mais raisonnablement correct), notamment pour les jeunesses du Nord comme du Sud ?

Pour faire court, il y a des moments historiques où collectivement, on se dit que la solidarité, ça vaut le coup. Il y en aura encore.

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