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Billet de blog 7 avril 2022

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Le Danemark, son « modèle social » et ses discriminations raciales

Le Danemark, souvent vanté pour son "modèle social", se révèle particulièrement abject dans son rapport avec les personnes immigrées : externalisation de prison au Kosovo pour les détenus étrangers, zéro demandeur d'asile. Exception à la règle, mais une discrimination de plus : une "loi spéciale" pour accueillir les réfugiés ukrainiens. Tant mieux pour eux, mais globalement, quelle indignité !

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Le Danemark a trouvé la solution pour diminuer la surpopulation carcérale dans le royaume scandinave : expulser des migrants condamnés. Il vient de conclure un accord avec le Kosovo afin d'y louer 300 places de prison pour y interner ces personnes, en attendant l'expulsion vers leur pays d'origine. La « prestation » qualifiée d'accord « gagnant-gagnant » par le gouvernement social-démocrate danois durera 10 ans, pour un montant annuel de 15 millions d'euros.

A Pristina (capitale du Kosovo), Mme Haxhiu, ministre kosovare de la justice, a confirmé : « Les lois en vigueur au Danemark s’appliqueront, la gestion sera danoise, mais les agents pénitentiaires seront de la République du Kosovo. Le bien-être et la sécurité [des détenus] seront sous leur entière responsabilité ».

Avec ce dispositif, le gouvernement danois veut « envoyer un signal clair que les étrangers condamnés à l’expulsion doivent quitter le Danemark ».

Cette histoire entre Danemark et Kosovo est emblématique de la politique danoise concernant les personnes étrangères. Nous sommes loin de la réputation de grande tolérance des Danois, de leur démocratie apaisée.

Depuis plus de vingt ans, en particulier sous l'égide de la social-démocratie, le Danemark met en place une des politiques migratoires les plus restrictives d'Europe : au Danemark, l'objectif est l'immigration zéro, avec le retrait du permis de séjour de Syriens parce que leurs régions d’origine seraient désormais sûres, durcissement d’une loi anti-ghettos visant à plafonner le nombre d’habitants « non occidentaux » dans les quartiers, objectif officiel d’atteindre le « zéro réfugié ».

Le Danemark est souvent présenté par nos médias comme un « modèle social ». Il risque de devenir un modèle pour sa politique d'immigration, vu l'ambiance anti-immigrés en Europe.

Il faut savoir que le Danemark a fait adopter fin mars 2022 par son parlement un « loi spéciale » visant « à faciliter l’accueil des Ukrainiens fuyant l’invasion russe dans leur pays ».

Cf https://www.lemonde.fr/international/article/2022/03/24/le-danemark-adopte-une-loi-speciale-pour-accueillir-les-ukrainiens_6118954_3210.html?msclkid=cde6dc60b65411ec90be28d4e032a44d

On apprend dans cet article du Monde que : « le ministre de l’immigration, Mattias Tesfaye, a justifié l’adoption du texte par « l’énorme pression » qui menaçait le système d’asile, « si tous les réfugiés ukrainiens devaient faire l’objet d’une évaluation individuelle pour savoir s’ils ont droit à une protection au Danemark ». M. Tesfaye table sur l’arrivée d’au moins 20 000 personnes dans les prochains mois, alors que son pays de 5,8 millions d’habitants a enregistré 2 095 demandes d’asiles en 2021 »...

« Grâce à la loi spéciale, les Ukrainiens obtiendront automatiquement la protection temporaire pour deux ans renouvelables. Ce statut leur donnera le droit de travailler, de scolariser leurs enfants et d’accéder aux soins et à l’aide sociale. Chargées de leur accueil, les communes devront également leur fournir des logements ».

S’il est nécessaire de recevoir ces réfugiés ukrainiens dans des conditions dignes, cette discrimination en dit long sur le racisme de l’exécutif danois, dénoncé à juste titre par des associations danoises.

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