Le pragmatisme selon Laurent Pietraszewski

La solution pour travailler plus longtemps quand on est soumis à de lourdes charges, selon Laurent Pietraszewski.

Quel homme pragmatique en effet ce monsieur Pietraszewski.

A tout problème, une solution !

La voix de son maître, Emmanuel Macron, qui "n'adore pas le mot pénibilité car ça donne le sentiment que le travail est pénible".

Contre les charges lourdes donc, la prévention, il n'y a que ça de vrai.

Loin de moi de vouloir dénigrer la prévention des risques au travail, mais venant de Pietraszewski, la "prévention" prend une tournure originale.

Que nous dit-il depuis quelques temps (à l'émission "Vous avez la parole" de France 2, jeudi 9 janvier ou à l'Assemblée Nationale, le mardi 7 janvier), sur ces questions de pénibilité ?

Extrait :

http://www.assemblee-nationale.fr/15/cri/2019-2020/20200116.asp

M. Laurent Pietraszewski, secrétaire d’État. Il faut expliquer, écouter ; parfois aussi, il faut bouger. Je ne suis au Gouvernement que depuis trois semaines et je peux vous assurer qu’il bouge : même si vous estimez que ce n’est pas assez ou dans le sens que vous souhaiteriez, en tout cas, je le vois bouger.

Vous m’interrogez sur les sujets dont le Gouvernement est prêt à discuter avec les partenaires sociaux.

Je vous rapporte ce que j’ai constaté ce matin, lors de la séance de travail sur la pénibilité et l’emploi des seniors : une volonté claire des partenaires sociaux de discuter des différents critères que nous avons précédemment évoqués. Je précise, car l’expression vient d’eux, qu’ils souhaitent le faire de façon intelligente. Il ne s’agit pas de créer une usine à gaz inutilisable, qui ne serait favorable ni au salarié ni à l’entreprise.

Il existe donc une volonté de construire de façon pragmatique et d’élargir la réflexion à la santé au travail, afin d’envisager de futures mesures de prévention et de réorientation professionnelle. S’il faut en effet réparer, lorsque le salarié s’est trouvé en situation de pénibilité et qu’il est trop tard, il faut également prévenir, non seulement par la formation mais aussi en utilisant des outils techniques. Il existe déjà des solutions : dans le domaine de la logistique, grâce à l’investissement dans des exosquelettes, l’accompagnement d’un support externe peut protéger le travailleur."

En gros, afin de reculer l'âge de la retraite pour des salariés portant de lourdes charges, il préconise donc de les corseter dans des exosquelettes. L'homme augmenté pourra ainsi bosser jusqu'à 70 ans sans problème.

Jamais il n'envisagera d'autres solutions face à ce problème de pénibilité au travail : réduire le temps de travail hebdomadaire, réduire les cadences, partager le travail, travailler les positions au travail pour soulager le dos, avancer l'âge de la retraite.

Non, rien de tout ça. Rien qu'une réponse technique, l'exosquelette, dont on peut se demander si ça ne rendra pas pire la situation des salariés concernés, car l'appareillage est lui-même lourd à porter.

Les personnes intéressées verront l'intérêt ou pas du dispositif "exosquelette". Mais je pense que d'ores et déjà, elles apprécient très mal le "projeeeet" de partir plus tard à la retraite.

 

 

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