Elon Musk ou la futilité criminelle

Elon Musk est depuis janvier 2021 l’homme le plus riche du monde, détrônant le patron d’Amazon. Je me moque de leur fortune, essentiellement liée à la capitalisation boursière. Elon Musk ne sert en aucun cas l’humanité : il la dessert. Et ce dessert est indigeste.

En plus, il se prend pour une référence de l’écologie : «Nous jouons vraiment un jeu fou avec l’atmosphère et les océans. Nous prenons d’énormes quantités de carbone des profondeurs souterraines et nous mettons dans l’atmosphère, c’est fou. Nous ne devrions pas faire cela. C’est pourquoi nous devons avoir une infrastructure de transport d’énergie et d’énergie durable à long terme.». cf https://www.techniques-ingenieur.fr/actualite/articles/elon-musk-crise-ecologique-tesla-58033/.

Folle est cette prétention à résoudre la crise écologique par un empilement de technologies, plus gaspilleuses les unes que les autres.

 

Voici un aperçu de ses projets :

Il est patron de Tesla, des voitures électriques dont la moins chère coûte plus de 50 000 euros. Qui pourra se l’offrir ? Comment sera fabriquée l’électricité qui la fait fonctionner ?

En 2016, Tesla avait racheté SolarCity. SolarCity est spécialisée dans le développement et l'installation de systèmes photovoltaïques aux Etats-Unis, pour s’en désengager en juin 2018, en fermant une douzaine de sites de production d’énergie solaire.

 

Il se lance dans un « Planète Tour » nommé SpaceX, un vol spatial habité dont il voudrait à terme faire bénéficier quelques privilégiés millionnaires. Les fusées en question seraient réutilisables. Selon Ouest-France (5 mars 2021), les essais ne sont pas concluants. Le 3 mars, une fusée Starship SN 10 a réussi à se poser au Texas « en un seul morceau » avant d’exploser quelques minutes plus tard, ce qui n’a « pas de quoi démoraliser les équipes ». C’était la troisième tentative. Autant de carbone rejeté dans l’atmosphère. Et autant d’argent gaspillé, qui aurait pu servir à de plus utiles projets, mais tant que les cours de bourse sont au vert, pas de problème.

 

Avec le projet Starlink, il ambitionne de proposer un Internet à haut débit au monde entier. Pour cela, il entreprend de couvrir la stratosphère de 42 000 satellites d’ici à 2025. Avec des relais sur terre, comme en Normandie, ce qui laisse pantois les habitants de Saint-Senier-de-Beuvron, où SpaceX vient d’acquérir 3 hectares, https://www.ouest-france.fr/leditiondusoir/2021-02-15/un-village-normand-declare-la-guerre-au-milliardaire-americain-elon-musk-2b2817f7-40de-404b-be22-4fe7290c872f

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Avec les projets Urban Loop (https://fr.wikipedia.org/wiki/Hyperloop) et Boring Company, il veut créer le métro de demain du côté de Los Angeles, qui permettrait le transport de personnes et de voitures, à plus de 250 km/h (voire 1000 km/h) entre métropoles de l’Ouest  (Los Angeles-San Francisco) ou de l’Est des Etats-Unis (Washington-NY), pour répondre à l’encombrement des routes. Boring Company se charge de construire les tunnels, avec des tunneliers 15 fois plus rapides que ceux existants. Déjà que la Californie est sujette à des séismes, ce genre d’engin risque d’amplifier ces phénomènes. Mais Musk semble l’ignorer.

Et puis, il y a son projet de colonisation de la planète Mars par des humains. Sa société SpaceX vise d’abord un vol aller-retour expérimental, sans humain à bord, dans deux ans, puis des humains vers 2030, un voyage d’environ 18 mois et comme point d’orgue, la colonisation de Mars vers 2050.

 « Il est essentiel pour la survie de l’humanité de fonder une société centrée sur le voyage spatial », affirme Musk.

Une folie qui va peut-être précipiter le déclin de l’humanité ou en tout cas, creusera un peu plus la fracture entre hyper-riches et le reste de la population. Cette fracture existe déjà, mais il ne suffit pas de le constater : il faut mettre hors d’état de nuire ces mégalomanes, par exemple les Musk ou Bezos, donc se passer d’eux. Déjà, ne faire preuve d’aucune complaisance par rapport à leurs projets et aux spéculateurs qui les soutiennent, donc nous employer à les faire échouer.

 

 

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